Fishbach, irrésistible ovni de l’électro-pop


fishbach

Une artiste aux chansons magnétiques, qui n’a pas peur de s’aventurer vers le bizarre

Fishbach sort l’album A ta merci par Victor Hache. Prix des Inouïs du Printemps de Bourges, lauréate du Fair… après sa création aux Transmusicales, la chanteuse sort À ta merci, un premier album original qui va marquer 2017.

«Je n’ai pas cherché à me donner des manières, j’ai juste trouvé cette voix avec laquelle je peux cracher mes tripes. » Ainsi parle Fishbach, chanteuse de 25 ans qui ouvre le bal en beauté en ce début d’année. Voix androgyne grave et légèrement rauque capable de monter dans les aigus, elle sort À ta merci, son premier album, paru sous le label indépendant Entreprise. Fishbach est une artiste aux chansons magnétiques, qui n’a pas peur de faire un pas de côté et de s’aventurer vers le bizarre. Le résultat est la fois incandescent et magnifiquement troublant. Un ovni que l’on compare déjà à Catherine Ringer, Françoise Hardy, Christophe ou Desireless. Chanteuse aux influences multiples, elle aime autant Bashung, Gainsbourg que Balavoine : « Un des chanteurs qui m’émeut le plus, confie-t-elle. Ses lignes de chant, ses mots, sa voix, tout me plaît chez lui. » Il y a aussi Patti Smith qu’elle a découverte lors d’un concert à Charleville-Mézières à l’âge de 15 ans : « Elle vient quelquefois se recueillir sur la tombe de Rimbaud et, comme elle est chic, elle donne un concert à chaque fois. J’ai été très émue en la voyant. Elle a chanté Horses, son premier album, avec une énergie incroyable. C’était encore plus intense que le disque, que j’adore. Ça a été une grosse leçon. »
Entre chanson et électro-pop, Fishbach est à l’origine d’expériences musicales originales. À l’image de sa récente création, un concert théâtralisé qui a marqué les dernières Transmusicales de Rennes. Si jusqu’ici elle se produisait en solo avec sa guitare Telecaster, on la découvrait entourée de musiciens, évoluant dans un décor de chambre : « Une pièce qui était comme le prolongement de mon âme, l’endroit dans lequel je compose la plupart de mes chansons. » Prix des Inouïs du Printemps de Bourges, lauréate du Fair (dispositif de soutien aux jeunes artistes), avant la sortie en 2016 d’un premier EP, elle a fait partie à 17 ans d’un duo punk. Une aventure qui a duré quatre ans et lui a donné le goût de la musique : « Elle me permet d’exprimer beaucoup de choses en moi. »
Un registre aux influences eighties.
Père routier, mère aide-soignante dans une maison de retraite, elle a grandi dans la région de Dieppe, en Normandie, mais c’est dans les Ardennes, d’où sont originaires ses parents, qu’elle a trouvé ses racines : « Je m’y suis sentie chez moi. Le côté frontalier, perdu dans la forêt, m’a beaucoup inspirée. Et il y a la Belgique toute proche où j’allais faire la fête et écouter de la techno ! » Après sa période radio-cassettes sur lesquelles elle enregistrait ses chansons préférées, c’est grâce à Internet qu’elle s’est forgé une identité musicale en allant piocher « des choses plus profondes qui me plaisaient ». Puis elle a connu Reims et son vivier musical électro et s’est installée à Paris où elle a rencontré des gens sensibles à sa musique qui flirte avec les ambiances variétés. « Pour moi ce n’est pas un gros mot, souligne-t-elle. La variété est un genre populaire qui parle à tout le monde. »
Un registre aux influences eighties né de l’utilisation des synthés des années 1980 : « Une période audacieuse où l’on prenait plus de risques. » Un univers aux contours mélancoliques où se croisent des thèmes sombres comme la rupture ou la mort : « Ma mère travaillait en gériatrie et mon oncle est croque-mort ! (Rires.) On en parle souvent en famille. La mort n’est pas taboue, elle fait partie de la vie ! » Des chansons traversées par une énergie sentimentale et un romantisme revendiqué : « Sublimer le tragique, c’est ce qui me plaît le plus ! » sourit la chanteuse à découvrir le 14 mars à la Cigale, à Paris.
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