Césars 2013: Izia Higelin, meilleur espoir féminin


IziaHigelinCésars2013Izia Higelin, 22 ans, est décidément née sous une bonne étoile. La jeune rockeuse et désormais actrice a remporté le César du meilleur espoir féminin pour son rôle – le premier de sa carrière au cinéma – dans le film « Mauvaise fille » de Patrick Mille.

Côté musique, Izia avait reçu deux Victoires en 2010, celle de l’album pop-rock et de la révélation à la suite de de son premier disque paru en 2009

Izia2Césars « J’ai l’impression que c’est irréel » a déclaré tout sourire Izia Higelin en recevant son César. Ce prix, c’est de l’audace. Je ferai plein de choses en  même temps, de la musique, du cinéma. Cela me comble ».

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Nicola Sirkis : « La société est très violente avec la différence »


Le chanteur d’Indochine sort le sublime Black City Parade. Un album à l’univers urbain, à la pop-rock élégante et puissante.

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Votre dernière tournée, le Météor Tour, qui vous a conduit jusqu’au Stade de France, a rassemblé plus de 800 000 personnes. Comment fait-on pour redescendre sur terre après un tel succès ?

Nicola Sirkis. Il faut accepter de perdre tous ses privilèges. Du jour au lendemain, il faut s’arrêter. C’est la seule façon de pouvoir se renouveler et y croire encore. Avec le Stade de France (2010 ), on était arrivés à une apothéose. C’était un moment magique de plus. Il y a une légende dans le rock qui dit que les meilleurs albums, c’est les trois premiers et qu’après ce n’est que de la redite. Nous, on a cette chance que chaque album est attendu vraiment comme le messie par beaucoup de gens. Ils ont encore envie d’écouter les anciennes chansons mais aussi les nouvelles.

Black City Parade a été enregistré et mixé entre Paris, Berlin, Bruxelles et New York. L’inspiration urbaine, c’est un bon moteur à la création ?

Nicola Sirkis. On est plutôt à se retirer à la campagne pour être tranquilles vu que l’on vit pratiquement tous en ville. Les deux derniers albums ont été composés comme cela dans des endroits solitaires. Là, j’avais un besoin d’urbanité, de changer d’air, d’être confronté à des univers différents, Bruxelles, Berlin, New York. On a voulu baptiser cet album Black City Parade parce que, dans une ville éclairée la nuit, il y a un esthétisme extrêmement fascinant. Me promener dans Tokyo avec ses buildings, ses lumières qui clignotent de tous les côtés, j’avais l’impression de me retrouver dans des albums de science-fiction. Voir une ville d’avion la nuit, c’est un peu comme survoler un corps humain lumineux avec ses vaisseaux sanguins qui se fluidifient de tous les côtés. Une ville, c’est toute une atmosphère. D’un trottoir à l’autre, il y a du bonheur et du malheur, de l’extrême richesse et de l’extrême pauvreté, ces confrontations, cette violence et cet amour. Il y a du sexe, la mort, la vie, tout ça dans un lieu pas si grand que cela finalement. C’est une parade de sentiments.

La chanson College Boy est très d’actualité puisqu’elle évoque l’homophobie …

Nicola Sirkis. C’est l’homophobie et le côté d’être tout d’un coup dans une école, collège anglais, québécois, français. Quand je suis arrivé en France venant de Bruxelles à treize ans, où j’étais en pension chez les jésuites, je n’étais pas dans le mood. J’ai été directement à Douai. On n’était pas du quartier et on nous l’a bien fait sentir. C’est difficile quand on est jeune. Comme ça doit être très difficile pour un jeune de banlieue ou du 16e d’être dans un lycée et dire qu’il est homosexuel. C’est l’implacabilité de la société à être très violente avec la différence. Mais on est légitime parce qu’on a écrit une chanson il y a trente ans, Troisième Sexe, qui parlait déjà de l’intolérance vestimentaire, de la différence et de la bisexualité. On est atterrés qu’elle soit toujours d’actualité.

Que vous inspire le débat auquel on a assisté sur le mariage pour tous ?

Nicola Sirkis. Je suis attristé de voir que, pour la première fois, les gens ont manifesté en masse, non parce qu’on leur enlève un droit, mais pour ne pas donner un droit à d’autres gens. C’est terrifiant. Si on reporte ça à l’histoire du monde, des gens ont manifesté aux États-Unis pour ne pas donner le droit de vote aux Noirs ou le droit de voyager dans des bus aux Noirs. L’enfant n’est pas en danger dans un couple homosexuel. Le repère du père ou de la mère, on est en 2013, il faut vivre avec son temps. J’ai l’impression qu’une partie des gens qui ont manifesté le 13 janvier vont changer d’avis et même, peut-être, dans quelques années, avoir honte d’y avoir participé.

