Étienne Daho, dandy d’une audacieuse pop psychédélique


Daho1Etienne Daho sort Blitz par Victor Hache. Le chanteur se réinvente magnifiquement dans Blitz, l’album de l’année. Un disque lumineux et poétique aux dansantes ambiances pop psyché, en attendant l’expo « Daho l’aime pop ! » à la Philharmonie et son retour sur scène cet été. Rencontre.

 

Que mettez-vous derrière Blitz, un mot qui renvoie à une période sombre de l’histoire anglaise ?

Étienne Daho On peut y voir plusieurs choses. C’est l’éclair, la foudre, la mise en lumière de soi-même. Le disque a été écrit à Londres. C’est un mot qui revient souvent chez les Anglais, qui sont marqués par cette période. Il y a un trauma collectif du Blitz, même pour les nouvelles générations. Trauma réveillé par les attentats récents, le Brexit. Les gens n’avaient pas ressenti cela depuis longtemps, l’Angleterre étant sur un mode exponentiel de succès, de réussite. Ils sont un peu ébranlés par tout cela. Il y a une énergie dans Blitz qui est forte. C’est une chanson de résistance via une espèce de chant militaire. Un hymne collectif dansant pour résister au danger, à la peur.

Une façon aussi de résister à la morosité ambiante ?

Étienne Daho Je trouve qu’on en sort. Il y a deux ou trois ans, on était au fond de quelque chose de sombre, de blocages collectifs. La nuit dans une ville est toujours très instructive. Là, il se passe plein de choses, les gens sortent. Le climat a changé. Il y a plus légèreté.

Qu’aimez-vous de Londres, une ville que vous connaissez bien ?

Étienne Daho J’y ai vécu à plusieurs reprises. La période la plus longue, ça a été cinq ans, dans les années 1990, au moment de l’album Éden. J’y suis resté deux ans pour les Chansons de l’innocence retrouvée et deux ans pour Blitz. Londres, c’est un fantasme adolescent qui se prolonge indéfiniment. C’est à deux heures de Paris. C’est la cinquième ville française ! (Rires.)

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La photo de la pochette de l’album est très belle, dans des ambiances un peu cuir, Marlon Brando…

Étienne Daho Le pouvoir du cuir ! (Rires.) C’est une image un peu 1970, un mélange de plein de trucs, Lou Reed avec son deuxième album, Transformer, l’Équipée sauvage avec Brando. Toutes mes pochettes sont une histoire, même si elles illustrent plus ou moins ce qu’on entend. Si on suit la logique de cette image, il y a un côté presque militaire qui pourrait faire écho à BIitz. Mais ça pourrait être aussi Portier de nuit.

Il y a des ambiances musicales très différentes dans les arrangements aux contours psychédéliques. Ce qui donne au final un Daho complètement réinventé. Une manière de sortir de vos marques ?

Étienne Daho À vrai dire, ce sont mes véritables marques. Le premier album que j’ai acheté c’est The Piper at the Gates of Dawn de Pink Floyd. C’est le disque le plus psychédélique qu’on puisse imaginer. L’écriture de Syd Barrett et le son du Floyd ont été déterminants, avec le Velvet Underground, quand j’étais adolescent. Ce sont des albums tellement puissants que l’idée était d’en sortir et de trouver sa propre musique. C’est pour cette raison que je me suis tenu à l’écart pendant très longtemps. Depuis quelques années, il y a toute cette nouvelle vague psychédélique à Los Angeles, San Francisco, avec des groupes comme The Holy Wave, Froth. J’en avais envie, comme une manière de me glisser dans quelque chose de très familier.

On remarque la présence de Calypso Valois dans certains chœurs, la fille d’Elli et Jacno, qui étaient là à vos débuts…

Étienne Daho De grands amis. Ils sont essentiels, les premières personnes à qui j’ai dit que je faisais de la musique. Ils ont accompagné mon premier album. Jacno a réalisé mon disque, Elli a fait la pochette. Elle a été la muse de l’album, même s’il y avait les musiciens de Marquis de Sade qui jouaient pour m’accompagner. Ils ont été là, vraiment. Et Calypso, je la connais depuis qu’elle est bébé. Il y a un lien familial. Mais, si elle est dans Blitz, ce n’est pas pour des raisons d’amitié. C’est parce qu’artistiquement je trouve qu’elle est bien, singulière.

Que pensez-vous de l’époque qui est très tournée vers la consommation et assez peu vers la créativité ?

