Étienne Daho retrouve les chemins de l’innocence


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Six ans après l’Invitation, le chanteur revient avec les Chansons de l’innocence retrouvée. Sublime album aux ambiances pop et symphoniques enregistré à Londres, avec la participation de Nile Rodgers et Debbie Harry. 

«C’était l’été ou presque», se souvient Étienne Daho dans un texte écrit par lui pour le livret de son nouvel opus. Allongé dans l’herbe fraîche du côté de Montmartre, il regarde le ciel et se met à rêver à son futur album. Les images défilent: Rome, Camus, Londres, Soho, il imagine déjà les mélodies qui accompagneront les Chansons de l’innocence retrouvée. Daho se remémore les prémices de création d’une aventure qui prendra corps avec quelques amis complices, dont Jean-Louis Piérot, coréalisateur de l’album avec Richard Woodcraft. Un disque en partie enregistré dans les mythiques studios Abbey Road, à Londres, où le chanteur se revoit écrire «au petit matin lorsque les idées sont claires ».

mi-Vénus, mi Joconde

C’était l’été ou presque. Daho, marchant dans les parcs de la capitale anglaise, pense aux arrangements des onze futures chansons. Pour la pochette, le choix est fait, ce sera la photo prise par Richard Dumas à Ibiza, visuel qui depuis n’a pas manqué de créer le buzz, où Daho pose aux côtés de Salomé, jeune femme à demi-nue, «mi-Vénus, mi Joconde», dit-il : «Elle symbolise à elle seule tous les personnages des chansons de l’album.»
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Tout allait bien jusqu’à cette péritonite survenue au cœur du mois d’août dernier. Complication, opération, Daho décide avec sa maison de disques de retarder la sortie de son album à mi-novembre. Fatigué, amaigri, le chanteur suit une stricte convalescence imposée par les médecins et se voit obligé de repousser sa tournée, initialement prévue en février, à début juillet où il sera à la Cité de la musique et à la salle Pleyel avant l’Olympia à l’automne 2014.

La vie est un cadeau

Il va mieux aujourd’hui, pas encore tout à fait remis, mais le moral est au beau fixe. Comme si le fait d’avoir failli «passer de l’autre côté» lui avait fait prendre conscience que la vie est un cadeau. À cinquante-sept ans, il revient avec un disque magnifiquement produit offrant un souffle et un son ample dû à la présence d’un grand orchestre. La voix, chaude, les textes ciselés, les cordes… tout est beau dans ce nouveau Daho, élégant et sensible. Six ans après l’Invitation, il rêvait d’un disque groovy, aux ambiances symphoniques, pop ou dance. L’expérience et le succès duCondamné à mort, de Jean Genet, interprété avec Jeanne Moreau, semblent lui avoir donné des ailes et une approche plus littéraire encore de son univers.

Le titre générique fait ainsi référence aux Chansons de l’innocence et de l’expérience du poète préromantique anglais William Blake. Innocence traversée par les « larmes de l’enfance » dans l’émouvante Peau dure.


Si les fêlures et les déchirures affleurent, jamais il ne sombre dans la tristesse, guidé par la mélancolie et une indispensable légèreté sans laquelle la vie ne serait qu’un fardeau. Moment d’émotion encore, L’homme qui marche est un des bijoux de l’album. Parmi les autres pépites, on trouve le Baiser du destinle Malentendu, Onze Mille Vierges, En surface, écrit par Dominique A (en duo dans la version Deluxe), les Torrents défendus avec le guitariste Nile Rodgers ou encorel’Étrangère avec Debbie Harry, chanteuse du groupe Blondie. Un registre qui explore en beauté les territoires de l’intime. Un sans-faute pour Étienne Daho. Son plus bel album.

  • Tournée d’Etienne Daho:

Album les Chansons de l’innocence retrouvée chez Polydor.

Concerts 1er 
et 5 juillet à la Cité de la musique, Paris 19e, et 8 juillet salle Pleyel, 
dans le cadre du festival Days Off. Olympia du 4 au 6 novembre.

