Vincent Delerm, chroniqueur de nos vies sentimentales


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Cinq ans après Quinze Chansons, le chanteur revient avec les Amants parallèles. Un album au parfum de cinéma où il s’interroge sur la vie de couple.

Vincent Delerm n’est pas ce qu’on appelle un chanteur à voix. Adepte d’un chanté-parlé narratif, il aime se situer à la frontière de la musique, de la littérature et du cinéma. Son nouvel album, les Amants parallèles, a des allures de chronique du temps présent où Delerm pose un regard attendri et sans illusion sur le couple. Ce pourrait être la BO d’un film mettant en lumière la rencontre d’un garçon et d’une fille, dont on suit les étapes sentimentales, façon pour le chanteur de poser la question de la vie à deux : « Dans ce disque-là, il y a un minimum d’attention à apporter à la première écoute pour suivre l’histoire. Un effort presque littéraire à faire de la part des gens, confie Vincent Delerm. Les Amants parallèles, c’est cette étrangeté du principe du couple, des personnes qui se mettent ensemble, commencent à se connaître et qui, en même temps, restent étrangères. C’est une façon de s’aimer aujourd’hui, sans l’illusion, le fantasme de ne former qu’un. »

Un registre tout en retenue et mélancolie

Dans Memory, aux Bouffes du Nord, il avait voulu un spectacle musical et théâtral. Il y jouait le rôle de Simon, personnage lunaire qui rêvait d’arrêter le temps qui nous échappe. Un spectacle monté comme une pièce de théâtre où les claviers étaient déjà présents. Cette fois, Delerm va plus loin avec un album sans guitare, basse, batterie, dont les ambiances sonores reposent sur l’utilisation de deux pianos, dont un spécialement « préparé » qui a permis toutes sortes de subtils bruitages : « C’était important de décaler les choses, souligne-il. Le fond de ce que l’on a à dire est toujours un peu le même. Il faut évoluer dans les formats et dans la manière de raconter. » Un écrin pianistique qui ajoute aux sonorités acoustiques d’un registre tout en retenue et mélancolie : « J’ai une pulsation naturelle assez lente, reconnaît-il. Je pourrais la faire grimper de quinze points dans le tempo mais, du coup, j’y perdrais dans ce que j’ai à dire. » Résultat, un disque « qui groove dans la lenteur » : « C’est ça aussi qui ajoute à l’impression de musique de film. Il fallait qu’elle avance tout le temps avec cette idée du trajet, que la musique joue le rôle de train. »

Vincent Delerm aime les demi-silences, les chansons où les sentiments se révèlent en creux. Une manière pudique et sensible d’explorer les territoires de l’intime qui fait de lui un chanteur à part depuis ses débuts en 2002.

Cinq ans après Quinze Chansons, il s’apprête à repartir en tournée. Un retour très attendu où il sera seul en scène : « Sur Memory, mon personnage m’empêchait de m’adresser aux gens. Là, j’aimerais quelque chose d’épuré, que les chansons soient plus au centre. J’ai fait pas mal de piano-voix dans mes deux premiers albums, ensuite j’ai joué avec des musiciens. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été seul. L’idée est de revenir aux choses simples. »

Album les Amants parallèles, chez Tôt ou tard. Concerts du 4 au 29 mars, Théâtre Dejazet, Paris 3e.
 Tél. : 01 48 87 52 55.

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