Étienne Daho Vous trouvez ? On est dans un moment où ça revient. Les périodes de frustrations dont on sort permettent justement aux artistes de pouvoir émerger et de s’ouvrir. C’est peut-être encore dans l’underground, mais il y a tout un pan de la société où ça bouge. Au sommet de l’iceberg, c’est de la consommation. Il y a toujours eu une musique « pop-ulaire », et pas trop « pop » d’ailleurs, qui envahit les médias. Il faut plaire à la masse. En même temps, il y a un regain de créativité émergente et une énergie qui est très puissante.

On parle souvent de vous comme d’un dandy souverain de l’élégance française. Ça vous va comme définition ?

Étienne DAHO On a tendance à mélanger dandysme et élégance. Ce sont deux choses différentes. Le dandysme, c’est Beau Brummell, ça se termine par la mort. C’est très violent. Ce sont des choix radicaux d’aller vers des extrêmes. J’ai une petite tendance vers ça.

Que raconte la magnifique ballade les Flocons de l’été  ?

Étienne Daho C’est l’oxymore entre le chaud et le froid. Le clip se passe dans une boule à neige. Il y a un côté un peu floconneux. Cette chanson est à double lecture. Elle a un côté confortable et elle évoque quelque chose de très inconfortable. Un moment compliqué de mon parcours à la suite d’un problème de santé grave que j’ai eu il y a trois ans. Elle évoque ça, et en même temps c’est embêtant de lui coller cette énergie-là pour les gens qui l’écoutent parce qu’ils vont la ressentir d’une manière beaucoup plus sombre. Une chanson, c’est la liberté de pouvoir la prendre comme on la ressent.

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À la Philharmonie en décembre, il va y avoir une belle expo de photographies « Daho l’aime pop ! ». À quand remonte votre passion pour la photo ?

Étienne Daho Je suis passionné par l’image. Je photographie la ville, mais ce qui m’intéresse le plus, c’est le portrait. Le plus beau des paysages. J’ai pris quelques photos de la nouvelle scène pop française depuis 2014. C’était l’occasion de photographier des artistes, des musiciens. Il y a un lien, un regard, une espèce de cohérence. Mais je n’avais assez d’images pour en faire une exposition où il y a beaucoup de photographes, Avedon, Jean-Marie Périer, Richard Dumas, Pierre Réné-Worms, Antoine Giacomoni… Les gens de la Philharmonie qui m’ont proposé ce projet m’ont demandé de raconter mon parcours de la pop française, tous les artistes qui m’ont plu. C’est un choix subjectif d’artistes qui m’ont touché sur lesquels je veux mettre de la lumière, sur ceux qui ont croisé mon chemin. Je suis le narrateur et le guide de la pop française des années 1950 à aujourd’hui.

Album Blitz chez Virgin Mercury. Expo « Daho l’aime pop ! » à la Philharmonie du 5 décembre au 29 avril. Lire la biographie Une histoire d’Étienne Daho de Christophe Conte chez Flammarion et Avant la vague – Daho 78-81 de Pierre René-Worms, Sylvie Coma aux éditions RVB Books.
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Asaf Avidan consumé par un blues intérieur


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Album The Study on Falling d’Asaf Avidan par Victor Hache. Le songwriter à l’émouvante voix androgyne revient avec The Study on Falling. Un album aux envoûtantes ambiances folk-rock americana.

 

Asaf Avidan n’aime pas les faux sentiments. À chaque album, il donne tout comme si sa vie en dépendait. Enregistré à Los Angeles, avec la complicité de Mark Howard (réalisateur, entre autres enregistrements, de l’album de Bob Dylan, Time Out of Mind), son troisième opus solo, The Study on Falling, n’échappe pas à la règle, mettant en lumière l’idée de chute ressentie après un échec amoureux : « Gold Shadow, mon précédent album, avait été écrit à la suite d’une rupture sentimentale où j’étais dans une relation monogame. Après, j’ai rencontré une femme qui m’a initié à une autre forme de relation reposant sur le concept de “polyamour”. »

Un thème qui a nourri l’imaginaire du chanteur originaire de Tel-Aviv, dont il a fait une très belle chanson, Green and Blue, évoquant un triangle amoureux : « Au début, je ne pensais plus pouvoir écrire, confie-t-il. Je n’ai plus touché de guitare pendant un an tellement j’étais brisé. Je me disais : “J’ai 37 ans et je vis toujours la même chose !” La première chanson que j’ai écrite a été The study on Falling. Tout le reste de l’album est basé sur cet espoir d’une relation durable de ce polyamour. »

