Marie-Galante, mosaïque créole et magnifique « Terre de Blues »


TerredeBlues

Marie-Galante, envoyé spécial. 

En  14 ans d’existence, le festival de l’île de l’archipel de Guadeloupe est  devenu  un événement musical majeur de la Caraïbe francophone.  Lors de sa dernière édition, il a notamment accueilli Kassav’, Admiral T, Omar Pene, Damian Marley, Raul Paz, Guy Davis  où le big band de jazz créole Misikopéyi.

Marie-Galante est un bout du monde. Une île des Antilles françaises de l’archipel de Guadeloupe rendue célèbre par la chanson de Laurent Voulzy  où chaque année a la mi-mai se déroule Terre de Blues. Un blues très large comme en témoigne l’affiche du festival qui en 14 ans d’existence est devenu un événement majeur dans la Caraïbe francophone, permet à Marie-Galante de sortir de son isolement et de revivifier son économie locale grâce à la présence de près de 15 000 festivaliers. Dans une atmosphère bon enfant, le public s’y presse ainsi que les artistes qui aiment venir se produire dans cette Île verdoyante si authentique, encore préservée du tourisme de masse. 

Située à 7000km de Paris, la galette comme on l’appelle ici, a accueilli des musiciens du monde entier depuis la création de Terre de Blues en 2000 (Alpha Blondy, Johnny Clegg, Manu Dibango, Salif Keita ou Keziah Jones…). Une programmation très diversifiée cette année encore, qui a vu défiler le groupe  de zouk phare des Antilles, Kassav, l’artiste de reggae-dancehall  guadeloupéen Admiral T, le chanteur sénégalais Omar Pene, le groupe Chic et l’Américain Nile Rodgers, le cubain Raul Paz, Damian Marley, le fils du légendaire musicien jamaïcain, le bluesman américain Guy Davis ou les musiciens de jazz créole Mizikopéyi sur les deux scènes du festival au port de Grand-Bourg et à l’habitation Murat : «Pour nous, confie Harry Selbonne, directeur du festival, le blues, ce n’est pas simplement la musique des champs de coton du sud des Etats-Unis. Le  blues, c’est également la manière de manger, de marcher, de parler, de vivre. C’est pourquoi, nous avons voulu, dès l’origine, relier les trois Saint-Louis, du Sénégal, de Marie-Galante et du Mississippi». Parmi les concerts qui ont marqué le festival, il y a celui d’Admiral T. Le chanteur qui a grandi dans un quartier défavorisé de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe chantait pour la première fois à  Marie-Galante : « ici, c’est authentique, on se rapproche de la nature dit-il. Ma musique qui mélange les influences caribéennes, est une mosaïque créole. Un peu comme le blues. C’est pourquoi, j’ai totalement ma place dans le festival Terre de Blues. C’est comme le Gwoka (style musical traditionnel de Guadeloupe accompagné de percussions et de tambours appelés « ka »),  on ne peut pas chanter cette musique-là si ça ne vient pas des tripes ».

 A l’origine d’un genre musical qu’il définit comme l’«afro feeling music», le chanteur Sénégalais Omar Pene s’est déjà produit en Martinique et en Guadeloupe, mais jamais encore à Marie-Galante. Il aime le lien qui unit l’Afrique et les Antilles : «on a déjà joué dans les îles et à chaque fois, c’est comme si on était au Sénégal. Les Antillais viennent d’Afrique et ça se sent de par les couleurs, le comportement des gens. On arrive à communier, à établir un lien avec le public même s’il ne comprend pas les paroles de mes chansons qui sont en wolof. Cela prouve qu’il y a des racines. On ne se sent pas du tout dépaysé!»

Tony Chasseur, leader du big band de douze cuivres Mizikopéyi, aime mêler tradition créole et rythmiques jazz : « Nous faisons du jazz créole explique-t-il. Notre démarche vient des Etats-Unis et de la Nouvelle-Orléans de par la dimension big band de cuivres. Mais nous inscrivons cela dans la représentation de nos rythmes locaux en mêlant la biguine, la mazurka et le zouk ». Le chanteur martiniquais apprécie lui aussi la philosophie du festival Terre de Blues où se croisent reggae, zouk, musique traditionnelle antillaise, africaine, blues ou  jazz créole: « ce  festival représente un grand événement dans la région observe-t-il et la qualité de ce qu’il propose renforce cette impression. L’affiche fait preuve d’une grande diversité ».

Tony Chasseur est ravi d’avoir pu ainsi se produire dans cette Terre de Blues qu’est Marie-Galante : « Etant Martiniquais, cela me rappelle mon enfance. Aux Antilles, nous sommes un carrefour avec toutes ces influences qui viennent de l’Amérique du Nord, de l’Amérique du Sud,  et comme département français, je me souviens que nous recevions la variété, les yéyés… Cette diversité que je perçois dans ce festival fait partie de mon vécu d’enfant et d’adolescent antillais. J’en suis heureux ».

http://www.humanite.fr/culture/terre-de-blues-rencontre-avec-les-artistes-du-fest-541847

http://www.humanite.fr/culture/le-festival-terre-de-blues-se-deroule-jusqu-lundi-541841

  • Le festival Terre de Blues s’est déroulé du 17 au 20 mai à Marie-Galante sous le parrainage de Judith Symphorien, célèbre voix de Radio Caraïbe Internationale

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Site festival Terre de Blues: http://www.terredeblues.com/

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