Faada Freddy : « Mon but, c’est de faire vibrer sur scène »


Faada1
Par Victor Hache. Roi du gospel soul et de la sape rétro, le street dandy sénégalais met le feu partout où il se produit depuis la sortie en mars de son premier album solo, Gospel Journey. Un disque où la voix remplace les instruments et fait merveille grâce à la très groovy technique du beatboxing.

Faada Freddy est le king des « ambianceurs ». Roi du gospel, de la soul et de la sape, celui qui officie également au sein du groupe de rap Daara J Family met le feu à chacun de ses concerts grâce aux mélodies de son premier album solo, Gospel Journey, et à un répertoire de reprises alliant beatboxing et percussion corporelle. Trianon, Cigale, festivals, Olympia où le chanteur originaire du Sénégal vient de faire un carton, partout il fait vibrer le public. Rencontre avec un artiste éminemment généreux sur scène, pour qui la musique est un formidable outil de partage.

 Chapeau melon, gilet, canne… d’où vient votre attirance pour le look street dandy ?

Faada Freddy J’aime beaucoup la mode des années trente. J’ai un côté super vintage et j’adore les tendances qui me rappellent ce qui est ancien parce que j’ai grandi avec la musique d’avant : le negro spiritual, le gospel ou la soul de la Motown. Il y a des voix d’opéra soprano dans mon album. C’est un peu mon attachement au XVIIIe siècle et il y a des ambiances soul. Ce qui m’intéresse, c’est de nouer les époques et de les traduire soit dans l’habillement, soit dans la manière de chanter.

 On sent que vous vous amusez beaucoup sur scène. D’où vient l’idée du body percu, les percussions corporelles ?

Faada Freddy Je crois qu’on peut faire de la musique avec tout, les battements de pieds, les mains. Parfois, je me surprends à harmoniser avec les sirènes de police où d’ambulance. Je n’ai pas de limites dans ma recherche d’alchimie des sons que j’entends. Pour moi, c’est ça, la traduction artistique de la musique.

 Le beatboxing (utilisation de la voix comme instrument), ça apporte une énergie supplémentaire ?

Faada Freddy J’ai toujours été charmé par la voix et les harmonies, que ce soit celles de la musique de La Nouvelle-Orléans ou celles qu’on peut entendre en Afrique du Sud ou au Congo. Quand deux ou trois voix harmonisent, la magie opère tout de suite. Dans les albums de Daara J, j’ai essayé d’amener des voix, mais ce n’est pas facile de le faire dans le hip-hop. Mon album solo me permet d’avoir une palette plus large, d’exercer différents styles librement, sans aucune contrainte, en laissant cours à l’improvisation.

La musique, c’est un bon moyen de rassembler les gens ?

Faada Freddy C’est ce qui compte le plus. Mon but, c’est de faire vibrer sur scène et de partager. Je me souviens qu’à la sortie de mon concert au Trianon, on chantait tous We sing In Time dans la rue et dans le métro. Il n’y a pas de différence à ce moment-là, il n’est plus question de papiers ou de couleur de peau. La musique libère, elle ôte des préjugés. C’est magnifique.

Vous attendiez-vous à un tel succès ?

Faada Freedy J’ai fait pratiquement un an et demi de scène seul à la guitare en faisant des premières parties d’artistes comme Bernard Lavilliers, que j’aime beaucoup, ou Lenny Kravitz. Il y a une part de surprise de voir que les salles sont pleines comme l’Olympia, que je vais faire le Zénith en mai ou d’avoir partagé la scène avec Johnny aux Francofolies. Quoi qu’il arrive, je continuerai à chanter. Je peux faire des concerts pour cinq mille ou dix mille personnes, chanter pour un enfant de la rue, ce qui m’intéresse c’est l’amour que je donne. Les mots parfois ne suffisent pas et la voix, c’est comme une médecine qui apporte une sorte d’apaisement.

Quels sont vos projets ?

Faada Freedy Il y a le disque Foundation, de Daara J Family, qui va sortir en février. Je prépare un album, mais je ne sais pas si je vais faire du stomp (rythmique et percussion des pieds) ou utiliser des instruments faits à partir de matériaux récupérés, des pneus de voiture, des pots de colle comme les guitares que je fabriquais au Sénégal quand j’étais enfant. Et je suis en train de mobiliser les gens et l’État sénégalais pour construire une école d’art à Thiès, à côté de Dakar, pour permettre aux enfants du monde d’assister à des master class gratuits avec les grands musiciens que j’ai croisés. Je rêve d’une école qui accueille l’humanité pour l’éducation et l’éveil des enfants.

https://www.facebook.com/FaadaFreddyMusic

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s