Mon vidéo-reportage sur les 40 ans du Printemps de Bourges


 

Le Printemps de Bourges fête ses 40 ans par Victor Hache. Cinq cent artistes, une création anniversaire, le Printemps de Bourges va souffler ses 40 bougies en avril. Une édition exceptionnelle qui réunira les têtes d’affiche dont Louise Attaque, Dominique A, Mika et Ibrahim Maalouf, mais aussi de nombreux jeunes talents qui nous donnent rendez-vous du 12 au 17 avril. Regardez ma vidéo.

Tout le programme du Printemps de Bourges 2016: http://www.printemps-bourges.com/fr/accueil/bienvenue.html

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Oxmo Puccino : « Je me définis comme un poétiseur »


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Au pays d’Alice, avec Ibrahim Maalouf, Oxmo Puccino sort la Voix lactée. Un disque solaire et positif où il se fait rappeur, conteur et chanteur à la voix 
de miel. On le suit dans cette aventure hip-hop merveilleusement cosmique.

Votre flow est de plus en plus poétique et métaphorique. Faites-vous une différence entre le rappeur et le conteur ?

Oxmo Puccino Il n’y en a aucune. C’est une question d’humeur, de ton. C’est l’interprétation qui donne un autre sens au texte. Lorsque j’écris, ce n’est pas destiné à être rappé. C’est mis en rythme après et ça devient « rappable ». Aujourd’hui, j’ai une liberté d’expression qui me permet de prendre les chemins que je veux.

Comment êtes-vous parvenu à vous affranchir des barrières de style ?

Oxmo Puccino Je me définis comme un « poétiseur ». Ce qui me guide, c’est la satisfaction et l’excellence. J’ai des modèles qui me subliment et j’essaie de les approcher à travers l’accomplissement de mes idées, comme Vincent Segal, Chilly Gonzales, Georges Brassens, Aznavour, Brel, Sinatra pour parler de la musique. Dans le domaine de la littérature, mes goûts sont très larges, ça va de Chester Himes à Victor Hugo, Alfred de Musset, Jules Renard, etc. Je prends ce qui me touche chez les auteurs du passé et je mélange notre histoire aux saveurs d’aujourd’hui.

À quel moment l’écriture est-elle devenue un médium essentiel pour vous ?

Oxmo Puccino Avant l’écriture, je parlerais d’abord de manière de penser, ce qui finit par se retranscrire si on ne triche pas. C’est le résultat de pensées que j’ai mis en forme, par amour de la poésie. Au lycée, j’ai toujours eu des facilités en français, même si j’étais un élève turbulent parce que le système scolaire ne me convenait pas. À partir de là, je me suis dis qu’il y avait peut-être quelque chose à développer.

Vous sortez du disque Au pays d’Alice, avec Ibrahim Maalouf. L’univers de Lewis Carroll peut-il influencer au moment de l’écriture d’un album comme la Voix lactée ?

Oxmo Puccino  C’est carrément autre chose. Sur le roman de Lewis Carroll, je m’en suis tenu à quelques codes qui ne s’appliquaient qu’à la réadaptation. Mais on garde un peu de toutes les œuvres qu’on traverse. Le rêve, c’est toute ma vie. Gérer le décalage entre la réalité et l’imaginaire, les deux influant sur l’autre, fait qu’aujourd’hui je ne fais plus trop la différence.

La Voix lactée est un vrai voyage, comme si, pour vous, la musique avait quelque chose de cosmique…

Oxmo Puccino C’est la raison pour laquelle on est parti dans cette texture. Les ingrédients pour les maquettes étaient les mêmes que pour les albums précédents : boîte à rythmes, guitares, basse, claviers. Quand je suis allé voir Renaud Letang, qui a produit et ­cocomposé l’album, il m’a tout de suite dit : « Oxmo, on va partir dans ce qui te va le mieux, mais on va faire quelque chose dans notre temps. » Cela passe par des machines avec des sonorités synthétiques très recherchées, ce qui fait qu’on ressent bien les teintes spatiales dans les effets utilisés. Renaud, c’est un ­magicien et un ingénieur du son incroyable, dans le sens où il crée le son qui passe par plusieurs synthétiseurs. Ça permet d’avoir une texture sonore qui n’appartient qu’à vous. C’est pour ça que beaucoup d’artistes vont le voir, parce qu’il n’a pas un moule, un calque. Il fait du sur-mesure pour chacun.

Le titre Slow Life, c’est un besoin de prendre le temps de vivre ?

Oxmo Puccino C’est un besoin de se retrouver. La chose la plus importante qu’on a dans le monde, au-delà de sa famille, de la santé, c’est le temps. Sans cela, le reste ne sert à rien. On ne fera que vider un vase pour en remplir un autre. C’est le tonneau des Danaïdes. C’est pour cela que je sublime la vie. Les gens souffrent parce que jamais ils ne s’arrêtent. On voit tous les jours des burn-out, des gens qui meurent du cancer à 30 ans. C’est révélateur de la société de consommation, à laquelle tout le monde contribue aujourd’hui, et la course, cela en fait partie. C’est Oxmo l’urgentiste qui parle ! (rires).