A lire aussi: Etienne Daho « Être artiste, c’est mettre des mots sur les maux »

 

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Grand Corps Malade : « On est dirigé par des banquiers »


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Après 3e Temps, 
le slameur de Saint-Denis revient avec Funambule. Un album réalisé avec la complicité du trompettiste 
de jazz Ibrahim Maalouf.

Funambule, c’est vous dans la vie ?

Grand Corps Malade. J’ai l’impression que, quelles que soient les périodes, on est toujours à la recherche d’un certain équilibre entre sa vie privée ou sa vie professionnelle. Un équilibre, comme je le dis dans l’album, entre « bitume et tapis rouge ». Je viens d’un milieu populaire, j’ai grandi à Saint-Denis et il y a eu cette aventure artistique où j’ai connu un peu l’autre côté du système, le show-biz et les paillettes. Je ne crache pas dessus, je ne dis pas que ce n’est pas bien, mais en tout cas c’est bien de garder un certain équilibre.

Par peur de perdre pied avec la réalité ?

Grand Corps Malade. Quand tes disques et que les tournées marchent bien, que tout le monde est autour de toi, c’est bien d’avoir des activités qui permettent de faire la balance. C’est pour cela que je tiens à continuer les ateliers slam dans les prisons, dans les écoles et créer des choses qui permettent d’aller à la rencontre des vraies gens. Non pas parce que j’ai peur de ne pas toucher terre, mais parce que j’ai besoin de cette réalité. Ça me permet d’être bien, de me sentir à ma place, de durer dans ce métier.

Vous ouvrez votre album par les trois coups du théâtre. Est-ce à dire que, pour vous, 
il y a une part de spectacle, 
un jeu d’acteur des mots, 
dans la manière d’amener 
le slam sur scène ?

Grand Corps Malade. C’est une intro théâtrale, comme une ouverture de rideau sur une vie qui démarre. C’est vrai qu’on joue avec les mots, les sonorités, mais, sur le fond, il n’y a pas beaucoup de fiction dans ce que je raconte. Je parle de ce qui m’arrive, de ce que je vois, du monde qui m’entoure. Je compare cela à des petites chroniques ou même à du journalisme. Le slam c’est de l’observation. Il faut que ça sonne, que ce soit joli. Il y a des jeux de mots. Moi, j’écris uniquement en vers. Ce n’est pas le cas forcément de tous les slameurs. Le slam, ce n’est pas rimes obligatoires ! Moi, c’est ce qui m’amuse. J’écris au feeling quand il y a un truc qui m’inspire.

Musicalement, vous avez largement ouvert votre univers… Une façon de 
vous renouveler ?

Grand Corps Malade. J’ai l’impression, dans ce quatrième album, que j’ai encore des choses à raconter et de me renouveler dans les thèmes parce que ma vie évolue. Donc, l’enjeu, il est surtout musical. Comment mettre en musique tous ces textes, en évoluant, en cherchant d’autres choses ? J’ai la chance d’avoir rencontré Ibrahim Maalouf, grand trompettiste plutôt jazzman, et qui a apporté plein de sonorités. Je lui ai demandé des rythmiques un peu costaudes sur certains morceaux. C’est la première fois qu’on fait de la programmation sur ordinateur. Il y a beaucoup de beats électroniques alors que jusqu’ici tout était acoustique avec de vrais instruments et une vraie batterie. On a voulu aller vers l’électronique pour amener une nouvelle couleur musicale, plus musclée.

Côté invités, il y a des atmosphères très différentes, avec la participation 
de Sandra Nkaké ou de Francis Cabrel…

Grand Corps Malade. Pour les collaborations, j’ai toujours aimé aller dans des directions où on ne m’attendait pas. J’ai chanté avec I Muvrini, avec Calogero, avec Charles Aznavour. Le duo avec Francis Cabrel a énormément de sens pour moi. J’ai été parrain l’an dernier des rencontres d’auteurs-compositeurs d’Astaffort, dans le Lot-et-Garonne, qu’il organise dans son village depuis quinze ans. J’ai écrit une chanson pour lui et moi et je lui ai dit : « Demain on la fait sur scène comme les stagiaires, on se met en danger comme eux. » Il a joué le jeu. C’est un des stagiaires, Ours, qui l’avait mise en musique. Ça a super bien marché sur scène, du coup, on l’a enregistrée pour garder une trace.

