Les Innocents, de nouveau complices, reprennent la route


innocents1Les Innocent- Quinze ans après sa séparation, le groupe à succès des années 1990 renaît sous la forme d’un duo emmené par JP Nataf et JC Urbain. 
Une nouvelle aventure pour les Innocents marquée par la sortie de l’album Mandarine et ses nombreuses perles pop à la Simon & Garfunkel.

Quinze ans après leur séparation, les Innocents ont retrouvé « le geste frère », comme ils le chantent dans leur nouveau single, les Philharmonies martiennes. Ils étaient cinq, ils ne sont plus que deux, JP Nataf et Jean-Christophe Urbain, guitaristes, chanteurs, compositeurs, à l’origine des plus grands succès du groupe. Les deux musiciens reviennent avec Mandarine, album composé d’élégantes ballades pop à écouter au coin du feu. Soit, dix chansons au registre guitare-voix portées par des artistes qui ne cachent pas leur plaisir de jouer à nouveau ensemble. On rappellera aux plus jeunes que les Innocents ont marqué durablement le paysage musical des années 1990 par leur style, inspiré de pop anglaise et de chansons teintées de liberté et de poésie, et qui donna naissance à des morceaux inscrits dans la mémoire collective (Un homme extraordinaire, l’Autre Finistère, Un monde parfait, Fous à lier ou Colore) : « On a toujours un peu disparu derrière nos chansons, confie JP Nataf. Je crois que les gens sont contents de notre retour sur scène parce qu’on arrive comme le Père Noël avec des chansons qui leur ont manqué, qui leur rappellent sans doute plein de souvenirs. Du coup, c’est très agréable pour nous et comme on n’a pas été des personnages publics, il n’y a pas de jugements. »

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Un public de privilégiés ravis d’assister à leur reformation

Après la séparation du groupe, JP s’est lancé dans une carrière solo, tandis que Jean-Christophe a suivi un chemin d’aventures musicales personnelles. On a mis les ego de côté et ils se sont retrouvés, en 2013, à jouer dans un bar de Montréal où, pour la première fois après la rupture du groupe, ils testaient leurs nouvelles chansons devant un public de privilégiés ravis d’assister à leur reformation. Depuis, ils ont enchaîné les concerts et on les a vus se produire notamment aux trois Francofolies (Montréal, La Rochelle et Spa), où chaque fois l’accueil du public fut particulièrement chaleureux. De quoi réjouir et donner confiance à JP et Jean-Christophe, lesquels jettent un regard lucide sur le passé des Innos, qui, depuis 1989, date de création du groupe, n’ont pas arrêté de remplir les salles, au détriment parfois de la complicité entre musiciens qui, elle, s’était quelque peu émoussée au fil des années passées ensemble : « À l’époque, on faisait les choses dans un couloir qui était celui de la carrière des Innocents, explique JC avec une part d’humilité, mais finalement, on n’était pas dans le relationnel. On était jeunes, on avait la tête dans le guidon. On s’amusait à jouer les frères ennemis pour se dire qu’on était un groupe. » Ils ont fait trois grosses tournées de 120 dates pour chaque album, attirant des milliers de fans, et ont été couronnés de trois victoires de la musique, en 1994, 1996 et 1997. Le succès a-t-il gâté les choses ? « Je ne pense pas, répond Jean-Christophe. On travaillait beaucoup, non pas pour avoir du succès, mais pour que nos chansons passent à a la radio. C’était l’objectif. On voulait qu’elles soient appréciées par tous, nos amis, nos parents, le public. » Et JP d’ajouter : « Cela a peut-être perturbé notre parcours parce que ça entraîne du stress. Je me rappelle que Jean-Christophe piquait des coups de gueule et moi, je voulais tout contrôler. On restait un jeune groupe un peu indomptable. Pour la maison de disques, on était chiants, on était perçus comme d’éternels adolescents. »

Exit le passé, place au présent et à Mandarine, dont les perles pop à la Simon & Garfunkel s’écoutent en boucle et font un bien fou. L’amusant est que leurs anciennes chansons, qu’ils reprennent sur scène, ont gardé toute leur fraîcheur, tandis que les nouvelles paraissent déjà familières. Un petit miracle dû au subtil travail d’arrangement, mais aussi à la complicité retrouvée des deux artistes, visiblement heureux de cette nouvelle aventure : « Auparavant, il y avait plus d’enjeux, observent-ils. Aujourd’hui, il y a plus de légèreté et, quand on monte sur scène, il n’y a pas d’angoisse, hormis ce bon vieux trac qu’on avait déjà à 20 ans. »

Album Mandarine, Jive Epic/Sony Music. Tournée à partir du 25 juin (place de la République, Paris, 11e), jusqu’au 16 décembre. Concert au Trianon, Paris 18e, le 2 novembre.
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