Charles Aznavour : « Je ne vieillis pas, je prends de l’âge ! »


aznavour1Charles Aznavour vient de fêter ses quatre-vingt-onze ans le 22 mai et affiche une forme de jeune homme . Belle  occasion d’évoquer avec lui son nouvel album « Encores », le 51ème de sa carrière. Un disque empreint de nostalgie dans lequel il chante avec émotion sa vie, ses amours et ses souvenirs, qu’il présentera sur la scène du Palais des sports de Paris en septembre.

Charles Aznavour en veut Encores. S’il a souhaité ajouter un « s » au titre de son nouvel album, c’est parce que « ça veut dire bis ! » lance-t-il avec un sourire de jeune homme. Aznavour, qui a fêté ses quatre-vingt-onze ans le 22 mai, affiche une forme incroyable et revient avec un disque, le 51e, dans lequel il évoque les moments marquants de sa vie, son enfance (les Petits Pains au chocolat), sa jeunesse à Montmartre (la Maison rose), ses amours (T’aimer), Piaf (De la môme à Édith) ou la Résistance (Chez Fanny). Un album réalisé avec la complicité de Marc di Domenico (réalisateur de Chambre avec vue d’Henri Salvador) dont il signe les textes et, pour la première fois, les arrangements. Un beau voyage dans ses souvenirs où il laisse parler son cœur avec la voix fragile et émouvante d’un homme de son âge. Un registre empreint d’un Brin de nostalgie (son single), qu’il interprétera sur scène dès septembre. Une leçon de vie doublée d’un parcours exceptionnel de chanteur, 
fils d’immigrés arméniens, qui, après plus de soixante-dix ans de chanson, continue de garder la flamme. Chapeau et respect M. Aznavour !

Cet album, c’est un voyage dans votre passé ?

Charles Aznavour Un voyage dans les sentiments de mon passé, ce qui n’est pas pareil. Je ne parle pas de moi, mais des gens que j’ai connus comme Piaf. J’ai écrit très peu de chansons autobiographiques, même si elles le deviennent au bout d’un certain temps.

Vous chantez « Je n’attends plus rien de la vie ». Pourtant, vous paraissez tellement optimiste !

Charles Aznavour On vient du malheur et on va vers le bonheur. C’est comme ça qu’il faut voir les choses. Il faut faire des efforts pour aller vers le bonheur, s’oublier et avoir toujours de l’optimisme. Quand on n’avait rien à manger à la maison, mon père disait : « Ce n’est rien, Dieu nous le rendra. » Et il nous l’a rendu au centuple. On n’était pas particulièrement croyants, mais la phrase nous donnait de l’espoir.

Cette énergie qui vous habite, d’où vient-elle ?

Charles Aznavour Si j’avais été ce que je devais être, je serais mort depuis longtemps dans un génocide. Je suis un survivant merveilleusement heureux. Demain est important pour moi, beaucoup plus important qu’hier. Je vois devant.

Vous arrive-t-il de regretter votre jeunesse ?

Charles Aznavour On regrette des choses de sa jeunesse, mais on ne regrette pas sa jeunesse et les gens qui ont disparu. Je me souviens de ces moments passés dans le Midi chez Brialy où il y avait Le Luron, Chazot, Lapidus, un ami turc qui est mort dans un accident de voiture. On était tous amis, ouverts et pas sectaires. C’est important parce que tout d’un coup, ce n’est pas un juif, un arabe, un homosexuel, c’est un homme ou c’est une femme, voilà. C’était des amis.

Quel souvenir gardez-vous de la butte Montmartre où vous avez vécu ?

Charles Aznavour J’y ai habité longtemps. J’adore la Butte, qui est un vrai village. Il y avait la Maison rose, qui existe encore près du Lapin agile, où on a pris quelques bonnes cuites ! (rires.) On faisait les bistrots, on connaissait tous les peintres, les auteurs comme René Fallet. J’essaie de partager ces souvenirs avec ceux qui n’ont pas connu cette époque et de donner un peu de nostalgie à ceux qui ont connu la Butte et qui n’y vont plus.

Qu’est-ce qui motive votre désir d’écrire ?

Charles Aznavour En vérité, je n’étais pas fait pour écrire. Je suis sorti de classe trop tôt. Je me suis battu pour pouvoir lire. Heureusement, j’ai connu des gens qui m’ont donné des repères, Cocteau, Achard. Comme Piaf les fréquentait, je les côtoyais automatiquement. Je n’ai jamais eu honte de poser des questions. Je me souviens avoir demandé à Jean Cocteau quels livres je devais lire. Et il m’a fait une liste de vingt-cinq ouvrages. Il était très heureux de m’entendre demander cela et moi, j’ai été fier d’avoir osé le faire. Il faut oser dans la vie, ne pas violer les gens, mais leur demander gentiment les choses.

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Vous êtes un chanteur internationalement reconnu, mais les débuts ont été difficiles. On vous critiquait, votre physique, votre voix…

Charles Aznavour On n’aimait rien de moi, rien de ce qui a fait mon succès ! (rires.) J’étais persuadé que j’y arriverais parce que je faisais ce qu’il fallait pour réussir. J’ai lu les livres importants, j’ai écouté, regardé ce qui se passait autour de moi. J’ai analysé beaucoup de choses dans la mesure de mes moyens de l’époque où j’étais plus jeune, où je comprenais moins bien et même un peu de travers. Et par la suite les choses ont changé.