Parlez-nous de la chanson Course contre la honte en duo avec Richard Bohringer ?

Grand Corps Malade. C’est un dialogue entre un jeune que je représente et un ancien que j’appelle Tonton. Le jeune est inquiet quant à l’avenir et le vieux dit « accroche-toi mon bonhomme, on va le reconstruire ce monde, il faudra de l’utopie, du courage, mais on ne va rien lâcher ». C’est d’abord un constat qu’on va dans le mur avec ce système qui met la moitié des gens sur le bord de la route et oublie de mettre l’être humain au cœur des préoccupations. On est dans une course effrénée au profit, à la rentabilité, on est dirigé par des banquiers et c’est la finance qui nous gouverne. Je pense que c’est bien qu’il y ait une réponse humaniste qui dise : « Il faut se battre. On va le reconstruire ce monde. »

Équilibriste de la scène slam 

Depuis son premier album, Midi 20, en 2006, Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade s’amuse avec les mots, tel un funambule de la rime. À lui la scène slam, le plaisir de la langue et des nouvelles sonorités ! Si au début sa tchatche poétique était mise en valeur dans un relatif dépouillement musical, il a su, au fil de ses disques, faire évoluer son univers. Réalisé par le trompettiste de jazz d’origine libanaise Ibrahim Maalouf, son nouvel opus possède un souffle hip-hop mêlé d’ambiances rappelant l’univers du music-hall (Au théâtre). Un slam partagé avec la chanteuse franco-camerounaise Sandra Nkaké (Te Manquer), Francis Cabrel (la Traversée) ou encore Richard Bohringer dans Course contre la honte. La chanson la plus politique de l’album.

Album Funambule chez Believe Recordings. Tournée du 23 janvier 
au 20 juin. Concert le 7 mars 
au Grand Rex.

Bertrand Cantat, lueur d’espoir à l’horizon


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Après dix ans de silence, le chanteur revient à la musique avec Horizons. Un album sombre et introspectif, réalisé au sein du groupe Détroit, créé avec le bassiste Pascal Humbert. 

Bertrand Cantat reviendra-t-il dans le cœur des gens ? Depuis le drame de Vilnius et le meurtre en 2003 de sa compagne Marie Trintignant, l’ancien chanteur de Noir Désir tente de trouver sa vérité à travers un chemin personnel qui, espère-t-il, le mènera vers la lumière. Il y a eu la prison, la justice, les médias, le procès de ceux qui ne lui pardonneront jamais, la blessure de tous les autres et, tout au fond de lui, cette force qui le pousse aujourd’hui à revenir. Pour se reconstruire. La musique, elle, est restée longtemps enfouie dans la tourmente. Voici qu’elle rejaillit, plus que jamais présente dans Horizons, premier album du groupe Détroit que Cantat a créé avec le bassiste Pascal Humbert.

Un disque sombre habité par une fragilité douloureuse, une sorte de colère sourde, l’impression d’être dans un tunnel où le chanteur semble chercher une issue. Sentiment de malaise aussi à l’écoute de cet opus introspectif, poétique, où Cantat fait part avec sincérité de ses sentiments, sans vouloir faire oublier l’irréparable passé. Il se raccroche à la musique, seule lueur d’espoir qui lui permet d’affronter le regard extérieur. Ma muse, morceau d’ouverture, ressemble ainsi à une prière à la flamme inspiratrice, à laquelle il demande d’être « au rendez-vous » : « Ça m’inspire chaque fois que je respire ton essence complice / qui goutte à goutte s’immisce en moi / et la petite musique se glisse entre les interstices. »

