Gérard Pont : «Les Francofolies rassemblent plus que jamais les gens autour de la chanson»


Francos1Les Francofolies fêtent leur 30ème anniversaire. Le festival a-t-il fondamentalement changé depuis sa création en 1985?

Gérard Pont : Je trouve que les Francofolies n’ont pas tellement changé en fait. Elles sont toujours entre les tours de La Rochelle, à Saint-Jean d’Acre et plus que jamais elles rassemblent les gens autour de la chanson. On va faire une année probablement historique en matière de fréquentation. Les têtes d’affiche s’appellent Higelin, Sheller, Lavilliers, et on a aussi Stromae, Casseurs Flowters, Shaka Ponk et beaucoup d’autres. Jean-Louis Foulquier aimait dire que «les ghettos c’est une affaire de spécialistes». On reste autour des mêmes valeurs d’un festival de qualité, rock n’roll, familial.

Est-ce évident de se renouveler après 30 ans d’existence?

Gérard Pont : Il y a d’abord la chanson qui se renouvelle. On a 42 jeunes talents qui vont faire leurs premières Francos cette année. Mais on respecte aussi le patrimoine, l’histoire. Je suis ravi d’avoir des gens aussi différents que Nilda Fernandez, Jean-Louis Murat, Charlélie Couture ou Michel Jonasz. Le festival, c’est ce mélange-là. On s’est beaucoup renouvelé dans l’accueil du public. Parce que quand Foulquier a commencé dans les années 1985/86, il y avait peu de festivals en France, la concurrence était moins dure et le public moins exigeant. On essaie d’avoir un son de qualité, de belles lumières, des créations originales. On s’est battu pour des tarifs SNCF, des prix de places accessibles à tous. La soirée d’ouverture est à 5 euros, il y aura plus de 30 artistes ! Je voulais ainsi qu’à l’occasion des 30 ans des Francos, on remercie la fidélité renouvelée du public. Un festival n’est rien sans son public.

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Vous avez imaginé un spectacle d’ouverture «La nuit des copains ». Comment va se dérouler cette soirée anniversaire des Francofolies et hommage à Jean-Louis Foulquier?

Gérard Pont : C’est une soirée anniversaire qu’on a voulu baptiser «Les copains d’abord» parce que ça reflète bien l’esprit de Foulquier qui était entouré d’une bande de potes. C’était un artiste. Il avait avec ces derniers une relation de copain, de famille. Quand on regarde les archives, on s’aperçoit qu’Higelin pouvait venir trois ou quatre années de suite, il a même joué deux fois consécutives à Saint-Jean d’Acre ! Je trouvais que c’était bien d’avoir non seulement sa famille musicale, Véronique Sanson, Thiéfaine, Higelin, Lavilliers, Souchon, Voulzy, tous ces artistes qu’il a accompagnés, portés et aussi la jeune génération qui voulait être là, même si ils l’ont moins connu. Je pense à Zaz, Julien Doré, Christophe Willem et à la génération intermédiaire, Yannick Noah, Jean-Louis Aubert, Miossec etc… La soirée va débuter par un concert de Bernard Lavilliers. Ensuite il y aura un concert de Jacques Higelin qui a invité des artistes comme Camille, Miossec, Kent et d’autres. Vers 22 heures quand la lumière du jour sera tombée, aura lieu un grand concert de 2h30 où 30 artistes chanteront 30 chansons liées à l’histoire des 30 ans des Francofolies. Il y aura aussi quelques duos, trios, chorales et la soirée sera présentée par Omar Sy. Pendant les changements, on projettera les grands moments d’archives des trente dernières années des Francos.

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Quels sont les autres moments forts ?

