Exposition. La révolution punk sous vitrines à la Cité de la musique


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L’esthétique radicale 
du mouvement musical punk
 fait l’objet 
d’une sage exposition 
« Euro-punk » à la Cité de la musique à Paris jusqu’au 19 janvier. 

Cela fait drôle de voir le mouvement punk entrer au musée. La Cité de la musique présente, de manière un peu sage, ce qui fut bien plus qu’une contre-culture musicale, un esprit rebelle à l’ordre établi de la société bourgeoise des seventies. Le « No future » traduisait en slogan nihiliste une volonté de liberté dans tous les domaines de la musique, de la mode ou des arts visuels. Une démarche d’indépendance qui s’est bâtie sur une imagerie très forte mise en valeur par l’expo «Euro-punk», à l’instar de la pochette du 45-tours provoc des Sex Pistols God Save The Queen, à l’effigie de la reine d’Angleterre, nez percé d’une épingle à nourrice.

Le «No future» traduisait un slogan nihiliste

Le mouvement punk entend faire exploser les conventions et bouscule les valeurs conservatrices de la société par une attitude anti-institution, faisant par là même souffler un vent créatif qui contribua à faire évoluer les mentalités. Apparue dans le milieu des années 1970 en Grande-Bretagne, en France mais aussi en Allemagne ou aux Pays-Bas, la culture punk s’est accompagnée d’une nouvelle façon d’aborder la musique.
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Des groupes comme les Sex Pistols, The Clash, The Stranglers, The Damned ou Buzzcocks ont entraîné avec eux, dès la première vague punk, une esthétique qui bouleversa les habitudes musicales, balayant les cendres du flower power hippie par une radicalité et une énergie sans égale.

On retrouve ce bouillonnement artistique au cours de l’expo présentée de façon presque trop propre sous vitrines (tee-shirts, pochettes de disque, fanzines, vêtements créés par Vivienne Westwood et Malcom McLaren…). Aux murs s’exposent les affiches du collectif Bazooka formé en 1974 par des graphistes de l’École des beaux-arts de Paris, parmi lesquels Kiki Picasso, Loulou Picasso, Olivia Clavel, Lulu Larsen, dont la stratégie consistait à faire connaître leurs œuvres à la frontière du rock, du pop art et de la BD, en infiltrant artistiquement les médias, comme en 1977 les pages du journal Libération.
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Une effervescence dont on cherche à mesurer la dimension subversive au travers des postes de télé empilés, diffusant des concerts de l’époque. On déambule entre photos de groupes, flyers et affiches d’annonce de concerts événements (Siouxsie and the Banshees, Asphalt Jungle, Generation X au Gibus Club en 1977) détournant les codes de communication par un graphisme au chaos moderne. Après une première partie autour des mythiques Sex Pistols, l’exposition se poursuit au sous-sol avec bornes d’écoute d’albums et espace de projection de documentaires. Pour mieux resituer le choc musical d’un mouvement qui révolutionna les modes de pensée en Europe jusqu’en 1980. Plus de trente ans après, il bouge encore. « Punk is not dead » !

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  • Exposition «Euro-punk, 
une révolution artistique en Europe, 1976-1980», jusqu’au 19 janvier.
    Cité de la musique, 
221, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e,www.citedelamusique.fr.