Cantat chante en français et en anglais, comme dans Glimmer in Your Eyes (lueur dans tes yeux), chanson folk aux guitares country-blues dédiée aux grands espaces. Dans Terre brûlante, le paysage aride est traversé par une longue route droite où l’on croise des « camions fumants, des oiseaux morts, des soleils abîmés » sous un ciel chargé de nuages. Un registre dense, émouvant, à l’image d’Ange de désolation dont les vers semblent s’adresser à Marie : « Tu sais maintenant, de ce côté du monde on étouffe », chante-t-il : « Dors mon ange dors / L’éternité nous appartient / Chaque seconde la contient / Dis-moi te souviens-tu des splendeurs nocturnes et des rires fous / Et dans l’iris plantés comme des poignards / des éclats de vie rien qu’à nous. » Paroles bouleversantes ou pleines de spleen dans le titre Horizon où il évoque la prison : « Cherche ton horizon entre les cloisons / Qui de ma tête ou de mon cœur va imploser comme une étoile ? / Quel débris ou quel morceau de moi / D’abord te rejoindra ? »

Il y a des atmosphères rock façon Noir Désir (le Creux de ta main), des ballades mélancoliques (Droit dans le soleil), des chœurs gospel-soul (Sa Majesté), des ambiances pop-folk aux riffs de guitares amples, où l’on respire un peu (Null and Void).

À la fin Cantat paraît s’en remettre au destin en reprenant les mots de Ferré Avec le temps. Un album à la beauté grave, reflet des déchirures d’une histoire tragique, qui ne laissera personne indifférent. On en ressort sans un sourire.

Album Horizons chez Barclay Music.

Lire aussi: Bertrand Cantat dans la lumière

Musique. Jean-Noël Tronc « Les industries créatives doivent devenir une priorité »


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À l’occasion de 
la première étude dressant le panorama économique des industries culturelles et créatives en France, le directeur général de la Sacem appelle à un changement de cap européen en faveur 
de la culture.

Pour la première fois, une étude dresse le panorama économique des industries culturelles et créatives 
en France. Comment 
est née l’idée de cette étude ?

Jean-Noël Tronc. D’un double constat : d’une part, le rôle important de nos secteurs pour l’emploi et la croissance, mais aussi pour le rayonnement mondial de la France, est largement méconnu ; d’autre part, le soutien politique aux mécanismes et aux principes qui, comme le droit d’auteur, permettent qu’existent des industries culturelles et des créateurs qui vivent de leur travail, s’est fortement érodé depuis dix ans, en particulier à gauche. Le « panorama » doit redonner du sens à ce grand enjeu.

Est-ce à dire qu’il y avait un besoin d’un outil analytique mettant en évidence le périmètre économique 
et les emplois générés par les activités du monde de la culture ?

Jean-Noël Tronc. Absolument. Le rapport Gallois avait identifié en 2012 nos industries comme l’un des pôles d’excellence mondiaux de la France. La culture c’est notre vie, souvent notre identité. Mais c’est aussi 1,2 million d’emplois. À force de critiquer les financements de la culture, on en oublie que loin d’être un « problème », les industries culturelles sont au contraire une solution à beaucoup des défis qui se posent à notre pays.

Ce panorama révèle une valeur économique de 75 milliards d’euros et montre que les industries culturelles se positionnent comme un formidable vecteur économique et social. Le secteur de la musique reste-t-il attractif ?

Jean-Noël Tronc. La musique est le troisième employeur du secteur culturel, avec 240 000 emplois. Il attire notamment les jeunes, quelle que soit leur formation. Ces emplois se trouvent sur tout le territoire, grâce au spectacle vivant musical. Son dynamisme est visible sur le plan de son chiffre d’affaires : la musique représente 8,6 milliards d’euros. C’est un secteur qui s’exporte et qui connaît de nombreux succès à l’étranger, dont la célèbre French Touch dans l’électro. La France compte de nombreux champions mondiaux : la première entreprise de production musicale au monde (Universal Music Group) ; la deuxième plus grande société d’auteurs au monde, avec la Sacem, et un des leaders mondiaux de l’écoute de musique en streaming (Deezer). Notre répertoire musical est le plus diffusé au monde après le répertoire anglo-américain.

