Pétition créateurs de musique. 500 artistes s’engagent pour la défense de l’exception culturelle


Aznavour

Les artistes de la musique se mobilisent pour préserver l’exception culturelle menacée.

Jamais la filière musicale et les artistes ne se seront autant mobilisés. 48 heures après sa mise en ligne sur le site de la Sacem, 500 auteurs, compositeurs, interprètes, éditeurs de musique, ont déjà signé un appel pour la défense de l’exception culturelle dans le cadre de l’accord libre-échange avec les États-Unis.
Zaz

Une pétition pour alerter et souligner que l’exception culturelle est de nouveau menacée. Parmi les signataires, on trouve les noms de nombreux chanteurs dont Charles Aznavour, Zaz, Orelsan, Marianne Faithfull, Alain Souchon, Julien Clerc, Arthur H, Thomas Dutronc, Nolwenn Leroy, Grand Corps Malade, Maxime Le Forestier, Francis Cabrel, Renaud, Zazie, Oxmo Puccino, Paolo Conte, Jean-Michel Jarre, Nikola Sirkis (Indochine) ou de compositeurs de musique de films, Ennio Morricone, Alexandre Desplat, Bruno Coulais, Jean-Claude Petit…
ArhurH

Pour eux, l’exception culturelle n’est pas négociable. Il faut préserver « les dispositifs nationaux et européens de soutien et de régulation de nos politiques culturelles ». Pour le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, il « s’agit d’un enjeu majeur et d’un combat positif ».

JNTronc (Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem)

Les créateurs et artistes de la musique veulent que les chefs d’État et de gouvernement européens se prononcent le 14 juin pour « l’exclusion définitive des services audiovisuels et culturels des négociations transatlantiques ». Ils soulignent qu’il est « crucial que l’Union européenne se positionne fermement et clairement en faveur de l’exclusion de ces services » lors des discussions commerciales, cet été, avec les États-Unis.

Orelsan
Ils demandent avec force « la reconnaissance d’un statut spécifique aux œuvres de l’esprit ». Un combat qu’ils entendent mener jusqu’au bout car, disent-ils, « le risque de voir la culture considérée comme n’importe quelle marchandise fait sa réapparition ».
Zazie

 

Liste des signataires sur www.sacem.fr et www.touspourlamusique

 

Les 500 artistes signataires:
http://www.humanite.fr/sites/default/files/pdf/2013/pour_diffusion__fichier_completsignatairespetitionau10062013__2_.pdf

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Mission Lescure: L’exception culturelle face au défi du numérique


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La mission Lescure a remis lundi 13 mai au gouvernement et à la ministre de la Culture un rapport de 400 pages. Parmi les mesures proposées, la taxation des Smartphone, la suppression de l’Hadopi et de la coupure Internet.

Un pavé de près de 400 pages, de 2,3 kg ! Après neuf mois de travail, la mission Lescure a remis lundi 13 mai au gouvernement le rapport « Acte 2 de l’exception culturelle » dans les salons du ministère de la Culture, en présence de la ministre Aurélie Filippetti. Très attendu par les acteurs de la culture et les professionnels des industries créatives, le rapport avait pour ambition de dresser un panorama de la situation des secteurs culturels concernant la musique, le livre, le cinéma, l’audiovisuel, la vidéo, la presse ou la photographie en menant sa réflexion dans le cadre des enjeux liés aux contenus produits par les industries culturelles. Présidée par Pierre Lescure, la mission préconise 80 propositions censées permettre aux politiques culturelles de s’adapter à l’ère numérique qui, depuis l’apparition d’Internet, a bouleversé les habitudes de consommation et d’accès à la culture.
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Rappelant l’attachement du gouvernement au principe de l’exception culturelle, qui est « un combat de la France, dans l’intérêt de tous les créateurs et tous les citoyens européens », la ministre Aurélie Filippetti a fait part de l’intérêt du rapport Lescure : « L’un des grands mérites du rapport, c’est de montrer qu’il ne faut pas avoir une vision défensive du numérique. Il ne faut pas avoir peur et le considérer comme une menace pour nos industries créatives et nos créateurs, mais il faut l’utiliser comme un outil pour renforcer encore nos secteurs culturels et améliorer l’accès de tous à la culture. » À ses côtés, Pierre Lescure a souligné que, face aux nouveaux usages du Web, il n’y avait pas de « mesures révolutionnaires » : « la révolution, c’est le Net », a-t-il lancé, soulignant que les propositions de la mission trouvaient leur cohérence dans leur ensemble. L’enjeu ? « C’est l’avenir de la création et des pratiques culturelles à l’ère du numérique, a précisé l’ancien patron de Canal Plus, et la façon dont les politiques culturelles doivent s’adapter à cette nouvelle donne. »

