Des Victoires de la musique entre liberté, variété et diversité


Victoires de la musique 2016 par Victor Hache. Dédiées aux victimes des attentats en France en 2015, les 31èmes «Victoires» vont conjuguer émotion et valeurs de partage lors d’une soirée musicale au riche palmarès présentée par Virginie Guilhaume et Bruno Guillon, diffusée en direct sur France 2 ce vendredi à 20h45.

http://www.lesvictoires.com/

Ce vendredi soir 12 février, les 31èmes Victoires de la musique seront placées sous le signe de la liberté, de la variété et de la diversité. Dédiée aux victimes des attentats en France en 2015, la soirée retransmise sur France 2 en direct du Zénith de Paris, entend laisser place à l’émotion et aux valeurs de partage.

Innovation cette année, la cérémonie sera animée par un tandem de présentateurs, Virginie Guilhaume et Bruno Guillon, chargés de mettre en lumière un palmarès aussi dense qu’éclectique au cours d’une compétition qui s’annonce très ouverte. Qui remportera le fameux trophée ? Dans la catégorie «Artiste féminine», Yaël Naim, interprète du bel album Older, a toutes ses chances, ainsi que Zaz qui cartonne en France mais aussi à l’étranger depuis son tube Je veux  ou encore Véronique Sanson, dont la dernière Victoire remonte à  1996 et qui a fait un joli come back avec sesAnnées américaines.

Côté «Artiste masculin», les jeux seront serrés entre Dominique A et Vianney qui triomphe partout sur scène depuis la sortie de son premier album Idées Blanches, à moins que Kendji Girac, artiste de la génération The Voice et rois des ventes, mette tout le monde d’accord.

Véritable tremplin pour les jeunes talents, l’émission sera l’occasion de voir en prime time des artistes plus habitués aux festivals qu’aux plateaux de télévision : «Dominique A, après vingt de carrière a eu une grosse notoriété après sa Victoire (en 2013) souligne Laurent Didailler, directeur du label indépendant Pias France et Président des Victoires. Christine and The Queens (récompensée en 2015), Vianney qui a fait une superbe prestation l’année dernière…tous ces artistes ont bénéficié par leur talent d’une exposition aux Victoires qui leur a permis d’accéder à une véritable reconnaissance ». Ce sera le cas de la talentueuse chanteuse pop-rock Jeanne Added nommée dans la catégorie «Album révélation» : «Je suis sur un petit nuage depuis un an» confie-t-elle. Quand il m’arrive de participer à une émission de télé, j’aime regarder dans l’œil de la caméra et imaginer les gens qui sont de l’autre côté. Savoir qu’il y a comme une sorte de fil entre les gens et moi, ça m’émeut. Je trouve ça beau». Elle aura en face d’elle la pétillante Jain (23 ans) qui vient de sortir un excellent premier disque Zanaka ainsi que l’idole des ados Louane.

Le suspense sera aussi au rendez-vous de la catégorie «Révélation scène» où sont nommés le king du gospel soul et de la sape rétro, le street dandy sénégalais Faada Freddy: «Je suis content de voir que la « kifologie active » dont je parle tout le temps sur scène a un écho sourit-il. Ça va être une manière aussi de montrer qu’après les événements du 13  novembre, la  musique reste forte, que la scène continue et qu’on ne cède pas à la peur», Feu! Chatterton dont l’univers oscille entre poésie baudelairienne et  post-rock et le jeune groupe pop-rock niçois Hyphen Hyphen.

A suivre également Tiken Jah Fakoly, Ballaké Sissoko &Vincent Segal et Hindi Zahra (album musiques du monde) ainsi que Saint-Germain, The Avener et The  Shoes (album musiques électro), Frero Delavega, Johnny Hallyday, Yael Naim (album de chansons), Lou Doillon, Les Innocents et le charismatique Rover en lice dans la catégorie «Album Rock» ou encore Booba, Nekfeu et Youssoufa (album de musiques urbaines).

