Daniel Darc au paradis du rock


C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès de Daniel Darc. L’ancien chanteur de Taxi Girl a été retrouvé mort dans un appartement parisien. Vagabond céleste de la chanson, il disparaît à l’âge de 53 ans.

Darc

«J’ai toujours su que je ne pourrais pas vivre normalement et quand le punk est arrivé, voilà, je me suis retrouvé dans ce truc-là». Ainsi parlait Daniel Darc qui aimait se définir comme un «passeur». Un passager sur terre qui vient de s’éteindre à l’âge de 53 ans. Le chanteur a été retrouvé mort dans un appartement du 11ème arrondissement à Paris. Les premiers éléments laissent penser que son décès pourrait être lié à l’absorption d’alcool  et de médicaments, mais on attend les résultats de l’autopsie.

Daniel Darc était une étoile dans la nuit. Il laisse une trace indélébile dans le rock français. Celle d’un ange rebelle cabossé par l’existence, entre blessure et désespérance. Darc était sombre, émouvant et son regard inquiet trahissait un profond mal-être.  Né Daniel Rozoum à Paris, il a d’abord connu le succès dans les années 1980 avec le groupe de new wave Taxi Girl qui signera notamment le tube «Cherchez le garçon». Puis, il se lance dans une carrière solo sortant un premier album «Sous influence divine» réalisé par Jacno. Une carrière faite de hauts et de bas jusqu’à la sortie en 2004 du sublime «Crève cœur» qu’il considérait comme son meilleur album, couronné d’une Victoire de la musique.

Il y aura aussi les beaux «Amours suprêmes» et «La taille de mon âme», deux albums salués par la critique. L’artiste s’était sacrifié pour la musique et le rock, au point de se taillader les veines au Palace en 1979  lors d’un concert en première partie de Talking Head. Depuis, Darc s’était assagi, préférant s’en remettre à l’écriture de ses chansons, sans laquelle il  ne pouvait vivre. Il écrivait de manière instinctive, en équilibre sur la crête des mots.

Poète du spleen et de la perdition, son univers était celui de  la noirceur, sentiment douloureux où il cherchait sa vérité dans des  territoires underground. Il lui arrivait de lire des psaumes sur scène et avait trouvé dans la religion sa lumière: «Je suis d’origine juive, converti protestant» disait celui qui avait gravé  une grande croix  sur son torse, parmi les nombreux tatouages qui ornaient son corps, dont l’esthétique représentait pour lui une «sorte d’aristocratie de la voyoucratie».

« Quand je mourrai, j’irai au paradis/C’est en enfer que j’ai vécu ma vie» chantait Darc, dont l’existence a été faite de mille tourments. Il était un vagabond céleste de la chanson que nous n’oublierons pas : «Comme j’ai maltraité mon corps, si j’ai encore vingt ans à vivre, c’est cool. Il faut se dépêcher», nous avait-il confié un jour où il se sentait solaire, conscient que sa vie ne tenait qu’à un fil.

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