Rover dans la lumière


Rover1

Par Victor Hache. Le chanteur revient avec l’excellent Let it Glow,dont l’univers glam-rock invite au lâcher-prise.

Et si on changeait d’air pour respirer un peu ? Révélé en 2012 avec un premier album éponyme aux ambiances pop-rock à la Bowie-Lennon, Timothée Régnier alias Rover, revient avec Let it Glow (label cinq 7). Un disque qui brille, où il invite à laisser entrer la lumière d’une voix aérienne ou rocailleuse, sur fond de riffs de guitares rock et de synthés des années 1970. C’est en Bretagne qu’il a enregistré son nouvel opus, dans un lieu atypique, un ancien internat transformé en studio rempli d’instruments analogiques : « Ils sont capricieux mais ouvrent des portes et des univers sonores uniques, confie Rover. Le fait d’être autodidacte, d’aborder les instruments de façon presque naïve, cela permet de garder une espèce de fraîcheur et de maladresse. »

Rover est depuis ses débuts à la recherche d’un lâcher-prise qui passe aujourd’hui par un son plus brut et une écriture directe traduisant un désir de « moins intellectualiser (sa) musique et de faire confiance dans (ses) chansons et dans ce qu’on est ». L’expérience de Let it Glow et ses rêveries glam-rock lui ont permis de redécouvrir sa musique à la faveur de tous ces filtrages vintage : « Ce que je reproche aux techniques numériques, c’est que ça favorise une musique d’informaticiens plus que de musiciens. Ça fait appel à une technique de programmes et ça va plus vite que le temps de réflexion que demande l’art en général. Un musicien a besoin de cette respiration avant d’enregistrer. Il ne faut pas aller plus vite que la musique. C’est une vraie expression avec une chaleur et une âme. »

En cela, Rover n’est pas un artiste de son époque. Il aime sortir du cadre pour mieux se mettre en danger. Cela donne des concerts fascinants comme au Printemps de Bourges en 2013, où il était au piano au côté d’un trio à cordes dirigé par le violoncelliste Gaspar Claus ou au théâtre de l’Athénée en 2014 en formule solo, s’accompagnant d’une guitare électrique et d’un piano. Une démarche très créative qui fait l’essence de Let it Glow où les effets démonstratifs et la réverb’ du premier disque ont disparu, de manière à conserver la vérité des sentiments et le grain qui fait l’émotion. Rover revendique un certain romantisme qui « est un mélange de nostalgie, d’espoir et de rock’n’roll ». Un univers qui fait écho aujourd’hui à l’angoisse de du quotidien et à la peur de l’avenir : « L’actualité dont on nous bombarde tous les matins gangrène et gèle les gens. Inconsciemment, j’ai le fantasme que ma musique puisse un peu rassurer. » On le suit volontiers

Album Let It Glow chez Cinq7 Wagram,  Concert à l’Olympia, le 24 mars.

https://www.facebook.com/musicrover/

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