La Victoire de la chanson originale, elle, sera décernée par le public invité à départager les quatre finalistes Johnny Hallyday, Louane, Maître Gims et Nekfeu, en votant sur Internet. Quant à William Sheller, il recevra un trophée d’honneur pour ses 40 ans de carrière et la soirée se souviendra de Michel Delpech, décédé en début d’année.

 

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Rover dans la lumière


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Par Victor Hache. Le chanteur revient avec l’excellent Let it Glow,dont l’univers glam-rock invite au lâcher-prise.

Et si on changeait d’air pour respirer un peu ? Révélé en 2012 avec un premier album éponyme aux ambiances pop-rock à la Bowie-Lennon, Timothée Régnier alias Rover, revient avec Let it Glow (label cinq 7). Un disque qui brille, où il invite à laisser entrer la lumière d’une voix aérienne ou rocailleuse, sur fond de riffs de guitares rock et de synthés des années 1970. C’est en Bretagne qu’il a enregistré son nouvel opus, dans un lieu atypique, un ancien internat transformé en studio rempli d’instruments analogiques : « Ils sont capricieux mais ouvrent des portes et des univers sonores uniques, confie Rover. Le fait d’être autodidacte, d’aborder les instruments de façon presque naïve, cela permet de garder une espèce de fraîcheur et de maladresse. »

Rover est depuis ses débuts à la recherche d’un lâcher-prise qui passe aujourd’hui par un son plus brut et une écriture directe traduisant un désir de « moins intellectualiser (sa) musique et de faire confiance dans (ses) chansons et dans ce qu’on est ». L’expérience de Let it Glow et ses rêveries glam-rock lui ont permis de redécouvrir sa musique à la faveur de tous ces filtrages vintage : « Ce que je reproche aux techniques numériques, c’est que ça favorise une musique d’informaticiens plus que de musiciens. Ça fait appel à une technique de programmes et ça va plus vite que le temps de réflexion que demande l’art en général. Un musicien a besoin de cette respiration avant d’enregistrer. Il ne faut pas aller plus vite que la musique. C’est une vraie expression avec une chaleur et une âme. »

En cela, Rover n’est pas un artiste de son époque. Il aime sortir du cadre pour mieux se mettre en danger. Cela donne des concerts fascinants comme au Printemps de Bourges en 2013, où il était au piano au côté d’un trio à cordes dirigé par le violoncelliste Gaspar Claus ou au théâtre de l’Athénée en 2014 en formule solo, s’accompagnant d’une guitare électrique et d’un piano. Une démarche très créative qui fait l’essence de Let it Glow où les effets démonstratifs et la réverb’ du premier disque ont disparu, de manière à conserver la vérité des sentiments et le grain qui fait l’émotion. Rover revendique un certain romantisme qui « est un mélange de nostalgie, d’espoir et de rock’n’roll ». Un univers qui fait écho aujourd’hui à l’angoisse de du quotidien et à la peur de l’avenir : « L’actualité dont on nous bombarde tous les matins gangrène et gèle les gens. Inconsciemment, j’ai le fantasme que ma musique puisse un peu rassurer. » On le suit volontiers

Album Let It Glow chez Cinq7 Wagram,  Concert à l’Olympia, le 24 mars.

https://www.facebook.com/musicrover/

Printemps de Bourges 2013: l’affiche va allumer le feu


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Le Printemps attend 130 artistes, dont Patti Smith, Woodkid, C2C, Lou Doillon, Benjamin Biolay…

Envoyé spécial.

 L’affiche du Printemps et son beau Zippo compte bien allumer le feu d’une nouvelle édition riche en émotions musicales. « On touche volontairement et historiquement une gamme large de sensibilités », confie Daniel Colling, patron du festival. Un champ de « musiques populaires » qui va de la chanson au rock, hip ou électro, en mariant valeurs sûres et découvertes. Côté salles, le chapiteau Phénix est remplacé par une nouvelle structure, le W, où la visibilité sera meilleure grâce à une scène surélevée.

http://www.humanite.fr/culture/printemps-de-bourges-c-est-fou-c-est-inouis-523257

Cent trente artistes et groupes sont attendus durant six jours dans les huit salles du festival. Une programmation qui souhaite « créer des ponts », dit Emmanuel Poënat, le directeur artistique. À l’image de la création au Théâtre Jacques-Cœur où Barbara Carlotti, Youssoupha et Rover mêleront leurs univers à l’Ensemble Echoes du violoncelliste Gaspar Claus.

http://www.humanite.fr/culture/barbara-carlotti-youssoupha-et-rover-au-theatre-ja-523259

Programmation audacieuse aussi avec la présence de l’icône rock Patti Smith pour un concert performance-acoustique à la cathédrale.