Heureux de votre parcours ?

Oxmo Puccino Ce que je vis est un privilège. Être devenu un artiste reconnu rajoute du brillant, de la lumière. Heureusement que j’ai attendu jusque-là, parce que si j’étais parti avant, j’aurais raté tous ces moments ! (rires).

Album la Voie lactée, 
chez Cinq 7/Wagram Music.

https://www.facebook.com/OxmoPuccinoOfficiel/

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Voyage cosmique d’un poète rappeur adepte de la slow life.

« La vie est une chance, le reste du mérite », dit Oxmo Puccino dans la Voix lactée. 
Un voyage interstellaire qui passe par un regard positif sur la vie : « Exister, respirer, ça appartient à tout le monde, confie-t-il. Pour le reste, il faut se battre pour tout
ce qu’on veut obtenir. Il n’y a pas d’autres issues, d’autres solutions. » Voix de miel portée par un groove à la Barry White 
et flow gainsbourien, le poète rappeur plaide pour une Slow Life bienfaitrice : « Prendre son temps n’a rien de trop naïf / 
Il faut décider d’être heureux de son vivant », chante-t-il. Un hip-hop solaire 
et plein de tendresse qui fait un bien fou.

Alice booste Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino


Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino (c)Denis Rouvre (sdp)
Le rappeur Oxmo Puccino et le trompettiste Ibrahim Maalouf signent l’exquis répertoire d’ »Au pays d’Alice »

Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino – Le trompettiste et le rappeur font œuvre commune. Ils revisitent « les Aventures d’Alice au pays des merveilles » à travers un album poétique et inventif mêlant opéra, jazz, hip-hop et chœurs.

Voilà un album que seuls deux artistes rêveurs pouvaient imaginer. Comment définir l’identité sonore d’Au pays d’Alice, l’œuvre commune d’Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino ? S’agit-il d’un opéra contemporain, d’un songe littéraire au croisement du rap, du jazz, du slam, du rock, de la musique classique ou orientale ? La fresque musicale signée par le trompettiste de jazz et le poète rappeur témoigne de la liberté artistique de deux complices pour qui la musique est un fantastique vecteur de rêverie : « Un texte, tant qu’il n’a pas trouvé son bateau, son moyen de transport, il reste cloisonné sur une feuille, confie Oxmo 
Pucccino. Quelquefois, il fait avec la musique qu’il trouve. Tandis que, là, ça a été du sur-mesure. Ça donne quelque chose de cohérent, sans aspérité. »

À l’origine de cette aventure originale, il y a la commande en 2011 du Festival d’Île-de-France et de son directeur, Olivier Delsalle, à Ibrahim Maalouf, d’une partition sur le thème du merveilleux. De quoi enflammer l’imagination du musicien, aussitôt séduit par l’idée d’une création dont l’intrigue est directement inspirée des Aventures d’Alice au pays des merveilles, le célèbre roman écrit en 1865 par Lewis Carroll. Une histoire revisitée au travers de douze textes aux accents hip-hop correspondant aux douze chapitres du livre.

Entre le magicien des mots qu’est Oxmo et le militant de l’improvisation et de la musique libre Ibrahim Maalouf, s’est peu à peu dessiné un monde sans frontières musicales où chacun a pu libérer sa créativité. « J’avais lu le livre de Lewis Carroll étant jeune, dit Ibrahim. Je l’ai relu en diagonale pour ne pas être trop attaché à l’univers original. Je voulais surtout laisser Oxmo se balader et chambouler tout à sa sauce. Il a retravaillé complètement l’histoire, on est presque ailleurs. » On y retrouve les personnages du livre, Alice bien sûr, le lapin blanc, la reine de cœur, le chapelier fou… Un jardin des merveilles qui a boosté la plume du rappeur, lequel a poussé le côté psychédélique de l’histoire : « J’ai trouvé le texte totalement intemporel. Quand on le replace dans le contexte de l’époque, on se dit que Lewis Carroll a usé d’une liberté que peu de personnes ont comprise. L’audace, c’est ce qui m’a le plus frappé. » Au surréalisme teinté d’absurde et de bizarre est venu s’ajouter le regard de deux artistes qui ont apporté une touche actuelle au texte de l’écrivain anglais, pour mieux l’adapter au temps présent : « Le texte sur lequel on a travaillé, souligne Ibrahim Maalouf, est l’archétype même d’une œuvre – on le sent – qui a été complètement improvisée sur un flow continu. Une manière de sortir des histoires et d’inventer des situations qui est très présente dans l’écriture d’Oxmo. C’est quelque chose qu’on retrouve aussi dans ma manière d’écrire et de penser la musique. Je milite beaucoup pour l’improvisation. »

Une inventivité qui traverse l’exquis répertoire d’Au pays d’Alice que les deux artistes s’apprêtent à faire vivre sur scène. Au moment de la création à l’Académie Fratellini à Saint-Denis, ils étaient entourés d’une chorale de 130 chanteurs. À la Philharmonie de Paris, ils présenteront en février un spectacle musical particulièrement mis en valeur où ils seront accompagnés d’un grand orchestre, du groupe jazz-rock d’Ibrahim, ainsi que du chœur d’enfants de la Maîtrise de Radio France dans sa formation complète. Soit plus de cent personnes sur scène pour un concert qui s’annonce grandiose !

