Theo Lawrence aux racines du blues-soul


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Theo Lawrence aux racines du blues par Victor Hache. Voix de crooner et registre très love qui va droit au cœur, le chanteur de 21 ans est en train de se faire un nom grâce à un univers élégant inspiré de la musique du South-East des États-Unis.

Et soudain est apparu Theo Lawrence. C’était au 22, la petite salle de découvertes du Printemps de Bourges, en 2016, où nous l’avons vu pour la première fois. Cheveux gominés et look country, sous les lumières tamisées de lampions asiatiques, le chanteur et son groupe The Hearts évoluaient au sein d’un univers musical très élégant teinté de blues-rock et de soul américaine pour lesquels il craque depuis son adolescence : « Ça a été un coup de foudre, confie-t-il. C’est quelque chose qui m’a touché directement. Je n’ai pas eu une éducation religieuse, mais dans le blues ou le gospel, on sent une ferveur, une simplicité et un feu sacré. La country, la soul, toutes ces musiques qui viennent du sud-est des États-Unis, on ressent de la sincérité dans l’interprétation, les chansons, les textes, les histoires qui sont racontées. » Depuis, il a enchaîné les concerts aux Francofolies, à Rock en Seine, sorti un EP Sticky Icky, en attendant bientôt un premier album très attendu.Mère danseuse contemporaine, père acteur, le chanteur aux origines franco-canadiennes a souvent passé ses vacances à Montréal pour y voir sa famille : « J’adore me promener dans les parcs de cette ville où les gens sont chaleureux. Tout le monde se tutoie, s’entraide. Il n’y a pas la schizophrénie comme à Paris. On prend le temps de faire les choses, de se parler. »
Né en France, Theo Lawrence a grandi dans la banlieue sud de Paris, à Gentilly, où il s’est très tôt passionné pour la musique : « Quand j’étais au collège, ce qui me plaisait, c’était le rock psychédélique des années 1960, Grateful Dead, Jefferson Airplane, Jimi Hendrix, Les Stones. Au lycée, c’est les White Stripes qui m’ont vraiment fichu une claque. Puis, vers mes 16-17 ans, je me suis moins intéressé au rock des années 1960 et actuel, pour me concentrer sur les racines de cette musique et j’ai développé une obsession pour le blues du delta du Mississippi, la country, le gospel. »À 21 ans, il possède une voix de crooner étonnante pour un chanteur aussi jeune : « Je n’ai jamais essayé de prendre une autre voix que celle que j’ai naturellement, sourit-il. Les premières chansons que j’ai aimé interpréter c’était Aretha Franklin parce qu’elles correspondaient à mon spectre vocal qui était plus aigu. Après, j’ai découvert Elvis Presley, Johnny Cash, Otis Redding qui m’a vraiment embarqué, Joe Tex qui me touche beaucoup. » D’où un registre très love chanté en anglais qui va droit au cœur, sans être pour autant dans l’imitation du style de ses aînés : « J’essaie toujours d’y mettre une dose de sincérité. L’une des règles du blues et de la soul, c’est que ça touche les gens. Le plus dur est de se détacher des références. Je pense que ça vient en s’amusant sur scène. » C’est là qu’il commence de plus en plus à s’imposer, à se faire un nom et à se construire un public friand comme lui de musiques vintage, alors que tout aujourd’hui n’est qu’électro, hip-hop ou pop-rock : « Ce n’est pas étonnant que les jeunes soient attirés par la soul et le blues dans la mesure où, grâce à Internet, on a accès à toutes les époques. »
À travers son répertoire, c’est toute la généalogie américaine qui se dessine, celle du South-East des États-Unis qui le fait rêver : « Le Mississippi, la Louisiane, le Tennessee, l’Arkansas aussi que j’aimerais bien visiter… » Enfin, il y a les projets à venir, l’album bien sûr qu’il a hâte de voir sortir et déjà des envies de collaborations artistiques qu’il imagine avec des musiciens américains tels Dan Auerbach, Matthew E. White ou Anderson Paak. Le début d’une carrière plus que prometteuse.Concerts le 5 mars au Mondial du tatouage à Paris, Grande Halle de la Villette.
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