Gérard Pont : La création de Julien Doré qui va reprendre l’album d’Etienne Daho «La Notte, la Notte». Dick Annegarn va fêter ses 40 ans de carrière. C’est vraiment un artiste hors du commun et pour moi, c’est d’autant plus touchant que c’est le premier concert que j’ai jamais organisé de ma vie en 1977 ! Il va y avoir Miossec qui fêtera ses vingt ans de carrière. Pour moi c’est aussi touchant parce qu’il est de Brest (comme Gérard Pont NDLR !), qu’il a travaillé à Morgane (Société de productions audiovisuelles dirigée par Gérard Pont). La reformation des Innocents, le concert de William Sheller, ça va être également des moments forts.

Qu’est-ce qu’il ne faudra pas manquer côté «découvertes» ?

Gérard Pont : Il y en a plein comme Jabberwocky, Natalia Doco, Klô Pelgag, Christine and the Queens…



Après dix ans à la tête du festival, quel est votre plus beau souvenir ?

Gérard Pont : La première année, ça été une grande émotion. Ça me paraissait énorme de succéder à Foulquier. Je me souviens avoir pleuré comme une madeleine quand le festival était terminé et que ça avait été un succès. Artistiquement, le concert d’Alain Bashung (2008) restera pour moi un des moments les plus chargés en émotion. Saint-Jean d’Acre était une cathédrale ce soir-là, avec une densité dans l’air absolument incroyable.

Francofolies de la Rochelle, du 10 au 14 juillet. http://www.francofolies.fr/

(1) Concert « Les copains d’abord », à partir de 18 heures, 10 juillet scène Saint-Jean d’Acre

Une nouvelle histoire pour les Francofolies

Après dix ans à la tête des Francofolies Gérard Pont va se retirer se retirer des ses fonctions de directeur artistique du festival «Je vais prendre de la hauteur !» : «Je reste capitaine, mais je ne serai plus à la manœuvre» nous explique ce Breton originaire de Brest. Il restera président du festival et devrait annoncer la nomination de son successeur à la direction artistique lors de la conférence bilan du festival : «Je pense que c’est bien de faire cette dernière édition-là dans le plus de sérénité».

C’est une nouvelle histoire qui va commencer pour les Francofolies fondées en 1985 par Jean-Louis Foulquier, dont il a pris la succession en 2004 : «J’avais la figure tutélaire au-dessus de moi, je ne pouvais pas faire mieux que Foulquier!» sourit Gérard dont l’action, au début, a souvent été comparée à celle du créateur des Francos. Ravi d’avoir «continué l’œuvre de Foulquier», Pont est heureux d’avoir avec l’équipe actuelle des Francos, soutenu et repéré des artistes comme Christine and The Queens, Rover, François and the Atlas Montains, L, Zaz, Merlot, Lisa Portelli : «Depuis dix ans, tous les artistes qui sont passés au Chantier des Francos, vivent de leur travail, sont devenus des professionnels. Je suis heureux qu’on les ait aidés à prendre leur envol et à lancer leur carrière». V.H

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Isabelle Boulay: « Il y avait chez Reggiani un côté sentimental »


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La chanteuse québécoise Isabelle Boulay revient avec « Merci Serge Reggiani ». Un album hommage à «l’Italien» qui nous a quittés il y a dix ans, où elle revisite ses plus belles chansons.

Pourquoi avoir tenu à baptiser votre album merci à Serge Reggiani?

Isabelle Boulay. Je voulais un geste de reconnaissance de ma part à l’égard de l’artiste. Il est devenu un modèle pour moi bien avant que je le rencontre en 2003. La première fois que j’ai entendu ses chansons, j’avais seize ans. Ses textes, sa façon de livrer les chansons, je me suis dit : « Quel interprète ! » Quand j’ai découvert son univers, c’est comme si j’avais enfin rencontré quelqu’un capable de tuer ma solitude, comme si j’avais trouvé un compagnon. Sa voix, ses chansons, c’était comme des compagnes. Il y a deux voix qui m’ont fait cet effet, la voix de Piaf et celle de Reggiani. Pour moi, ça a été les deux plus grands interprètes de la chanson française.