Album Au pays d’Alice, chez Mister Productions/Harmonia Mundi. Concerts à la Philharmonie de Paris du 5 au 8 février. philharmoniedeparis.fr

Stromae triomphe aux Victoires de la musique avec Vanessa Paradis, sur fond de lutte des intermittents du spectacle


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Lors de la 29ème édition des Victoires de la musique vendredi au Zénith, le chanteur belge a été sacré artiste masculin de l’année et la chanteuse meilleure artiste féminine. Virginie Guilhaume la présentatrice a fait écho à la lutte des intermittents en lisant un message au nom de toute la profession qui demande au «gouvernement de ne pas casser la création artistique et culturelle» et appelle à une manifestation le 27 février pour «dénoncer le coup de force du Medef» contre leur régime spécifique d’assurance-chômage.

Plus de trois heures de cérémonie! La soirée des Victoires de la musique (à revoir ici) a été, comme d’habitude, d’une longueur interminable. La 29ème édition des Victoires qui se sont déroulées vendredi soir au Zénith, retransmise en direct sur France 2, n’a offert aucun suspense. Sans surprise, Stromae  nommé dans six catégories, a été le champion de la soirée avec trois trophées, le chanteur belge ayant remporté la Victoire de l’artiste masculin, celle du meilleur album de chanson (Racine Carrée vendu à plus d’1,5 million d’exemplaires) celle du vidéo-clip pour «Formidable».

A lire: Stromae, le coup de maître d »un chanteur « Formidable »

Un peu éclipsée par le triomphe de Stromae, Vanessa Paradis a été couronnée de la Victoire de l’artiste féminine de l’année, pour la troisième fois de sa carrière. Les organisateurs des Victoires avaient voulu mêler artistes populaires et découvertes. Côté prestation live, on a vu se produire Christophe Maé, Zaz, repartis bredouilles ainsi qu’Etienne Daho à l’origine d’une interprétation très émouvante de La Peau dure extraite de son dernier album Les chansons de l’Innocence retrouvée.


Un hommage a également été rendu  à un autre chanteur belge, Salvatore Adamo à qui a été remis une Victoire d’Honneur pour ses cinquante ans de carrière. L’occasion de réentendre l’un de ses grands classiques Laisse mes mains sur tes hanches en duo avec Julien Doré, lequel a été l’un des rares à réveiller les Victoires grâce à  son interprétation du dansant Paris-Seychelles tiré de son dernier album «Love».

Pour les jeunes talents, il a fallu attendre la  deuxième partie de soirée. Le groupe La Femme a remporté la Victoire de l’album révélation,Woodkid celle de l’album révélation scène, Kavinsky, l’album de musiques électroniques et 1995, l’album de musiques urbaines.

Tandis que le trompettiste d’origine  libanaise Ibrahim Maalouf a logiquement été couronné du meilleur album de musiques du monde (Illusions)


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Côté performance, on retiendra la prestation très classieuse de la chanteuse Christine and the Queens, qui a scotché le public en interprétant un titre de son EP Nuit 17 à 52. Joli prélude à la sortie du premier album de l’artiste nantaise prévu au printemps chez Because music.

L’appel des intermittents

Enfin parmi les moments forts, les Victoires ont mis en lumière la lutte des intermittents du spectacle. La présentatrice de l’émission, Virginie Guilhaume a ainsi rappelé qu’ils étaient 400 à rendre la soirée possible. A travers la lecture d’un message, elle s’est fait la porte-parole de la profession, dénonçant «l’attaque sans précédent» menée contre les intermittents par le Medef, qui la veille a proposé de supprimer leur régime spécifique d’indemnisation d’assurance chômage. L’animatrice a parlé au nom de «tous» les intermittents «puisqu’on l’est tous ici» a-t-elle lancé : «Aujourd’hui, bon nombre d’entre nous peinent à vivre de leur art et de leur métier. Et c’est parce que nous avons des droits sociaux que chaque jour, sur tous les territoires, nous pouvons rencontrer tous les publics, dans toutes les salles de spectacle, des plus petites aux plus grandes. Que serait demain une société sans artistes, sans techniciens, sans musique, sans théâtre, sans cinéma (…) Le gouvernement ne peut pas laisser casser la création artistique et culturelle. Aidez-nous à donner un avenir à l’art et à la création».
VirginieGuilhaume

Et l’animatrice d’ajouter : «Sachez que le 27 février prochain, nous manifesterons tous ensemble contre ce coup de force».  Rendez-vous est pris!

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