Le reggae et le rap se rencontreront au cours d’une soirée qui réunira Steel Pulse, Alpha Blondy, Keny Arkana et Public Ennemy, tandis que la Rock’n’beat enverra du lourd samedi soir au W et au palais d’Auron.

Woodkid, Babx, C2C (photo), Lou Doillon, Benjamin Biolay, Féfé, Melissa Laveaux, Jamie Cullum, Mika, Diziz, Sexion d’Assaut… tous seront là. De quoi nous faire vibrer !

Victoires de la musique : Et si on limitait à deux le nombre de trophées par artiste ou groupe ?


C2C

Le  Grand gagnant des 28èmes Victoires de la musique aura donc été C2C. Le groupe de DJs originaires de Nantes a raflé la mise en remportant pas moins de quatre Victoires. Un score historique qui a surpris par son ampleur et pose déjà des questions quant au fonctionnement des Victoires. Ne faudrait-il pas instaurer des quotas comme le suggéraient certains professionnels présents au Zénith ? Et si on limitait le nombre de trophées qu’un artiste ou un groupe peut recevoir?   Cela permettrait une meilleure diversité en donnant une chance à ceux qui méritent aussi d’être encouragés dans leur carrière.

Je pense à Barbara Carlotti qui aurait pu être distinguée et surtout à Rover. Le chanteur que beaucoup découvraient, a un immense talent, une personnalité, une voix unique et un univers particulier.

Nommé dans la catégorie Révélation du public, comment expliquer qu’il soit reparti bredouille alors que lui revenait tout naturellement une Victoire ? Est-ce concevable qu’on ne salue pas son talent à l’occasion de cette grande fête de la musique qui se doit de représenter tous les talents et pas seulement un genre, l’électro en l’occurrence pour C2C, dont je précise que j’apprécie la démarche artistique par ailleurs.

Il y a là un problème dont Vincent Frèrebeau, le Président de l’association de Victoires est certainement conscient. C’est pourquoi, il devrait réfléchir avec la filière musicale à instaurer de nouvelles règles, en changeant certains statuts afin de limiter à deux le nombre de prix par artiste ou groupe nommés. Il y va de la pluralité des expressions artistiques.

C2C  et  ses quatre Victoires a presque fait de l’ombre aux catégories reines. La  Victoire de l’ «artiste masculin » a été attribuée à Dominique A et Lou Doillon a été consacrée « artiste féminine ».

DomniqueALouDoillon Là encore, j’aime beaucoup Lou Doillon dont j’ai salué la démarche artistique (http://www.humanite.fr/culture/lou-doillon-se-fait-une-places-dans-la-pop-510478) en évoquant  son réel talent d’auteur-compositeur-interprète. Mais six mois après la sortie de son premier album, n’est-ce pas un peu tôt pour la chanteuse dont la carrière vient à peine de commencer que de se voir ainsi couronner d’une Victoire de l’artiste féminine ?

Voici le palmarès des Victoires 2013 :

 Révélation du public, révélation scène, meilleur vidéo-clip et album de musiques électroniques : C2C

Artiste-interprète masculin de l’année : Dominique A

Artiste-interprête féminine de l’année : Lou Doillon

Chanson de l’année : « Allez, allez, allez » de Camille

Album rock de l’année : « Can be late » groupe Skip The Use

Album de chansons de l’année : « La place du fantôme » La Grande Sophie

Album de musiques du monde de l’année : « Folila » Amadou&Mariam

Album de musiques urbaines de l’année : « Roi sans carrosse » Oxmo Puccino

Meilleur spectacle musical, tournée et concert : « The Geeks Tour » de Shaka Ponk

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