Vous donnez l’impression d’être très sensible à la chanson réaliste…

Isabelle Boulay. C’est drôle parce que même quand je fais de la chanson country, c’est aussi de la chanson réaliste. Ma tante et ma grand-mère écoutaient de la musique country. Le samedi soir, c’était presque une messe. On était tous autour de la radio parce qu’il y avait une émission consacrée à la country dans ma région, au Québec. Quand mes parents tenaient leur bar-restaurant, c’était aussi la musique que les gens venaient jouer. Et à côté de ça, il y avait ma mère qui écoutait de la grande chanson française, de la variété. On m’a souvent considérée comme une chanteuse à voix mais, en même temps, je me suis toujours sentie comme une chanteuse réaliste. Je peux donner de la voix, mais ce n’est pas ce qui me fait vibrer. Ce qui m’intéresse, c’est de servir un texte, de chercher l’émotion et le ton juste plutôt que faire de la démonstration vocale.

Qu’est-ce qui vous séduit dans l’univers de Reggiani ?

Isabelle Boulay. J’aime le côté charnel de ses textes. J’ai choisi la période de la Dolce Vita, dont la particularité est que ce sont des chansons d’homme. C’est toute la tendresse qui émane d’elles. Je voulais des chansons que j’étais capable de reconnaître dans ma chair, dans ma réalité de femme, même si elles étaient au masculin. Il y avait dans ses chansons tout un côté sentimental, sans tomber dans le sentimentalisme, beaucoup d’affection. Elles sont vivantes, comme si on passait un film, et les musiques sont sublimes aussi. Ce sont des trésors de chansons. C’est presque comme un cadeau que je me suis fait. C’est la première fois de ma vie que j’ose dire que je me suis lancée dans cette aventure pour les autres, mais aussi pour moi.

Interpréter un registre masculin a-t-il représenté un challenge particulier pour vous ?

Isabelle Boulay. Je passe beaucoup de temps avec les hommes, plus souvent qu’avec des femmes, même si leur présence a beaucoup compté dans ma vie. J’ai été élevée dans un bar-restaurant, et ce sont surtout les hommes qui fréquentaient l’établissement. Je les ai vus souffrir très tôt. C’est imprégné en moi. Il y a encore du mystère chez les hommes, mais je les connais assez bien pour faire presque partie d’eux. Ils se livrent beaucoup plus à travers les chansons ou la musique que dans la vie, parce qu’ils trouvent un espace légitime pour exprimer leur sensibilité. Dans tous les êtres humains, il y a de la féminité et de la virilité. Serge Reggiani en était un des plus beaux exemples.

Comment expliquez-vous que ses chansons restent intemporelles ?

Isabelle Boulay. C’est parce qu’elles puisent dans le sel de la vie. Dans l’histoire de l’humanité, il y a des amours, des trahisons, des amitiés, des deuils. Ce sont des thèmes et des sentiments qu’on retrouve dans les chansons de Reggiani, qui ont un caractère universel. Une chanson comme l’Absence parle à tout le monde. C’est très cinématographique, un peu comme les films de Godard, de Sautet, qui sont en dehors du temps. Ma fille, l’Italien, Il suffirait de presque rien, ce sont des chansons merveilleuses à interpréter. C’est exigeant parce que ça demande de la justesse de ton. C’est physique, mais c’est très agréable.

À écouter et à lire
Serge Reggiani reste un modèle d’inspiration pour Isabelle Boulay, qui livre ici une interprétation tout en tendresse et émotion du répertoire du chanteur qui nous a quittés le 23 juillet 2004. Également disponible la réédition d’Autour de Serge Reggiani. Un double CD paru en 2002 chez Polydor, réunissant quinze de ses chansons revisitées par quinze artistes (Renaud, Maxime Le Forestier…). Lire aussi Serge Reggiani, l’acteur de la chanson, biographie (Fayard) signée Daniel Pantchenko qui retrace le parcours de l’artiste et de l’homme.

