Olivia Ruiz : « Je suis tout feu, tout larmes »


 

Olivia Ruiz, A Nos corps-aimants par Victor Hache. Après le Calme et la Tempête, la chanteuse sort À nos corps-aimants. Un album à l’énergie positive qui résonne comme un appel à l’amour et au plaisir charnel, où elle rend hommage à l’univers féminin.

 

olivia2017

« Sur scène, Il faut que je danse, que je fasse rire les gens. Là, je suis comblée. Je me sens d’utilité sociale ! »

Quelle lecture faites-vous du titre de votre album À nos corps-aimants  ?
Olivia Ruiz: J’ai voulu ces deux mots reliés par un tiret pour signifier que ce n’est pas juste des corps qui s’aiment mais des corps qui s’aimantent. C’est ce moment qu’on ressent tous, où on est hyperattiré physiquement par quelqu’un. Tu sais qu’il ne faut pas y aller, que ça va donner que des moments pourris, que tu vas souffrir. Et qu’est-ce que tu fais ? Tu y vas (rires) ! C’est quelque chose que j’ai toujours trouvé savoureux. Cette ambiguïté entre le fait de se sentir plein quand tu brûles de désir ou d’amour et en même temps cette souffrance dans laquelle tu te jettes tête baissée. J’avais commencé à écrire cette chanson et là j’accouche. J’ai toujours pensé que je n’allaiterais pas. Ma poitrine pour moi, c’est la sensualité, elle est pour mon mec et pas pour mon bébé. Tu parles ! Je n’étais même pas à trois mois de grossesse que tout mon corps disait : « Je veux être le plus près possible de lui. » Cette petite bouche aimantée à mon sein, c’était la découverte d’une autre forme de lien charnel. Et j’ai terminé la chanson en pensant à Nino, mon enfant.
Cet album, au fond, c’est une ode à la féminité ?
Olivia Ruiz: Certainement. En fait, il y a deux femmes majeures dans cet album, la mère et la femme dans toute sa puissance charnelle. Mais c’est plus un disque de femme que de maman quand même globalement.Où vous jouez avec les mots comme dans « Mon corps, mon amour » et osez « Je baise, donc je suis »  !Olivia Ruiz Au moment d’écrire les paroles de la chanson, j’ai pensé : « Une femme qui est juste une victime et qui prend cette facilité d’aller se consoler dans d’autres bras, je ne peux pas. Ce n’est pas moi ce personnage. » C’est trop facile, au lieu de se battre pour sauver son couple. Il fallait qu’elle ait une épaisseur supplémentaire cette nana. L’utilisation de mots aussi cash, tout d’un coup, on la comprend comme aussi féministe. Une femme qui est dans le combat. Elle affirme son besoin qui est là en tendant une perche à son mec à qui elle donne des clés pour saisir cette situation et continuer d’avancer ensemble.
Vous êtes sacrément sentimentale !
Olivia Ruiz Je suis une éponge aux sentiments des autres (rires) ! Je suis toujours tout feu, tout larmes, une hypersensible. Forte en apparence et fragile pour les proches parfois. J’ai plus de doutes et de peurs que de certitudes. Quand on devient mère, les angoisses sont juste déplacées. On se rend compte qu’on a la responsabilité d’une vie entre les mains, qu’une maman, c’est irremplaçable. Moi, qui suis fumeuse, je ne me suis jamais autant pris la tête sur la clope. Avant, je m’en fichais de mourir. Là, je ne m’en fous pas parce qu’il y a quelqu’un qui a besoin de moi. En même temps, il y a ce vertige de se dire : j’en ai pris pour perpète à devoir être un exemple, une bonne accompagnatrice pour qu’il construise sa vie. Son histoire familiale, je veux la lui transmettre. Je lui parle et je chante en espagnol. Il y a un sentiment de devoir de mémoire et de transmission.Vous êtes petite-fille d’émigrés espagnols qui ont fui le franquisme.
Pourquoi dites-vous : « Je porte en moi le poids de l’exil familial »  ?
Olivia Ruiz: Quelquefois je me demande si le fait que je me sente un peu illégitime, ce n’est pas à cause du fait que mes ancêtres se soient sentis illégitimes toute leur vie ? Je me sens tellement riche de leurs histoires, pleine et beaucoup plus intéressante comme être humain du fait de leurs parcours. Juste avant de monter sur scène pendant Volver (comédie musicale inspirée de la vie du chorégraphe Jean-Claude Gallotta), qui parle de ce sujet, je me disais : « J’ai réveillé tous mes fantômes. » Parfois, je ne me sentais pas à ma place. Il m’arrive souvent de me demander si le choix de ce métier est vraiment le mien.
Que voulez-vous dire ?
Olivia Ruiz: Est-ce que parfois, quand on est artiste, on ne cherche pas à être aimé parce que des gens parmi nos ancêtres n’ont pas réussi pleinement à être aimés ? Je crois beaucoup à la psychogénéalogie. J’aime profondément ce que je fais, la musique, mais ça aurait très bien pu être un hobby. Pourquoi chercher à en faire une carrière ? J’ai l’impression par moments de n’avoir presque pas choisi, que c’est mon métier qui m’a choisie.
La femme chocolat en tournée pour des  concerts interactifs
« Mon objectif sur scène est de faire que les gens oublient tous leurs emmerdes du quotidien. Il faut que je danse, que je les fasse rire. Là, je suis comblée. Je me sens d’utilité sociale ! (rires) Je me prépare à faire des concerts interactifs grâce à une application téléchargeable sur le site de la salle une heure avant le concert. Une idée rigolote où les gens pourront définir l’ambiance du spectacle, choisir ma robe, les tenues des musiciens, les morceaux de la setlist, partager grâce à un genre de Tinder éphémère, une façon amusante de se rencontrer ou diffuser leurs photos qui seront projetées sur les écrans. »

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