Printemps de Bourges : Divine Patti Smith à la Cathédrale de Bourges


Bourges, envoyé spécial. L’icône punk-rock américaine a donné un concert absolument magique empreint de ferveur et d’émotion sous la nef gothique de la cité berruyère.

C’est un pur moment de grâce qu’a offert Patti Smith mercredi soir à la cathédrale de Bourges. Un moment absolument magique où l’icône rock a donné un concert qui restera dans les annales comme l’un des plus beaux du festival. Devant un parterre de près de 1000 personnes, Patti Smith en veste bleue et jeans, coiffée d’un bonnet laissant apparaitre ses longs cheveux, est venue simplement accompagnée de son guitariste-pianiste Tony Shanahan.

Mains tendues vers le ciel, souriante, regard tourné vers la majestueuse voûte gothique, la chanteuse américaine paraissait visiblement heureuse de se produire dans ce cadre chargé de spiritualité : « Je ne suis pas croyante » avait-elle précisé dans l’après-midi lors d’une conférence de presse : « chanter dans une cathédrale, au-delà de toute connotation religieuse, cela signifie beaucoup. Je me dois d’être humble. Être dans un endroit où il y a tant de gens qui ont prié, sans que ce soit forcément vers Dieu, cela me fait quelque chose ».

 

Une expérience particulière pour Patti Smith qui a expliqué qu’elle ne prévoyait jamais les choses à l’avance, ni même les chansons qu’elle allait interprétait. Tout dépend de l’humeur, du cadre et des envies du moment : « Je vais sur les lieux du concert, je m’imprègne des gens et je décide de ce que je fais ».

La formule acoustique, guitare-piano-voix, était parfaite pour l’occasion. La chanteuse avait ainsi choisi un répertoire à la poésie intimiste aux contours mystiques en harmonie avec l’édifice religieux: « Pour moi, tout est connecté dit-elle, la spiritualité et la musique. On la retrouve partout. Que ce soit dans une église, une salle de concert ou dans un festival, ce n’est jamais facile, l’acoustique peut changer et les gens sont intimidés. Dans une église, il ne faut pas avoir d’être humain ».

Sous la nef, d’une voix puissante et chargée d’émotion, Patti ressemblait presque à une prêtresse rock évoquant, l’amour, Jésus-Christ ou son espoir d’un futur meilleur. Ses paroles sont des prières pour un monde plus humain où la nature également serait respectée : « Je pense qu’il est très important de sauver la planète. Nous devons garder ça en tête et travailler tous à la sauvegarde l’environnement ».

Un concert plein de ferveur et de souvenirs. La chanteuse a ainsi dédié plusieurs de ses chansons aux absents auxquels elles pensent très souvent. L’actrice Maria Schneider, son mari Fred « Sonic » Smith ou encore le chanteur Richie Havens qui vient de nous quitter pour lequel elle a interprété Here come the sun afin de « l’accompagner dans son long voyage ». Un spectacle d’une grande pureté émotionnelle où les mots de l’ancienne figure du mouvement punk-rock reflètent ses engagements. Après Pissing in a river et Because the night, elle a interprété People have the power devant un public conquis qui lui a accordé un standing ovation (1). L’avenir ? A 66 ans elle y pense, songeant peut-être à une vie plus paisible mais tout aussi créative : « J’ai des livres et des scripts à écrire, des expositions et des installations d’art à réaliser. Et quand je serai vieille, sourit-elle, je me vois bien au bord de la mer avec une chèvre et un chien, c’est mon rêve ».