Les bonnes vibrations de Talisco


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Jérôme Amandi, leader de Talisco partout en France à l’occasion d’une grande tournée. Yann Orhan

Talisco, album Capitol Vision par Victor Hache. Trois ans après Run, le groupe sort Capitol Vision. Un album électro-rock lumineux inspiré d’un récent voyage à Los Angeles.

 

Jérôme Amandi, plus connu sous son nom de scène Talisco, est originaire de Bordeaux. Passé par le conservatoire, il a d’abord été dans la communication avant de se lancer dans la musique, qu’il pratique depuis son adolescence. N’écoutant que son instinct, il a voulu mettre ses projets professionnels en stand-by pour tenter l’aventure et laisser parler sa passion pour la musique. En 2013, il s’est fait remarquer avec le single Your Wish, extrait de son premier EP, My Home, paru sous le label indépendant Roy Music.Depuis, les choses se sont enchaînées pour le leader de Talisco, qui a commencé à connaître le succès public avec Run, son premier album (2014), avec lequel il n’a pas arrêté de tourner dans les plus grands festivals, évoquant déjà le désir d’un nouveau départ pour découvrir le monde. Une démarche qu’il concrétise aujourd’hui avec la sortie de Capitol Vision, un disque imaginé comme la bande-son d’un récent voyage à Los Angeles, qui a changé son regard sur son approche de la musique : « C’est un album plus brut que le précédent, analyse-t-il, car je raconte des histoires que j’ai réellement vécues. Il n’y a pas de fantasme, de personnage de fiction, de faux Talisco, c’est ma réalité. » Celle d’un artiste qui, du haut des collines de Mulholland Drive, a observé les lumières de la cité des anges. Il en rapporte des ambiances électro-rock puissantes, entêtantes et sensibles, conçues comme une fresque sonore, traduisant la modernité d’une ville dense, inquiétante et séduisante à qui il dédie le morceau d’ouverture : A Kiss From L. A.
S’affranchissant du cliché du rêve américain désormais passablement écorné depuis l’élection de Trump, il s’est laissé gagner par ses impressions urbaines, aujourd’hui gravées dans une musique lumineuse aux thèmes parfois mélancoliques, comme dans le morceau Sitting With the Braves, aux influences plus sombres.Onze morceaux en tout (Before the Dawn, Stay Before The Picture Fades, The Martian Man, Behind the River, The Race…), aux sons triturés mêlant transe psyché, riffs de guitares rock et nappes de synthés. Un univers plus radical aux mélodies hypnotiques et dansantes qui ne manquera pas de faire bouger les foules : « J’ai mis mes sons un peu plus à nu, explique Talisco, et utilisé beaucoup plus de samples que j’ai explosés dans tous les sens, bien plus que sur Run, pour un rendu plus frontal, plus animal. »Des morceaux composés en tournée ou dans son home studio à Paris, où il vit depuis quelques années, qui laissent place aux arrangements instrumentaux sur lesquels vient se greffer la voix aérienne de cet amoureux des grands espaces.
Une manière de voyager, de prendre de la hauteur pour mieux s’extraire d’un quotidien qu’il juge beaucoup trop terrestre (The Martian Man) : « Capitol Vision est né d’une volonté d’être entier, je n’avais pas envie d’être poli », sourit-il. Un style fédérateur qui met tout le monde d’accord, allant jusqu’à séduire une grande marque de téléphonie, qui ne s’est pas privée d’utiliser un de ses premiers succès, The Keys, dans une pub pour la télé. De quoi donner des ailes à Talisco, que l’on retrouvera en live partout en France à l’occasion d’une grande tournée qui le mènera notamment au Printemps de Bourges, le 21 avril, et à l’Élysée Montmartre à Paris, le 1er juin.Album Capitol Vision, label Roy Music.
Album Capitol Vision, label Roy Music. Tournée jusqu’au 8 juillet.