La mission, qui a entendu plus d’une centaine d’organismes, d’entreprises et de personnalités, propose un panel de mesures dont les fondements se répartissent autour de trois grands axes. Celui du développement de l’offre légale et de l’accès au public, qui selon la ministre est trop éclaté et crée « un certain nombre d’insatisfactions pour les internautes ». Celui de la rémunération des créateurs et du financement de la création. L’axe, enfin, de la défense et de l’adaptation du droit d’auteur à l’ère du numérique.

S’agissant du financement de la création, la mission constate que le développement du numérique a entraîné un « déplacement des valeurs » au détriment des créateurs et au profit des fabricants de matériels des industries culturelles. Parmi les mesures phares, elle propose d’intégrer les fabricants d’appareils connectés dans le financement de la création. Une taxe pourrait ainsi être envisagée sur les Smartphone ou les tablettes numériques, dont on espère toutefois qu’elle ne sera pas répercutée sur le prix des appareils vendus aux consommateurs.

RapportLescure4Selon Aurélie Filippetti, il s’agira d’une « contribution extrêmement faible ». Une taxe (sans doute de l’ordre de 1 %) qui serait affectée à un compte de soutien à « la transition numérique des industries culturelles ». Concernant le financement de la création, si l’on évoque la volonté de « repenser la contribution des opérateurs de télécommunications », étonnamment le rapport ne pointe aucune taxation de Google ni participation des fournisseurs d’accès à Internet, qui profitent largement des contenus culturels et dont la participation financière serait on ne peut plus logique. À propos de la très décriée Hadopi, mise en place par le gouvernement précédent, le rapport propose sa suppression, ainsi que de la coupure Internet, et une pénalisation moindre en cas de téléchargement illégal répété, l’amende passant de 1 500 à 60 euros. Un effort important sera fait « pour cesser la stigmatisation des internautes, et donc des publics, qui a été faite au cours de l’ère Sarkozy », a dit la ministre.

RapportLescure3 Pierre Lescure a précisé qu’il s’agit d’abord de réprimander les « fraudes les plus importantes », « les sites mafieux, la contrefaçon commerciale, les sites illégaux ». Des propositions qui seront analysées et discutées au cours d’assises de l’audiovisuel prévues le 5 juin. L’objectif étant de parvenir à un premier train de mesures avant l’été.

Lire aussi:
http://www.humanite.fr/medias/reorientation-en-vue-de-la-lutte-contre-le-piratag-541470

Exception culturelle
Mission Lescure réactions

 L’ARP «salue avec enthousiasme le rapport de la mission Lescure, qui ancre les problématiques du financement pérenne de la création dans la nouvelle configuration numérique du paysage audiovisuel et cinématographique » et se dit heureuse que « ce modèle économique préserve le principe de prévention et de lutte contre le téléchargement illégal, respectant la notion de sanction, et approuve enfin la position de la mission quant à la chronologie des médias ».

 L’Adami « approuve un rapport audacieux, tout en étant juste et réaliste, qui aura valeur historique si le gouvernement l’applique scrupuleusement. 
Les propositions formulées 
vont dans le sens de l’intérêt général. Tout refus de contribuer à l’élan donné serait perçu comme la défense dogmatique de quelques intérêts particuliers ».

 La SACD estime que la copie privée « sort renforcée de ce rapport qui la présente comme un mécanisme vertueux à consolider » et juge que la nouvelle taxe sur les appareils connectés pourrait être « utile pour consolider le financement 
de la création culturelle ».

Lire l’intégralité du rapport:
http://www.humanite.fr/sites/default/files/pdf/2013/141115067-rapport-lescure-498.pdf

 La Sacem « salue la qualité du diagnostic et des propositions avancées et observe notamment que, parmi les trois axes fondamentaux de ce rapport, figure la garantie de la juste rémunération des créateurs 
à l’ère du numérique ».