Un univers imprégné de mélancolie

On se souvient de ses débuts en France, en 2011, où, accompagné de son groupe The Mojos, Asaf Avidan avait fait sensation auprès du public du Printemps de Bourges, scotché par sa voix androgyne haut perchée. Un timbre particulier qui transperce et rend ses chansons si poignantes : « J’aime utiliser ma voix, mais je n’aime pas l’écouter. Cela me surprend toujours que les gens se laissent pénétrer par elle. J’aurais aimé avoir le timbre de Leonard Cohen, de Nina Simone ou de Johnny Cash, qui véhiculent tant d’émotions à travers leur voix. J’espère que, d’ici quelques années, je n’aurai plus recours à un certain maniérisme, de façon à être encore plus profond dans mon interprétation. Pour l’instant, j’ai tellement d’émotions en moi que j’ai presque besoin de les crier. »

La musique ? Elle le consume entièrement : « Tous les jours, j’absorbe des émotions que j’essaie de traduire en chansons, ça me permet de trouver mon équilibre. Je crois que toutes les générations ont besoin d’artistes comme Dylan, Cohen ou Tom Waits. Je ne me compare pas à eux, mais cela me donne envie de transmettre mon art en espérant qu’il ressorte de ma musique quelque chose de digne et de sincère. »

Un univers imprégné d’une mélancolie encore plus présente ici, comme si le chanteur était progressivement plus habité par un blues intérieur : « Je réalise que c’est de pire en pire et que je suis de plus en plus mélancolique, sourit-il. En fait, je crois que tous les gens qui sont dans la culture – philosophes, auteurs, artistes – se posent sans cesse des questions et s’interrogent sur le monde.

Je viens de l’image, du cinéma, de l’animation. Pendant dix ans, ça a été une grande partie de ma vie. Je ne fais pas de différence entre toutes ces formes artistiques. Dans ma musique, je fais en sorte que ce soit abstrait, mais pas trop non plus pour qu’on puisse s’identifier. Je m’aperçois que cela résonne de façon différente chez les gens. J’aime ce sentiment. »

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Un registre envoûtant teinté de spleen et de folk-rock americana qui lui donne encore plus d’épaisseur. À découvrir à l’Olympia, où il jouera les 16 et 17 novembre, non pas en solo comme on l’a vu à l’Opéra Garnier en mars, entre guitare et machines, mais en formule groupe : « J’aime alterner. Cela me permet de m’exprimer différemment, mais j’ai besoin aussi de me produire en solo. C’est comme si j’étais sur mon divan et que le public était mon psychologue ! (rires). Il y a un côté très confessionnel à se présenter comme ça face aux gens. »

Album The Study on Falling (Polydor/Universal). Tournée jusqu’au 9 avril et concerts à l’Olympia (Paris 9e), les 16 et 17 novembre.

Julien Clerc : «L’amour a été un des marqueurs de ma vie»


julienClercAlbum  À nos amours de julien Clerc  par Victor Hache. Le chanteur fête ses cinquante ans de carrière et part en tournée avec À nos amours. Un album au souffle romantique réalisé par Calogero, avec la complicité de nombreux auteurs, dont Maxime Le Forestier, Marc Lavoine, Brigitte Fontaine, Vianney. Rencontre.

 

Il y a dans vos compositions un côté lumineux, voire aérien. Comment parvenez-vous à vous échapper des pesanteurs du quotidien ?

Julien Clerc Il faut un imaginaire fort ! (rires). Je me réfugie souvent dans mes lectures, le passé, le romantisme. Je lis Balzac, Jack London, Maupassant. Là, je vais m’atteler à une biographie en anglais d’Atatürk. Je vais souvent en Turquie et la transformation qu’il en a faite m’interpelle. C’était un homme d’État incroyable, qui, en moins de vingt ans, a fait entrer son pays dans la modernité, qu’on est en train de détricoter aujourd’hui.

Vous avez toujours chanté magnifiquement le sentiment amoureux. Quel est le secret d’un bon interprète ?

Julien Clerc C’est vrai que l’amour a été un des marqueurs de ma vie. Cela a l’air idiot, mais il faut avoir envie de chanter le texte qu’on vous présente. Parfois, les auteurs ne comprennent pas pourquoi je leur refuse un texte. C’est parce que ça ne va pas avec mon cœur. Je regarde si je vais être inspiré, si cela parle de quelque chose qui n’a jamais été ou pas tellement traité. Comme les Petits Souliers, de Bruno Guglielmi, dont le thème est la femme qui n’a pas eu d’enfant. À partir de là, j’essaie de bien l’interpréter. Dans le tour de chant, il va y avoir une reprise de Gilbert Bécaud, C’est en septembre, une chanson qui parle de la Méditerranée. C’est l’idée que je garde de Bécaud, dont j’ai fait les premières parties tellement longtemps.

