Fauve ressort les griffes pour mieux rugir sur scène


Fauve1Fauve – Un an après le succès de son premier disque, le collectif parisien sort Vieux Frères, partie 2. Un album rap et pop-rock marqué par une poésie urbaine dense et sombre mais aussi plus lumineuse, avant une grande tournée, dont une série de concerts à Paris qui s’annoncent très fiévreux. https://doublenote.wordpress.com/

Un nom de scène inspiré du film de Cyril Collard les Nuits fauves. Une fièvre des mots portée par un spoken-word sombre et lumineux. Le collectif Fauve est de retour avec Vieux Frères, partie 2. Soit le deuxième volet de leur album paru il y a un an qui oscille entre tension, tourments et apaisement. Un disque qui témoigne de la trajectoire du groupe devenu en l’espace de dix-huit mois un phénomène rock, remplissant les salles un peu partout, comme lors de sa série de concerts au Bataclan en 2014. Chronique de l’univers des cinq musiciens à l’origine de Fauve, l’opus se nourrit des impressions et des expériences vécues en tournée. On y retrouve l’écriture aux contours littéraires du groupe mêlant rap et pop-rock, un flow tendu aux mots scandés, reflets d’un certain malaise générationnel. Une sortie marquée par cette même volonté de ne pas se dévoiler totalement. C’est qu’il préfère le clair-obscur à la lumière crue qui trop souvent tue le mystère. Si Fauve avance dans la pénombre, c’est qu’il entend laisser parler ses chansons dans lesquelles s’exprime une poésie dense et fiévreuse.

Fauve2

Chaque mot fait de rage, 
de révolte et de mélancolie

Le succès du groupe a d’abord eu lieu sur Internet puis dans les médias avant qu’il n’explose en disque et sur scène. Quand ses membres ont commencé à composer en 2010, c’était pour répondre à leurs questionnements existentiels. Le public, lui, s’est rapidement reconnu dans leur répertoire, se nourrissant de chaque mot fait de rage, de révolte et de mélancolie, courant sous la plume de Fauve. https://www.facebook.com/FAUVEcorp

Des chansons renforcées sur scène par la projection d’images vidéo, offrant plus encore de rêveries possible. Avec eux, il n’y a pas de demi-mesure, on aime ou l’on déteste, voir les commentaires tranchés qui courent sur la Toile et les réseaux sociaux. Mais jamais les punchlines (vers percutants) de Fauve ne laissent indifférent. Les 15-25 ans s’y retrouvent majoritairement séduits et intrigués par cette poésie urbaine qui dit des choses sur nos vies en manque de repères. Chacun cherche sa vérité. À commencer par le collectif, qui, depuis Blizzard, mini-album paru en 2013, tente de trouver sa lumière à travers les thèmes personnels de ses chansons.

Un univers original renforcé par la volonté jamais démentie depuis ses débuts de garder l’anonymat. Aucune photo de face des membres du groupe, pas d’émission de télévision. Ils n’ont ainsi pas voulu postuler aux victoires de la musique, afin d’être cohérents avec leur philosophie d’indépendance. Dans le même esprit, Fauve a toujours su se tenir à l’écart des majors pour mieux préserver son autonomie : « Plus les choses avancent, plus on se rend compte que la forme a autant d’importance que le fond, confiaient récemment à l’AFP deux musiciens du groupe. On ne dit pas que les maisons de disques c’est de la merde, mais on se rend compte que les propos de Fauve pourraient être galvaudés par de mauvaises décisions liées à la forme. Là, il n’y a pas un choix qu’on ne peut pas assumer. » Une démarche d’indépendance qui l’a poussé à créer sa propre structure, composée d’une vingtaine de personnes, Fauve Corp, afin de garder la main sur les productions, le management, les disques, les vidéoclips ou encore les tarifs des albums ou des concerts réfléchis afin qu’ils soient le plus abordable possible.

À l’origine d’un style « chanter-parler », Fauve continue de privilégier l’aspect conversation de ses chansons. Une manière de s’adresser à l’individualité plutôt qu’à la masse de public, où chacun peut se faire son propre voyage : « Fauve, c’est de l’introspection, une sorte de confidence à un ami », souligne le groupe.

Des textes exutoires d’un certain mal de vivre où le sentiment d’urgence du premier album laisse place désormais à des atmosphères plus apaisées. Cela reste sombre mais sans doute plus lumineux. Comme si le besoin d’espace et d’air renouvelé après les tourments du premier opus se faisait sentir. On ouvre ainsi par Juillet et son errance urbaine et l’on finit par les Hautes Lumières, titre teinté d’espoir et de lyrisme amoureux : « Je t’emmène loin des griffes de la colère / des regrets / des nausées / Je t’emmène courir après des filles / Après des garçons / Après des rêves », chante Fauve. La promesse d’un troisième album plus serein?

Album Vieux Frères, partie 2. En tournée 
à partir du 4 mars. Le 10 mars au Nouveau Casino, 11 mars à la Gaîté lyrique, 12 mars 
au Bataclan, 13 mars à l’Olympia, 17 mars 
au Casino de Paris, 18 mars au Trianon…