Le Printemps de Bourges change d’ère et souffle ses 40 bougies


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Les 40 ans du Printemps de Bourges par Victor Hache. Le festival fête son 40e anniversaire avec 125 artistes, une création originale et l’arrivée de son nouveau jeune directeur, Boris Vedel, qui voudrait faire évoluer la manifestation vers un événement pluridisciplinaire. Un regard neuf qui devrait permettre de redynamiser le Printemps.

Changer de patron est toujours une entreprise délicate. C’est ce que vit le Printemps de Bourges actuellement, en pleine transition avec le départ de Daniel Colling, fondateur du festival, qui a commencé à « passer la main depuis deux ans ». Figure historique de la manifestation, il a nommé, en juin 2015, Boris Vedel nouveau directeur de l’événement phare des musiques actuelles, qui, cette année, fête ses 40 ans. Vendu en 2013 au groupe C2G, filiale de Morgane Production, propriétaire des Francofolies dirigées par Gérard Pont, le festival envisage de se transformer car il a quelque peu vieilli. Non pas dans sa programmation, qui reste pertinente depuis ses débuts, toujours à l’affût des tendances du moment, mais au niveau de ses initiatives artistiques au sein de la cité berruyère. À 37 ans, Boris Vedel fourmille d’idées et voudrait faire du Printemps un « festival pluridisciplinaire qui investisse toute la ville ». Si la musique va rester le cœur et l’ADN du festival, il souhaite ouvrir ce dernier à d’autres formes d’expression artistique : « Pourquoi pas, confie-t-il, de l’art contemporain, de la vidéo, de l’audiovisuel, de l’art de la rue, de l’art pictural ? Le cocon du festival, les rues de la ville, devrait être mieux habillé, et il faut que ça reste gratuit. »

Un Printemps mieux inscrit dans son époque

En reprenant, en 2003, les Francofolies de La Rochelle, à la suite de Jean-Louis Foulquier, Gérard Pont et ses équipes avaient redynamisé le festival en le rendant plus moderne, plus confortable au niveau de l’accueil du public, des professionnels, en créant des scènes nouvelles et en faisant mieux vivre les rues de la cité rochelaise. Il semble que Boris Vedel, ancien directeur général du label indépendant Naïve, puis directeur de Morgan Events – société spécialisée dans la conception et la production d’événements culturels –, porte un même regard sur l’évolution du Printemps de Bourges, auquel il rêve de donner un nouveau visage afin que celui-ci soit mieux inscrit dans son époque, tout en gardant « son identité et ses valeurs qui ne doivent pas bouger ». « Les équipes sont les mêmes et le Printemps est sur des rails », souligne Daniel Colling, en charge de plusieurs événements liés au 40e anniversaire. « Maintenant, c’est à Boris de le faire évoluer et de continuer l’aventure du Printemps, dont il a compris l’identité. » Déjà, cette année, on verra plusieurs changements, comme l’installation de structures lumineuses sur l’espace du plateau d’Auron, aux abords et dans le W, le grand chapiteau où se produisent les têtes d’affiche avec une scène renforcée de deux écrans géants, qui permettront de mieux vivre les concerts.

Tout cela a un coût. D’où l’idée de développer les partenariats : « On a une quarantaine d’entreprises partenaires et on a quasiment doublé les ressources de mécénat cette année, précise Boris Vedel. Il y a encore beaucoup de potentiel. Il faut qu’on aille plus loin avec les acteurs locaux qui n’exploitent pas assez la vitrine du Printemps de Bourges. » Le festival, qui a conclu en 2011 un partenariat avec le Crédit mutuel – dont le logo figure sur son affiche –, est subventionné à hauteur de 30 % par les collectivités locales. « L’état des finances du pays, souligne Boris Vedel, ne permet pas d’espérer béatement que ça va aller mieux demain. Si on arrive à capter les aides des acteurs territoriaux privés, cela nous permettra de toujours investir pour que le festival ait une image d’avant-garde et de renforcer encore le projet culturel. » Un changement d’ère qui, l’année prochaine, devrait passer par une évolution de la place Seraucourt avec ses deux scènes gratuites et une foire que l’on voudrait voir « progresser ». « Il ne faut pas enlever le côté populaire. C’est ce qui fait son succès et j’y suis très attaché, mais ce sont souvent les mêmes stands. Il faut redynamiser ces espaces qui nous permettront d’offrir des choses originales ou jamais vues encore au Printemps. »

L’autre grand chantier porte sur le Réseau Printemps, l’outil national de repérage et de sélection des artistes découverts et programmés durant le festival dans le cadre des Inouïs : « En aval du festival, on a un programme qui marche très fort avec toujours plus de candidatures (3 300 dossiers cette année) et une optique donnée à l’émergence des artistes sélectionnés par nos antennes au long de l’année. Mais, une fois que le Printemps a lieu et primé deux lauréats, il faut que nous soyons capables de mieux les aider à se professionnaliser avec la tournée qui suit en octobre, mais aussi au travers d’autres actions, des concerts qui leur permettent d’être mieux exposés. »

Le Printemps de Bourges, du 12 au 17 avril : http://www.printemps-bourges.com/fr/accueil/bienvenue.html

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