À propos de Calogero, qui a réalisé votre album, vous dites : « Ça s’est passé comme dans un rêve. » Qu’aimez-vous de sa vision de la musique ?

Julien Clerc On se ressemble. Nous sommes très musiciens et j’ai envie de dire des autodidactes éclairés. Tout passe par l’oreille. Il n’y a aucun intellect là-dedans. Il est profondément musicien. Toute ma vie a été la musique. Je sais repérer les musiciens dans l’âme et ceux qui ne le sont pas, ceux qui trichent. Je les entends tout de suite. Calogero aime la musique au plus profond de lui. C’était le meilleur traducteur possible du moment où j’en suis dans ma vie de musicien. Nous avons en commun ce goût de la mélodie et du lyrisme.

Parlez-nous de la chanson Aimé. Un hommage au poète Césaire et à vos racines antillaises ?

Julien Clerc  Ça, c’est la délicatesse de Marc Lavoine d’avoir fait référence de cette façon à mes racines. Un texte qui dit les bateaux en exil, les plages qui font écho à tous ces pauvres gens qui sont sur la mer, et il y a de très belles lignes sur la négritude : « Nu comme libre/Libre et debout. » Tout y est, dans cette chanson.

Vous fêtez vos cinquante ans de carrière. Toutes ces années, ça a été comme un rêve, non ?

Julien Clerc En tout cas, il y avait la dose suffisante d’inconscience pour que ça paraisse un rêve. On fait un drôle de métier d’artisan aux côtés de la grande industrie. Je me suis suffisamment protégé pour traverser tout ça, en ménageant l’espace pour être un créateur. Je ne le connais pas, mais je suppose que toute sa vie, Mick Jagger a été conscient du réel, tout en étant capable d’être un poète du rock’n’roll. Jean-Jacques Goldman a été conscient de la réalité économique et capable d’écrire des chansons populaires. Moi, l’économie ne me parle pas. Je m’en méfierais plutôt. Cela a été ma façon de pouvoir faire ce pourquoi je m’étais programmé, c’est-à-dire écrire des chansons et les chanter pour les gens.

Auriez-vous pu imaginer un tel parcours à vos débuts en 1968 ?

Julien Clerc Pour dire la vérité, je m’estimais dès le départ dans la longueur. Parce que les gens que j’admirais qui étaient dans la grande chanson française étaient ceux qui faisaient de longues carrières. Même chez les Anglo-Saxons, je ne me suis pas trompé puisqu’on peut encore en voir certains sur scène, qui me faisaient rêver étant jeune, comme McCartney, Dylan. Dès le début, j’ai pensé que j’étais là pour durer et que je ferais ce qu’il faut pour ça. Et j’ai trouvé les compagnons de route évidents pour ne pas le faire à n’importe quel prix.

Album À nos amours, chez Parlophone/ Warner Music. Tournée des cinquante ans partout en France, dont Paris les 9, 10, 11 mars à l’Olympia ; les 16, 17, 18 mars, salle Pleyel ; le 4 mai, au Théâtre des Champs-Élysées.

Barbara, notre plus belle histoire d’amour


Barbaraexpo

Exposition Barbara à la Philharmonie par Victor Hache. La Philharmonie rend hommage à la légendaire chanteuse au travers d’une magnifique exposition traçant un portrait très vivant de la longue dame brune dont on commémore les 20 ans de la disparition.

 