Album Merci Serge Reggiani, chez Polydor. Spectacle le 8 décembre, Théâtre 
de la Porte-Saint-Martin, Paris 10e. 
Tél. : 01 42 08 00 32.

Cyril Mokaiesh : «Il faut qu’il y ait du souffle dans ma vie» (L’amour qui s’invente)


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Il y a du souffle et du romantisme chez Cyril Mokaiesh. Un engagement poétique empreint d’une écriture aux contours littéraires qui font de l’auteur de la chanson «Communiste», un artiste au talent rare dans le paysage des musiques actuelles.Après « Du rouge et des passions », le chanteur revient avec «L’amour qui s’invente». Un album aux sentiments amoureux et voyageurs écrit à Buenos Aires sorti chez Mercury dont il m’avait parlé au moment de son concert au Théâtre de l’Atelier, à Paris en janvier.

Cyril Mokaiesh, depuis ses débuts en 2010, carbure aux sentiments, plein de romantisme et d’exaltation, en équilibre sur le fil de ses émotions. À vingt-huit ans, il est un des rares chanteurs de sa génération à exprimer avec fougue ce qu’il ressent de l’existence. Il force un peu trop sa voix parfois. Et alors ? Il fonctionne aux élans du cœur, qui sont, confie-t-il, « une forme d’émotion à vif » : « C’est Cocteau qui disait que les gens ont peur des profondeurs dangereuses et succombent plus facilement à la supercherie des sentiments. La prudence, cela m’est finalement étranger. Si je veux mettre du souffle dans ce que je fais, il faut qu’il y ait du souffle dans ma vie. » Bien sûr, il lui arrive de douter, surtout le jour, qui souvent laisse place aux questions existentielles. D’où cette chanson, la Nuit, extraite de son nouvel album L’amour qui s’invente ; la nuit où il se sent revivre, prêt de nouveau à rêver : «J’crains plus l’avenir / Je peins la vie comme ça me chante. » : «Quand on fait un métier de chanteur, on cherche un certain dérèglement des sens. La nuit c’est l’imaginaire, comme une revanche sur le jour. On peut s’inventer un personnage. Intérieurement, je me sens plus libéré.»

Cyril Mokaiesh avait magnifiquement surpris son monde en 2012 en sortant l’album Du rouge et des passions, où résonnait le titre Communiste, interprété dans le clip, drapeau rouge en main. Il y avait déjà du souffle, un engagement poétique, une écriture ciselée de facture classique très littéraire, rare dans le paysage des musiques actuelles, et des envies d’un monde meilleur. Tout comme dans Des jours inouïs dont les paroles traduisaient l’époque et son isolement : «C’est par où qu’on se marre ?» chantait-il. Avec L’amour qui s’invente, l’émotion est de nouveau là, les mots toujours percutants, dans un style moins emphatique, tourné vers le sentiment amoureux : «C’est un album où je parle plus facilement à la première personne alors qu’avant j’utilisais plus le “nous” ou le “on”. Il y a sans doute quelque chose de plus introspectif. J’ai essayé de décortiquer tous les états amoureux que j’ai pu rencontrer.» À l’image de la Demande, une chanson où il déclare sa flamme à son amie Juliette : «C’est vrai que j’ai demandé en mariage ma copine, sourit-il. Je suis au plus près de ce que je vis !»

«J’ai envie d’être acteur de ma génération »

