David Bowie. Dans le kaléidoscope d’un visionnaire rock et chic


Bowie2David Bowie is – Après Londres, Berlin, Chicago, Sao Paulo et Toronto, « David Bowie is » fait étape à Paris à la Philharmonie jusque fin mai. Une magnifique exposition conçue par le Victoria & Albert Museum qui retrace le parcours fascinant de l’avant-gardiste artiste anglais aux multiples visageshttps://doublenote.wordpress.com/

David Bowie est un mutant. Un artiste aux multiples visages qui n’a cessé de se transformer pour se réinventer. L’exposition « David Bowie is » montre ainsi toutes les facettes du chanteur qui, adolescent, passe ses journées dans le quartier branché de Soho à Londres. David Robert Jones, son vrai nom, tente de percer le milieu musical avec son premier groupe The Kon-rads, affichant un look sage d’étudiant anglais des années 1960, costume étroit et cravate. Conçue par le Victoria & Albert museum à Londres, l’exposition retrace le parcours du chanteur né le 8 janvier 1947 à Brixton, quartier sud-londonien. Une période d’insouciance marquée par l’explosion musicale des Beatles et des Rolling Stones. Des rêves plein la tête, il quitte l’école à l’âge de seize ans, décide de se lancer dans la musique et enregistre un premier single Liza Jane aux sonorités rock sixties sous le pseudonyme de Davie Jones and The King Bees. Entre 1963 et 1969, il cherche, écrit, compose, enregistre sans parvenir à se faire un nom.

Ce sont les images du premier voyage sur la Lune de la mission Apollo 11 et de la Terre vue du ciel, qui vont faire décoller sa carrière. Il écrit alorsSpace Oddity, morceau qui fait écho au film 2001, l’Odysée de l’espace de Stanley Kubrick en 1968. Accompagnant les images de l’alunissage qui tournent en boucle sur la BBC quelques mois après le début de la mission Apollo, le titre aux résonances spatiales va connaître un immense succès.

Il est à l’origine d’un monde qui fait fi de tout sectarisme culturel

Inspiré par la conquête de l’espace, Bowie devient cet artiste hors normes vêtu de costumes étranges. https://www.facebook.com/davidbowie . Il s’invente des personnages qui lui permettent de s’échapper du réel et de repousser les frontières de la mode masculine. S’agit-il d’un extraterrestre, d’un homme, d’une femme ? Son alter ego Ziggy Stardust est né et fascine l’Angleterre en 1972 quand, dans l’émission Top of the Pops, il chante Starman, cheveux rouges et platform boots en vinyle.

Il aime la musique et toutes les formes d’art, s’intéresse à la littérature, à la peinture, au théâtre, au cinéma. Son imagination ne connaît aucune limite et il s’entoure de collaborateurs d’avant-garde (chorégraphes, designers, stylistes, photographes, scénographes, décorateurs…) avec lesquels il travaille pour exprimer son processus créatif. Le Major Tom, Aladdin Sane, Halloween Jack… chaque personnage qu’il crée est une façon pour lui d’explorer le kaléidoscope de son univers qu’il ouvre à toutes les expériences. Il s’invente des masques et donne ses lettres de noblesse au glam-rock. Silhouette élégante, David Bowie, qui affirma dès les seventies sa bisexualité au magazine Melody Maker, n’impose aucun mode de vie mais fait bouger les mentalités quand il invite les gens à vivre comme ils l’entendent.

Ce qui frappe chez lui c’est la modernité et le goût du futur inspirés aussi bien par le film Orange mécanique que par le théâtre Kabuki, faisant appel au créateur de mode japonais Kansai Yamamoto pour le futuriste costume de scène d’Aladdin Sane en 1973. Il est à l’origine d’un monde qui fait fi de tout sectarisme culturel et réalise le grand écart entre la mode asiatique, le théâtre inspiré par le mime et danseur Lindsay Kemp, les chansons de Brel dont il reprend Ma mort et Amsterdam en 1971, la pop-rock britannique, la soul ou l’expressionnisme du cabaret allemand né de sa période « Black and White » à Berlin.

Qu’il utilise la technique du cut-up de William S.Burroughs pour l’écriture de ses chansons ou s’en remette au hasard par le biais d’un générateur aléatoire de mots, il est cet artiste visionnaire porteur d’une bouillonnante contre-culture dans laquelle s’est reconnue toute une génération jusqu’à son dernier album The Next Day en 2013. À travers les 300 objets présentés (vêtements, clips, pochettes d’albums, photos…) on a vraiment l’impression de voyager à l’intérieur de l’esprit de Bowie. L’expo se clôt en apothéose dans un vaste espace sur les murs duquel sont projetées des images de ses concerts. Un itinéraire qui se prolonge dans David Bowie is le film, visite de l’exposition qui sera diffusé au cinéma le 12 mars et le 1er juin. À voir également Wiebo, concert performance (du 3 au 8 mars à la Philharmonie 2) imaginé par Philippe Decouflé et composé de reprises de chansons de Bowie interprétées par Sophie Hunger, Jehnny Beth et Jeanne Added avec artistes de cirque et danseurs.

« David Bowie is » jusqu’au 31 mai 
à la Philharmonie, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél. : 01 44 84 44 84. 
Site Internet : http://philharmoniedeparis.fr/fr

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