Votre esthétique a toujours été empreinte de noirceur. Et là vous signez un titre baptisé Le fond de l’air est rouge. Paradoxe ?

Nicola Sirkis. C’est basé sur le printemps du Québec. Le titre est un hommage à Chris Marker et son film Le fond de l’air est rouge, une tétralogie sur l’histoire de la gauche du début du siècle à aujourd’hui. Un film qui m’a énormément touché quand j’étais adolescent. Les mouvements du Québec, je trouvais qu’on n’en parlait pas beaucoup en France. Il se passait là-bas quelque chose de fort, une sorte de Mai 68 pour eux. C’était la première fois en Amérique du Nord qu’on assistait à des mouvements comme ça. Ils se révoltaient parce que le droit scolaire avait augmenté, mais la réaction des politiques en face a été extrêmement violente. La chanson est partie de là.

Comment expliquez-vous qu’Indochine continue d’avoir du succès trente ans après ses débuts ?

Nicola Sirkis. Ce qui sauve ce groupe aujourd’hui, c’est son exigence, alors qu’au début c’était son inconscience. Il n’y a pas de demi-mesure avec Indochine : on aime ou on déteste. Ce groupe ne laisse vraiment pas indifférent et, à chaque fois, il y a des nouveaux publics qui arrivent. C’est galvanisant !

Album Black City Parade Sony Music/Arista. Tournée à partir du 21 février.

La parade d’Indochine  Indochine a un vrai sens des mélodies fédératrices. Black City Parade n’échappe pas à la règle avec cette fois un univers voyageur, l’album ayant été réalisé entre Paris, Berlin, Bruxelles, Tokyo ou New York. Une inspiration urbaine qui a galvanisé le groupe dont on retrouve l’esthétique sombre et dansante. Noire ou lumineuse, la parade d’Indochine évoque la comédie humaine des villes de jour ou de nuit. Joie, colère, amour, souffrance, sexe, racisme, homophobie… les thèmes des chansons font écho à une pop-rock puissante et élégante, entre guitares, synthés et la voix qui ne vieillit pas de Nicola Sirkis. Un album magnifiquement produit qui devrait conduire le groupe sur la route du succès, avec une tournée qui passera par le Stade de France en juin 2014.

Entretien réalisé par Victor Hacheimages

Album. Granville met les Voiles sur la Californie


Le jeune groupe normand sort son premier album. Une pop-surf inspirée des sixties, 
à découvrir le 26 février, à la Maroquinerie.

Granville

Comment mettre les voiles, apporter un peu de soleil dans ces terres normandes trop souvent pluvieuses ? Et surtout, comment voyager dans sa tête en rêvant à la Californie, au surf et au rock des sixties ? Melissa (chanteuse), Sofian (guitariste) , Arthur (batteur) et Nathan (bassiste) tous quatre originaires de Normandie, n’avaient de cesse de penser à cela en créant le groupe Granville. C’était en janvier 2011, il gelait à pierre à fendre et, déjà, ils partageaient l’idée « d’amener un peu de soleil en Normandie » grâce à une pop à la fois vintage et naïve : « On était en pleine période de froid, se souvient Sofian, et comme on écoute beaucoup de musiques ensoleillée californienne de la scène actuelle, mais aussi des groupes comme les Beach Boys, on a avait envie d’amener l’esthétique de cet univers chez nous. »

Granville ne ressemble en rien aux côtes de la Californie, mais il y a tout de même la mer et la plage de la station balnéaire de la Manche, qui est vite devenue un point de ralliement et une source d’inspiration pour les membres du groupe pop. Au point qu’ils n’ont pas hésité à baptiser leur band du nom de la ville : « Au moment de la création du groupe, confient Melissa et Sofian, on s’est demandé de quoi on avait envie de parler. C’était la nostalgie, le voyage, la plage, le soleil. Et on s’est rendu compte qu’il y avait un truc commun entre nous, c’était Granville et ses alentours, qui, pour nous, symbolisent une sorte d’idéal normand. »

L’histoire du groupe basé à Caen est d’abord affaire de hasard. Sofian et Arthur, amis et colocataires, devisaient joyeusement sur leur envie commune de faire de la musique. Sofian travaille dans un fast-food et Arthur, étudiant, pense un temps devenir manager de groupes locaux. Il y aura alors la rencontre avec Melissa, dans une soirée caennaise.