De nombreux acteurs du métier craignent un recul de l’Europe quant aux choix pour la culture et sa régulation. Comment la Sacem compte-t-elle se mobiliser pour le renforcement des mécanismes de financement en faveur de la création au niveau européen ?

Jean-Noël Tronc. Vous avez raison, et notre panorama, qui va être envoyé à tous les députés européens, doit nourrir une stratégie plus globale qui vise à expliquer ce que nous sommes, à rassembler nos filières et à faire des propositions pour peser sur le débat public, avec les créateurs en avant-garde. Durant la campagne, la démarche de France Créative (1) doit conduire à porter des recommandations au niveau européen. On y parle, parfois de manière obsessionnelle et surtout éloignée de la réalité économique de l’Europe, d’un « agenda numérique ». Il serait temps que les Européens se dotent d’un « agenda créatif » ambitieux pour l’avenir de l’Europe. Nous devons avoir pour ambition un changement de cap européen en faveur des industries culturelles.
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Pensez-vous que les industries culturelles soient prêtes à mener des politiques communes comme ce fut le cas lors de la mobilisation pour l’exception culturelle ?

Jean-Noël Tronc. Oui, je le pense. Comme tout secteur économique, nous avons des différences, des divisions aussi. Mais le fait que douze grands acteurs des industries culturelles portent ensemble ce panorama montre que ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous divise. Lorsqu’il a fallu convaincre qu’il était vital d’exclure les secteurs audiovisuels du marchandage auquel le traité de libre-échange Europe-États-Unis allait donner lieu, la musique a apporté tout son soutien au cinéma. La Sacem a rassemblé plus de 5 000 signatures d’artistes du monde entier, dont U2 et Bono, ce à quoi la présidence irlandaise de l’UE n’a pu, à l’époque, être insensible…

L’arrivée du numérique a bouleversé les modes de consommation de la musique. Quels sont les enjeux s’agissant de la gestion collective 
du travail des artistes ?

Jean-Noël Tronc. La Sacem compte 145 000 membres, dont 17 000 étrangers. Juridiquement, c’est une société privée à but non lucratif. Économiquement, c’est une coopérative. Ses membres mettent en commun le produit de leur travail qui est matérialisé par un « droit d’auteur ». Notre métier est de collecter leurs droits et de les répartir à nos membres : si votre musique n’est plus utilisée ou diffusée, vous ne touchez rien. Un auteur n’a pas de salaire ni de cachet. Il n’est pas intermittent. Le modèle est mondial puisque nous avons réparti en 2012 plus de 650 millions d’euros à plus de 180 000 créateurs et éditeurs du monde entier. La gestion collective permet aux créateurs de s’unir pour faire valoir leurs droits face aux utilisateurs de leurs œuvres. Et moi qui viens des industries de l’Internet et des télécoms, je suis frappé de voir combien ce modèle est efficace pour le XXIe siècle, avec l’hyperfragmentation des usages de la musique, surtout sur le Web : c’est un modèle qu’il faut défendre et promouvoir.
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L’étude va bientôt être présentée à Matignon et à l’Élysée. Qu’attendez-vous des pouvoirs publics ?

Jean-Noël Tronc. Un engagement fort et concret pour soutenir le développement de secteurs qui sont à la fois une chance pour la croissance et l’emploi et un levier de rayonnement mondial dans une Europe qui a laissé détruire son industrie informatique et électronique, mais aussi des télécoms : l’avenir de l’Europe numérique passe d’abord par les industries culturelles et créatives qui doivent devenir une priorité.

 

(1) Plate-forme regroupant les acteurs 
des industries culturelles à l’origine 
du panorama économique, consultable 
surwww.francecreative.fr

 Entretien réalisé par 
Victor Hache