Une vie de château pendant trois jours au festival Beauregard


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Stromae, Pixies, Portishead, Paul Weller, Damon Albarn, Fauve ou Vanessa Paradis sont attendus au parc Beauregard près de Caen. Un festival dont la programmation pop-rock et chanson attire un large public comme l’expliquent ses dirigeants, Paul Langeois et Claire Lesaulnier.

Les intermittents du spectacle 
observent une journée de grève 
ce vendredi. Pensez-vous 
que tous les concerts de Beauregard auront lieu ?

Paul Langeois Avec les intermittents de Basse-Normandie, 
on organise des actions communes 
de sensibilisation du public. On fait les choses ensemble. On va mettre une bâche à l’entrée, ils ont un stand… Il n’y a pas de préavis de grève, ni de blocage. On n’est donc pas inquiet en ce qui concerne le déroulement du festival.

En six ans, vous avez réussi à faire 
de Beauregard un festival apprécié autant par le public que par les artistes qui aiment s’y produire. À quoi attribuez-vous ce succès ?

Claire Lesaulnier Il y a déjà le cadre magnifique du parc de Beauregard avec son château. Le fait aussi qu’on a tenté dès le début de se démarquer et de taper fort artistiquement, ce qui a permis d’avoir un écho régional et national rapidement. On a voulu se distinguer par une programmation à dominante anglo-saxonne éloignée d’une programmation du type « Zénith variété », même si on mélange des choses. Et il y a le confort qu’on offre aux festivaliers. Le festival est perçu comme un événement où il fait bon vivre, qui donne envie aux gens de revenir.

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Artistiquement, qu’est-ce qui fait votre différence ?

Paul Langeois Dans une agglomération comme Caen, on a deux salles de musiques actuelles, un Zénith, mais on a toujours eu du mal à attirer les tournées d’artistes comme on peut avoir cette année à Beauregard, avec Portishead ou Pixies. Amener ces artistes dans la région, grâce au festival, est vécu comme quelque chose de fort. On n’est pas super pointu comme peuvent l’être des festivals comme la Route du Rock, à Saint-Malo, ou les Transmusicales, à Rennes, ce qui ne nous empêche pas de programmer des artistes comme Breton, Damon Albarn ou Paul Weller, qui se produira à l’occasion d’une date unique en France, mais on a aussi des artistes comme Vanessa Paradis, Stromae, ou précédemment Olivia Ruiz et Jean-Louis Aubert. On mélange tout cela et la mayonnaise prend plutôt bien ! (rires).

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L’économie du festival reste fragile. À quelles difficultés êtes-vous confrontés ?

Claire Lesaulnier On a un budget de 3 millions d’euros. Beauregard est autofinancé à 94 % et on n’a pas encore réussi à avoir un fonds de roulement. L’économie du festival est toujours précaire. Notre première ressource est la billetterie et on a développé les partenariats privés. À chaque édition, c’est un pari et si on est autour du seuil de rentabilité, nous ne sommes pas encore parvenus à constituer un petit matelas de sécurité.

Paul Langeois Quand on voit qu’un festival comme Garorock a été obligé d’annuler une journée à cause d’une alerte météo de vigilance orange, cela montre qu’on est dépendant de plein de choses, la fréquentation du public, la météo. Les festivals sont fragiles. Cette année, on est plutôt optimiste, avec l’ajout d’un quatrième jour et le concert de Stromae qui est complet, et les trois autres jours qui fonctionnent très bien en termes de billetterie. On pense qu’on va faire notre meilleur score, mais si lors d’une édition, on n’arrivait pas à équilibrer, ce serait une catastrophe. L’idéal serait d’avoir 300 000 euros de côté qui nous permettraient de faire face en cas de coup dur.

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Dans ces conditions, comment fait-on pour se renouveler et prendre des risques en matière artistique ?

Paul Langeois On essaie en permanence de se renouveler. Ainsi on est très fier d’accueillir la création de Serge Teyssot-Gay, qui va présenter en avant-première son projet Zone Libre Extended. Ce groupe est en train de naître avec un album à paraître en fin d’année. Que Beauregard soit à l’initiative de cela, c’est génial. Ce sont des paris comme ceux-là qu’on a envie de prendre et ne pas faire tout le temps la même chose.

Claire Lesaulnier Être audacieux, c’est le moteur. Quand on fait la programmation, on réfléchit à un choix artistique. On essaie d’avoir plusieurs têtes d’affiche dans un souci de richesse de courants musicaux. Une affiche qui reflète l’esprit de Beauregard en étant là où on ne nous attend pas.

À plusieurs têtes d’affiche et découvertes au programme
Vendredi : Blondie, Shaka Ponk, London Grammar, IAM, Cats on Trees, Midlake, Kavinsky, MmMmM…
Samedi : Portishead, Gesaffelstein, Vanessa Paradis, Paul Weller, Fauve, Foster the People, Angus & Julia Stone, Zone Libre Extended, Samba de la Muerte, Portier Dean…
Dimanche : Pixies, Damon Albarn, Agnes Obel, John Butler Trio, Yodelice, Breton, Be Quiet…

A Hérouville-Saint-Clair/Caen jusqu’au 6 juillet.
http://www.festivalbeauregard.com/

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