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Celle qui allait devenir la chanteuse de Granville a quitté l’école à l’adolescence pour se consacrer à la musique et monter un duo folk anglophone : « Tout est parti d’une vidéo que le binôme du duo folk de Melissa avait postée sur Internet, dit Sofian. Je suis tombé amoureux de sa voix. J’ai appelé mon colocataire, Arthur, pour lui dire qu’elle chantait super bien et qu’il fallait qu’on fasse de la musique avec elle. On l’a rencontrée et le feeling est passé entre nous tous. Il y un truc humain qui s’est créé, né d’un coup de foudre musical. » Melissa, dix-huit ans, possède un joli timbre de voix mais ne se voit pas pour autant comme « la » chanteuse de Granville : « On est tous leaders », souligne-t-elle, plutôt heureuse de cet entourage masculin. « Les garçons sont très protecteurs avec moi. C’est une belle rencontre. » Le groupe, qui vient de sortir un premier album, les Voiles, revendique des influences allant de la pop des sixties aux groupes indé américains d’aujourd’hui, tels Beach House, Best Coast ou Tennis, en passant par Gainsbourg, Françoise Hardy ou France Gall. Leurs chansons Polaroid nous parlent aussi bien de Jersey, d’Hawaï, que de Nancy Sinatra. Soit une pop-surf en français à tendance « garage », à découvrir maintenant sur scène à la Maroquinerie à Paris, notamment, 
où ils seront le 26 février.

Album les Voiles, East/West. Tournée jusqu’au 7 juin, dont  le 26 février, 
à la Maroquinerie, Paris 20e.

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Victoires de la musique : Et si on limitait à deux le nombre de trophées par artiste ou groupe ?


C2C

Le  Grand gagnant des 28èmes Victoires de la musique aura donc été C2C. Le groupe de DJs originaires de Nantes a raflé la mise en remportant pas moins de quatre Victoires. Un score historique qui a surpris par son ampleur et pose déjà des questions quant au fonctionnement des Victoires. Ne faudrait-il pas instaurer des quotas comme le suggéraient certains professionnels présents au Zénith ? Et si on limitait le nombre de trophées qu’un artiste ou un groupe peut recevoir?   Cela permettrait une meilleure diversité en donnant une chance à ceux qui méritent aussi d’être encouragés dans leur carrière.

Je pense à Barbara Carlotti qui aurait pu être distinguée et surtout à Rover. Le chanteur que beaucoup découvraient, a un immense talent, une personnalité, une voix unique et un univers particulier.

Nommé dans la catégorie Révélation du public, comment expliquer qu’il soit reparti bredouille alors que lui revenait tout naturellement une Victoire ? Est-ce concevable qu’on ne salue pas son talent à l’occasion de cette grande fête de la musique qui se doit de représenter tous les talents et pas seulement un genre, l’électro en l’occurrence pour C2C, dont je précise que j’apprécie la démarche artistique par ailleurs.

Il y a là un problème dont Vincent Frèrebeau, le Président de l’association de Victoires est certainement conscient. C’est pourquoi, il devrait réfléchir avec la filière musicale à instaurer de nouvelles règles, en changeant certains statuts afin de limiter à deux le nombre de prix par artiste ou groupe nommés. Il y va de la pluralité des expressions artistiques.

C2C  et  ses quatre Victoires a presque fait de l’ombre aux catégories reines. La  Victoire de l’ «artiste masculin » a été attribuée à Dominique A et Lou Doillon a été consacrée « artiste féminine ».

DomniqueALouDoillon Là encore, j’aime beaucoup Lou Doillon dont j’ai salué la démarche artistique (http://www.humanite.fr/culture/lou-doillon-se-fait-une-places-dans-la-pop-510478) en évoquant  son réel talent d’auteur-compositeur-interprète. Mais six mois après la sortie de son premier album, n’est-ce pas un peu tôt pour la chanteuse dont la carrière vient à peine de commencer que de se voir ainsi couronner d’une Victoire de l’artiste féminine ?

Voici le palmarès des Victoires 2013 :

 Révélation du public, révélation scène, meilleur vidéo-clip et album de musiques électroniques : C2C

Artiste-interprète masculin de l’année : Dominique A

Artiste-interprête féminine de l’année : Lou Doillon

Chanson de l’année : « Allez, allez, allez » de Camille

Album rock de l’année : « Can be late » groupe Skip The Use

Album de chansons de l’année : « La place du fantôme » La Grande Sophie

Album de musiques du monde de l’année : « Folila » Amadou&Mariam

Album de musiques urbaines de l’année : « Roi sans carrosse » Oxmo Puccino

Meilleur spectacle musical, tournée et concert : « The Geeks Tour » de Shaka Ponk

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