Après la tournée Du rouge et des passions, il a ressenti le besoin de faire un break. Il est parti pour l’Argentine afin de se ressourcer : «Il fallait que je retrouve le calme et l’harmonie. Je me sentais à l’étroit dans mon quotidien à Paris. Je voulais consacrer cette année à l’écriture car j’ai besoin de vivre des choses pour raconter, les digérer et en faire des chansons. Cela a été une libération que de me dire : je prends mon sac, un billet d’avion et je vais à l’aventure.» Il lisait Borges, Machado, Neruda, «une poésie plutôt latine» qui attisa son désir de partir pour l’Argentine où il est resté presque trois mois. Il a acheté une guitare là-bas et a aussitôt écrit une chanson sur Buenos Aires : «Une ville dont je garde un souvenir énorme, où j’ai tout de suite senti que j’étais bien accueilli. Aller de nulle part à nulle part, être sans cesse dans mon projet de création, j’avais le sentiment d’une liberté totale.» Un voyage qui lui a permis de se réinventer et de livrer des chansons chargées de sens comme Ô jeunesse, qui fait écho à Mon Époque, de son précédent opus : «Dans cette chanson j’essaie de dire à la jeunesse que je l’aime. Parfois, j’aimerais qu’elle écrive un peu plus l’Histoire. On est à un carrefour et plein de choses sont possibles. J’ai envie d’être acteur de ma génération, et qu’elle soit actrice de l’avenir qu’elle veut. Qu’elle soit consciente du pouvoir qu’elle a.» La passion et l’engagement toujours…



Concert: le 16 juin à la Cigale, 120 bd de Rochechouart Paris 18. Tel: 0142231515

Stromae «Formidable» au Printemps de Bourges !


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Sromae4Le chanteur belge a donné mardi 22 avril le coup d’envoi du printemps de Bourges par un concert très festif. Il a enflammé le public qui n’aurait manqué pour rien au monde sa prestation sous le chapiteau W, la plus grande salle du festival. Une première pour Stromae en tant que tête d’affiche au Printemps de Bourges.

Stromae n’a eu aucun mal à remplir le W, (6500 personnes) pour sa première venue au Printemps de Bourges. L’occasion pour le chanteur belge de transformer le chapiteau en vaste dancefloor, auquel a participé un large public, réunissant toutes les générations, des enfants aux sexagénaires. Un show très festif teinté de mélancolie, à l’image du tempérament de Stromae qui a interprété sur fond de décors et de lumières graphiques, les chansons de ses deux albums (Cheese  et Racine Carrée): La Fête,  Quand c’est ?, Tous les mêmes, Silence, Moule Frites et bien sûr Alors on  danse, Formidable ou encore Papaoutai.

Victime de son succès, Stromae est tellement populaire qu’il n’arrive plus à satisfaire toutes les demandes d’interview. Afin de ne frustrer personne, juste avant son concert au W, il a donné une conférence de presse qui pouvait s’apparenter à celle d’un homme politique. Stromae, qui s’est excusé « pour le caractère peu personnel de ce genre d’événement » s’est prêté au jeu des questions-réponses, avec humour et gentillesse. Extraits :

-Contrôle de son image : «Je ne suis pas tout seul, loin de là. En l’occurrence on parle directement d’Universal puisque c’est eux qui s’occupent de la promotion. Nous travaillons en  corrélation. On essaie d’être le plus impliqués et son se fait confiance mutuellement. Comment on contrôle son image ? Eh bien, quand ça devient trop, on essaie d’aller ailleurs. Il n’y a pas vraiment de règle. Cela débouche souvent sur des compromis».

-Les festivals: « Je ne les connaissais pas très bien avant de faire la tournée du premier album. C’est à là que j’ai commencé à connaître surtout les festivals français. Forcément, c’était un peu difficile de passer à côté du Printemps de Bourges. C’est un festival assez connu en Belgique. Sinon, moi, je n’ai jamais été très festival à la base, parce ce que je sortais beaucoup en boite de nuit ! (rires) Après, je me suis rendu que c’était tout aussi chouette que d’aller en club,  un festival. Mais ce qui me faisait surtout peur à l’époque, c’était la boue, la saleté ! (rires). Rentrer chez moi avec de la boue jusqu’au genou, c’était un truc que je pouvais  imaginer mais que je ne voulais pas vivre. Ensuite, on s’y fait parce qu’on se rend compte que des fois, il y a du soleil aussi ! (rires) ».

