Zucchero : « Black Cat est l’album le plus noir que j’ai fait »


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Zucchero revient avec Black Cat par Victor Hache. Le rocker italien sort Black Cat. Un album pop-rock mêlé de blues du Mississipi et d’émouvantes ballades. À l’image de Streets of Surrender, inspirée par les attentats du 13 novembre, dans laquelle il rend hommage à Paris.

 

Il ne faut pas être superstitieux pour baptiser son album Black Cat,non ?

Zucchero Pour les musiciens afro-américains, un chat noir, ça porte toujours chance ! (rires). C’est de bon augure. J’aime le son des mots « Black Cat » et je trouve que ça synthétise bien le disque qui est un album noir, probablement le plus noir de tous ceux que j’ai faits. Mais quand je dis « noir », je ne veux pas dire sombre, mais musique noire, blues !

La Sesion cubana, sorti il y a trois ans, ­privilégiait les sonorités latines. Celui-ci est plus rock-blues. De quelles ambiances rêviez-vous ?

Zucchero Quand je ­commence, il faut que je trouve un son qui sera le ­dénominateur commun. J’ai besoin que les chansons soient liées comme si elles étaient recouvertes d’un seul vêtement qu’est le son. J’ai pensé aux immenses plantations de coton dans lesquelles travaillaient les esclaves, aux maîtres qui avaient le fouet et les maltraitaient. Je me suis dit qu’aujourd’hui avec l’exode de tous ces réfugiés qui ne savent pas ce qu’ils vont trouver quand ils arrivent, il y avait une analogie. Ce n’est pas si décalé par rapport à ce qu’on vit. La chanson Ten more days dit « Je ­traverse la mer », ça pourrait avoir quelques résonances avec les naufragés. Quant à Hey lord, la chanson s’ouvre sur un chœur ­d’esclaves et, là aussi, on parle d’exode. Ce qui se passe en ce moment, ça lacère le cœur et il y a cette envie de revenir au Seigneur.

Parlez-nous de la chanson Partigiano ­Reggiano qui ouvre l’album, vous y évoquez l’idée d’un chant libre ?

Zucchero Je dis que le monde est en train de vomir la bête humaine. Je fais référence à tout ce qu’il se passe. Je parle de la politique, de la corruption, des guerres de religion. Il faut beaucoup de courage et d’abnégation pour poursuivre et continuer. Mon rêve serait qu’il y ait un chant libre, un cœur qui bat à l’unisson, sans ces maîtres, ce conditionnement. C’est peut-être rêveur, mais si on songe à l’histoire, ce partisan reggiano, il combattait les ­envahisseurs et, quelque part, c’était un homme libre.

On vous sent passionné et très concerné par l’époque…

Zucchero Dans ma vie quotidienne, j’ai toujours essayé d’être positif et de laisser le mal de vivre derrière moi. Mais il y a des choses qui ne peuvent pas et ne doivent pas nous laisser indifférents. Je suis un artiste, un musicien. La musique est dans mes veines, dans mon sang. Mais on ne peut pas être insensible quand on allume la télévision et qu’on voit tous ces gosses qui meurent, ces innocents qui veulent s’amuser et qu’on tue. Comme je ne peux pas être indifférent à la corruption des politiciens, à leur hypocrisie.

Comment est née Streets of Surrender, une ballade émouvante écrite après les événements du 13 novembre, où vous chantez « Chaque homme a une ville de la liberté, pour moi cette ville c’est Paris » ?

Zucchero Les paroles ont été écrites par Bono. Il était en tournée, je lui envoyé la musique et je n’ai plus eu de nouvelles pendant un mois. J’ai vu les images du Bataclan, U2 qui a reporté son concert. Quelques jours après le 13 novembre, Bono m’a envoyé un message où il me disait « j’ai été bouleversé par tout ce qu’il s’est passé à Paris », une ville qu’il adore parce qu’elle est synonyme de liberté. Il a écrit un texte très inspiré, que j’ai aimé. La chanson parle d’une reddition face la haine et dit : « C’est toi qui décides, moi je ne suis pas là pour te faire du tort, te blesser. Je viens avec mon amour et ma fierté. Alors tu peux te souvenir ou tu peux oublier. »

Comment est-ce que vous voyez la Fran­ce d’aujourd’hui ?

Zucchero Pour moi, les Français demeurent un peuple très combatif contre les injustices. Il y a toujours une espèce de front commun contre toute forme de dictature, les pouvoirs, les patrons, les dirigeants. J’ai l’impression qu’il y a un esprit d’anarchie très puissant en France. J’ai l’image d’un peuple fier, libre et assez uni. En Italie, on n’a pas ce sentiment d’unité. Il y a toujours le Nord et le Sud avec des mentalités complètement différentes. C’est un pays très difficile à gouverner, l’Italie ! (rires).

Entre blues et hymne À paris

60 millions d’albums vendus dans le monde, trente-quatre ans de carrière… le rocker italien, qui vient de fêter ses 60 ans, continue de carburer au rock et au rythm’n blues. Enregistré pour partie à La Nouvelle-Orléans, Black Cat plonge ses racines du côté du delta du Mississippi. Un disque où l’on retrouve l’énergie et la sensibilité du « Joe Cocker » d’Émilie-Romagne, sa région natale, au travers d’émouvantes ballades. Telle Streets of Surrender, avec Mark Knopfler à la guitare, chanson inspirée par les événements du 13 novembre écrite par Bono en hommage à Paris, où le chanteur de U2 était avec son groupe.

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