 Le Snep « estime que le rapport hypothèque l’avenir de la production musicale en France. Tout un ensemble de préconisations sont clairement fondées sur des erreurs d’analyse et sur une profonde méconnaissance de l’économie de la production musicale ». 
Le Snep craint que la nouvelle taxe sur les Smartphone 
se substitue à la rémunération pour copie privée.

 La Quadrature du Net « dénonce un processus politique vicié, démontrant l’influence néfaste à tous les échelons de groupes industriels. Derrière l’annonce d’une fausse mise à mort de l’Hadopi, dont les missions sont simplement redistribuées vers d’autres organismes (CSA), ou même complétées par de nouveaux dispositifs, se cache la poursuite des politiques de Nicolas Sarkozy ».

Patrick Bloche (PS), président de la commission 
des Affaires culturelles 
de l’Assemblée, estime 
que la mission « constitue 
une véritable boîte à idées 
dont les parlementaires 
sauront inévitablement 
tirer le meilleur usage ».

Disquaire Day, la grande fête du vinyle

En passant


Disquaireday2013Ce samedi a lieu la troisième édition de la fête des disquaires indépendants avec plus de deux cents participants partout en France. 

Et si le disque vinyle redevenait la valeur phare de la musique enregistrée? Oubliée pendant des années, la galette noire au format 33 tours est de nouveau tendance et reprend sa place dans les bacs. Avec le passage du vinyle au CD, la culture de la dématérialisation de la musique s’est installée. L’industrie du disque a mis l’accent sur le CD en optant pour une diffusion dans la grande distribution au détriment des petits disquaires. Résultat, des dizaines d’entre eux ont fermé boutique au désespoir des amateurs de musique qui ne considèrent pas le disque comme un objet de consommation voué au seul critère du marché.

« Redonner de la valeur au disque »

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Partant de ce constat, le Calif (Club action des labels indépendants français), avec le soutien du ministère de la Culture, s’est donné pour mission de soutenir le réseau des disquaires indépendants. Créé sur le modèle du Record Store Day initié aux États-Unis en 2007, le Disquaire Day organise, depuis deux ans, une journée unique dédiée à la célébration des disquaires ainsi qu’aux labels et artistes liés à l’événement.

Ce samedi, plus de deux cents boutiques, partout en France, en Belgique et en Suisse, participeront à la troisième édition de ce qui est devenu l’événement musical incontournable du printemps, la plus grande fête de la musique enregistrée qui réunit la filière et le public : « On a envie de se retrouver et de faire la fête, explique David Godevais, directeur du Calif. Le public qui avait déserté l’industrie musicale en allant sur Internet, on le retrouve aujourd’hui en train d’acheter des vinyles. Entre 70 et 80 % de gens qui participent à l’événement ont entre 18 et 33 ans. Avec le Disquaire Day, on redonne de la valeur au disque. C’est enthousiasmant dans cette période où on a plutôt tendance à dire “bienvenue à bord du Titanic”. »

Pour Jack White, ancien membre des White Stripes, parrain de l’édition 2013, par ailleurs patron du label et magasin de disques Third Man Records à Nashville, se rendre chez un disquaire est une manière de changer son « point de vue sur le monde, les autres, l’art » : « Il y a de la beauté et du romantisme dans l’acte de se rendre chez un disquaire et de découvrir quelque chose de nouveau. » Les amateurs de vinyles pourront ainsi découvrir des inédits de David Bowie, Ed Banger, Metronomy, Mylène Farmer, Benjamin Biolay, Eiffel, IAM, Jean-Louis Murat, Lescop et de nombreux autres .

Les mêmes disques au supermarché

« L’intérêt du Disquaire Day est quDisquaires3’il a modernisé quelque chose qui paraissait désuet, à savoir le petit disquaire de ville », dit Emmanuel de Buretel, patron du label indépendant Because Music : « Les grandes surfaces vendent toutes le même disque aujourd’hui. Le disquaire a un rôle important. Il ne vendra pas l’album de Céline Dion, mais peut-être les premiers disques des Rita Mitsouko qui sont plus difficiles à trouver. » Une fête de la musique et du vinyle qui s’achèvera par des concerts à Marseille, Lyon, Toulouse, Amiens et Paris, à la Gaîté lyrique, où se produiront Alex Beaupin, Girls in Hawaii, Lily Wood & The Prick, Christine & The Queens, Wax Tailor et Rubin Steiner.