-Pas d’album en anglais: « Il faut garder ce patchwork de différentes langues. C’est ce qui est enrichissant. Même si l’anglais a  souvent cette image internationale, je pense que c’est très nocif de vouloir résumer la musique à une langue. Peut-être qu’un jour  je ferai un album en anglais mais s’il n’y a pas de réelle sincérité, spontanéité, si c’est juste l’ambition internationale, pour moi ce n’est pas des raisons qui me pousseraient à écrire en anglais.»

-Le Printemps de Bourges « C’est mon premier vrai Printemps de  Bourges dans le sens où je suis vraiment  dans le festival. J’étais déjà venu sur un plateau de France 4 dans le cadre du Printemps sur la scène Région Centre. C’est un comme une première. Je me sens un peu stressé avec les premiers festivals de cette tournée. C’est nouveau et comme tout ce qui est nouveau, ça fait un petit peu peur. »

-Le succès: «Je crois qu’on n’est jamais arrivé. Le jour où on croit qu’on est arrivé, c’est le début de la fin. J’espère que je garderai ça bien en tête. J’espère continuer à faire ce métier avec passion et avec autant de sincérité que j’ai essayé de le faire jusqu’ici. J’aime toujours chanter, être sur scène. Des fois, je suis un peu fatigué, c’est un nouveau danger que je découvre. Parfois la fatigue peut faire passer à  côté de plein de choses. Il faut juste un peu se réserver de temps en temps. » Le métier d’artiste: «J’ai envie de dédramatiser. Je préfère m’appeler artisan. Star, artiste… toutes ces appellations, je trouve qu’elles pètent un peu plus haut que leur derrière. Notre métier est moins utile que le boulot d’un boulanger, d’un gars de sécu, d’un fermier. Notre métier est encore moins important que celui  de n’importe qui. C’est sans aucune  fausse modestie, c’est complètement sincère. Cela m’aide à me soigner au quotidien. »

-Sa marionnette aux Guignols et sa statue au musée Grévin: «Les deux sont drôles, mais je ne sais pas si ce sont des consécrations, ça fait bizarre ».

-La scène: « J’essaie d’avoir  un œil sur tout, même si je ne fais pas tout. Il n’y a pas de scénographe. On a écrit des chansons avec une suite plus ou moins logique, des tableaux, en essayant de garder une cohérence entre les morceaux. Avec la maquette du spectacle, on a regardé les écrans, la disposition de chaque décor pour voir l’échelle pour voir si c’était raisonnable, trop ou trop  peu. A quel moment on commence à  devenir un peu trop mégalo. Ce n’est pas parce qu’il y a succès qu’il faut déployer tous les effets spéciaux. Il faut essayer de garder le juste milieu. Il y a l’aspect graphique, épuré, minimaliste. Je garde constamment à l’idée Kraftwerk. Et il y a la danse. J’ai rencontré Marion Motin, une super chorégraphe qui m’a montré que ce qu’on pouvait aimer dans la danse, c’était la sincérité. Ne pas être dans la performance et dans la frime, mais essayer d’exprimer des choses avec son corps. Des choses qui m’ont permis de me familiariser avec la danse. »

-Toutes les générations dans son public : « C’est le plus beau compliment d’avoir des gens qui sont complètement différents de ce qu’on peut imaginer. On s’imagine toujours avoir soit des gens plus jeunes, soit des gens de son âge. J’avoue que le plus beaucoup compliment c’est d’avoir quelqu’un de super âgé, qui fait deux fois son âge. C’est un honneur. »

-Son morceau préféré : «Moule frites», parce que c’est peut-être le moins premier degré. C’est un peu difficile de se prendre au sérieux. Je crois que c’est le morceau qui me représente le mieux en ce moment. »

Lire aussi::
http://www.humanite.fr/le-printemps-et-les-francofolies-font-cause-commune-pour-une-nouvelle-histoire-du-festival-521358
http://www.humanite.fr/catherine-ringer-le-tango-ca-swingue-ca-tangue-521367
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