Jeanne Cherhal : « Je suis un peu une sauvageonne ! »


CHerhal1
Cherhal2
Cherhal3

La chanteuse sort Histoire de J. Un album entièrement composé au piano, reflet de sa vie, où « il est beaucoup question de féminité, d’amour, de filiation ».

Réservée dans la vie, Jeanne Cherhal n’a jamais craint de mettre à nu ses sentiments dans ses chansons. Après Charade, elle revient avec Histoire de J, 5e album dédié au sentiment amoureux. Un opus qui fait suite au disque Amoureuse, de Véronique Sanson, qu’elle avait magnifiquement revisité en 2012. Soit onze chansons qui font écho à la vie de la chanteuse nantaise, structurées autour du piano, appris dans son enfance. Histoire
de J est l’album d’une héroïne que l’on suit entre ballades intimes aux claviers et subtiles ambiances rock aux contours seventies. Un univers piano-voix qui va bien à Jeanne Cherhal, harmonieuse et gracile sur le fil de ses émotions, tour à tour romantique, mélancolique, fragile ou forte.

Doit-on voir dans Histoire de J le reflet de votre vie ?

Jeanne Cherhal. C’est un disque très autobiographique. Une histoire qui se déroule en onze chapitres. Chaque chanson est le reflet de la femme que je suis aujourd’hui à trente-cinq ans. Il est beaucoup question de féminité, d’amour, de filiation. Jusque-là, ma façon d’écrire des chansons d’amour s’accompagnait presque d’un second degré, d’une ironie. Je n’avais jamais encore écrit de chansons frontales sur l’amour. Peut-être parce que je n’avais pas assez de maturité. J’étais trop pudique par rapport à ce sentiment profond. Dans les thèmes de ce disque, il y a des choses que je ne pourrai jamais dire autrement qu’en chanson. Femme debout s’adresse à une femme forte dans les épreuves. Comme je t’attends est sur le désir d’un enfant. Cheval de feu est une chanson presque érotique, qui raconte un rapport sexuel d’une façon imagée. Il me serait impossible de parler comme ça dans la vie. Dans une chanson, ça défile, c’est un jeu presque (rires) !



Dans quelle mesure votre expérience du disque Amoureuse, de Véronique Sanson, a-t-elle influencé votre approche musicale d’aujourd’hui ?

Jeanne Cherchal. J’ai passé beaucoup de temps à travailler ce répertoire. Véronique Sanson est une pianiste hors pair, unique dans son jeu, son style. J’avais vraiment envie d’être au plus proche de ce qu’elle a composé. Je me suis attelée à un jeu de piano qui n’était pas forcément le mien au départ, à une technique d’arpège que je n’avais jamais expérimentée. Quand on joue ces morceaux et qu’on y prend du plaisir, forcément cela ouvre des portes.

Comment avez-vous vécu 
le fait d’écrire tout un album aux ambiances de piano-voix ?

Jeanne Cherhal. J’ai tellement aimé revenir à mon instrument par le projet Amoureuse de Véronique Sanson, que ça a été presque une jouissance de composer des parties musicales qui peuvent tenir toutes seules, sans chant. J’avais envie que mes parties piano soient très développées, même si j’ai dû beaucoup travailler pour que ce soit fluide.



Qu’aimez-vous du piano particulièrement ?

Jeanne Cherhal. Ce qui me plaît, c’est que ce soit d’abord un instrument de percussion très rythmique. Pendant longtemps, j’avais l’impression que c’était comme un combat. Maintenant, je me sens beaucoup plus en osmose, en harmonie avec mon instrument. Je suis autodidacte, un peu une sauvageonne (rires) ! Ma vraie école, ça a été l’album Sheller en solitaire, sorti quand j’avais douze-treize ans. Je m’amusais à le reprendre entièrement à l’oreille. Au départ, c’est le mimétisme qui m’a poussée à me mettre au piano. Je suis d’ailleurs hypercontente car je vais partager la même scène que William Sheller aux Francofolies de La Rochelle cet été. C’est quelqu’un que j’admire énormément.

 Album Histoire de J. chez Barclay. Tournée du 21 mars au 14 juillet, dont concert le 24 mars 
à La Cigale, Paris 18e.

Publicités