Bien plus qu’un hommage, l’exposition « Barbara » offre un portrait éminemment sensible de la chanteuse, vingt ans après sa disparition à l’âge de 67 ans. Un regard à l’opposé de l’image teintée de mystère que l’on garde trop souvent de la longue dame brune aux chansons emplies de mélancolie. Barbara n’aimait pas que l’on voie en elle une femme sombre et mystérieuse : « Le mystère, c’est ce que les autres ont voulu que je sois », confia-t-elle à Denise Glaser dans sa célèbre émission Discorama, qui contribua à faire mieux connaître la chanteuse. Pour sa première exposition sur une artiste femme, la Philharmonie a choisi de tracer un portrait très vivant de Barbara, démarche souhaitée par sa commissaire, Clémentine Deroudille, à l’origine de la rétrospective en 2011 « Brassens ou la liberté », avec la complicité de Bernard Serf, neveu de la chanteuse. Derrière le mythe, on découvre ainsi la femme, ses peurs, ses joies, ses rêves et le quotidien de l’artiste qui décida un jour que la scène et les décors de music-hall guideraient son existence : « La scène porte à son paroxysme toutes les émotions, disait-elle. Tout est multiplié, électrisé, tu es seule à assumer tes erreurs et celles des autres, tout est ultrarapide, intense, tu es hors de toi, sortie de toi. » Née le 9 juin 1930 à Paris (17e), la petite fille juive Monique Serf connaît une enfance brisée, marquée par la guerre, la menace des rafles, les déménagements successifs, la blessure de l’inceste évoquée en filigrane de son autobiographie posthume parue en 1998, Il était un piano noir. À 20 ans, Barbara rêve d’ailleurs et s’installe à Bruxelles, où elle fait des débuts maladroits sous le pseudonyme de Barbara Brody, inspiré du nom de sa grand-mère Brodsky. La jeune femme, qui s’est promis d’être une « pianiste chantante », trouva dans la musique une manière d’exister en partageant au travers de ses chansons ce qu’elle ressentait de la vie. Au fil du parcours, on entend le vibrato de sa voix et les paroles émouvantes de Dis, quand reviendras-tu ?, Göttingen, Nantes, l’Aigle noir… tout en plongeant dans les riches archives, photos, vidéos et documents sonores présentés.

L’une des premières femmes auteures-compositrices-interprètes

De retour à Paris, elle se produit dans les petites salles de la rive gauche, devenant « la chanteuse de minuit » en 1958, au cabaret l’Écluse, dont on a restitué le décor où résonnent la voix et les images de la jeune Barbara s’accompagnant au piano. Après des débuts difficiles à Bruxelles, où elle a pour toute rémunération un « sandwich et un verre de vin rouge », elle est bien décidée à inventer sa vie. Elle compose ses « petits zinzins », comme elle appelle ses chansons enregistrées sur des cassettes, griffonnant ses premiers textes. À force de volonté, de travail et de talent, elle parvient à s’imposer comme l’une des premières femmes auteures-compositrices-interprètes, devenant une artiste incontournable. Entre deux concerts, elle mène une existence simple, faite de jardinage, de promenades avec ses chiens, de tricot à Précy-sur-Marne, maison où elle aimait se réfugier. La voici à Bobino en 1964, où elle triomphe et révèle Göttingen, bouleversant le public envoûté par celle qui allait devenir une figure mythique de la chanson française. Elle n’aimait pas son physique, alors elle construit son image avec la complicité de photographes qui avaient su gagner sa confiance, l’immortalisant sur scène ou dans la vie de tours les jours, de Just Jaeckin à Marcel Imsand, Jean-Pierre Leloir, Tony Frank, Jo Cayet ou Georges Dudognon. Longue robe noire, yeux maquillés, sa silhouette devient sa signature en pleine ère yé-yé. Elle est maintenant une icône que tout le monde veut voir sur scène. Aux côtés de l’accordéoniste Roland Romanelli, son fidèle accompagnateur pendant vingt ans, elle remplit les plus grandes salles. Mais elle rêve de liberté et, en 1969, elle annonce qu’elle arrête les tours de chant traditionnels. Une période d’aventures et d’expériences où elle s’essaie au théâtre et au cinéma avec Jacques Brel (Franz), Jean-Claude Brialy (l’Oiseau rare) ou Maurice Béjart (Je suis né à Venise). Et puis, il y aura les légendaires concerts en 1981, donnés sous chapiteau à Porte de Pantin, où elle rassemble 60 000 spectateurs durant 25 représentations, la comédie musicale Lily passion, au Zénith, avec Gérard Depardieu. Elle chantera aussi au Théâtre du Châtelet, à New York, Tokyo… Partout, ce n’est que torrent d’émotion, le public ne quittant la salle qu’après de longs adieux, jusqu’à son dernier concert en 1994, à Tours, où, malgré la fatigue, elle trouve la force de descendre au milieu des spectateurs auxquels elle lance : « Merci à vous, merci de vous ! Je vous aime. Je voudrais vous dire, entendez-le comme cela : vous êtes essentiels à ma vie de femme qui chante ! »

Jusqu’au 28 janvier à la Philharmonie de Paris. https://philharmoniedeparis.fr/fr/exposition-barbara

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