Pourquoi avoir tenu à signer les arrangements de l’album ?

Charles Aznavour Je fais tout moi-même. Quand on rate une orchestration, ce n’est pas elle qui est ratée, c’est l’approche qui me ressemble ou pas. Cet album est orchestré par quelqu’un qui n’avait rien fait de pareil car je ne sais pas écrire la musique. Je ne sais pas la lire, tout comme le français que je ne savais pas lire. Je suis un autodidacte au piano, dont je joue bien. J’enregistre ce que je veux pour les cordes. Grâce à un logiciel qui s’appelle GarageBand, je fais la piste du piano, celle du chant et je donne le tout ensuite à quelqu’un qui sait écrire et arranger. Je travaille beaucoup, mais comme c’est un plaisir, je n’arrête pas d’avoir du plaisir ! (rires.)

Parlez-nous de la chanson Chez Fanny dans laquelle vous évoquez la Résistance ?

Charles Aznavour Fanny, elle a sûrement existé. J’avais des professeurs de mathématiques, des Arméniens, qui faisaient de la Résistance et qui ont été fusillés. Il y a eu des cas comme ça. Il faut en parler. On a tous en mémoire un bistrot où des résistants faisaient des tracts dans la cave, où après on emmenait ces gens…

Vos parents, eux aussi, ont participé à la Résistance et abrité Mélinée, l’épouse de Missak Manouchian…

Charles Aznavour Manouchian, il y avait le groupe et ceux qui aidaient. Ma mère était porteuse d’armes qu’elle cachait dans une voiture d’enfant, pour la Résistance. Récemment, j’étais avec un Israélien qui me parlait des Justes, étant donné que mes parents font partie des Justes. Je lui racontais des choses comme ça, qu’il ne savait pas sur le groupe Manouchian.

Piaf, elle, reste la plus grande artiste pour vous ?

Charles Aznavour Non seulement pour moi, mais aussi c’est la plus grande dans le monde. En Amérique, en Russie, en Suède, en Italie… elle est chantée partout et ses auteurs sont bénis. Elle est devenue une image mondiale. Elle était plus planétaire que Maurice Chevalier, qui, lui, l’a été de son vivant. Et il y a Trenet, mon modèle. À la fin, on était de vrais complices, dans le rire, la bouffe aussi ! Aujourd’hui, déconner, c’est terminé. On est devenus trop sérieux.

Vous ne donnez pas l’impression d’un homme de quatre-vingt-onze ans. Comment faites-vous ?

Charles Aznavour Mon secret est que je ne vieillis pas, je prends de l’âge ! (rires.) La nuance est énorme.

Si c’était à refaire ?

Charles Aznavour Je suis prêt à recommencer tout, même les mauvais moments où j’ai connu de bons amis. Les amis de misère sont souvent les plus intéressants, les plus sincères.

Album Encores, Barclay Music. 
Concerts au Palais des sports de Paris, 
du 15 au 27 septembre. 
Tél. : 01 48 28 40 10.
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Izia surfe sur la Vague pop-rock


IziaBourges20151 Izia change de style et chante désormais en français dans son nouvel album la Vague qu’elle vient de présenter au Printemps de Bourges (1). 
-Vous nous aviez habitués à des chansons très rock et vous voilà désormais plus pop ?

Izia Cela va faire dix ans que je fais de la musique. Le renouvellement, ça fait partie de mon métier. J’ai vingt-quatre ans, quand j’étais plus jeune, j’étais attirée par un rock plus brut. Aujourd’hui, je me dirige vers cette musique. je l’ai fait de façon naturelle. C’est l’album que j’avais envie de faire avec des sonorités que j’écoute tous les jours. Le rock, ce n’est plus une musique que j’écoute autant qu’avant. Ce serait dommage de me priver de choses que me propose le présent.

– Faut-il y voir une forme de renaissance ?

Izia C’est plus une renaissance qu’une évolution que représentait So Much Trouble mon deuxième album. Celui-ci, la Vague, est comme un nouveau départ. Je me sens à l’aise avec ça, je l’ai fait avec sincérité. Quand j’ai commencé, je ne pensais pas que le changement irait aussi loin. J’ai eu la chance de le réaliser avec Johnny Hostile qui a préparé l’album avec moi.

– Et vous ne chantez plus en anglais, mais en français…

Izia Au début, ça a été un challenge, un peu comme pour l’album. Chanter en français, c’était un peu impressionnant. J’ai travaillé sur mon premier texte avec Lescop qui m’a beaucoup aidée à désacraliser le français. C’est ma langue maternelle et c’est aussi une manière de me rapprocher de mes racines. 
Par la suite, c’est devenu comme un jeu. C’est mille fois plus agréable que de chanter en anglais et c’est un plus grand plaisir d’écrire en français.

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– Votre nouvelle approche artistique ne risque-t-elle pas de surprendre votre public ?

Izia C’est le but ! Les gens sont un peu déboussolés parce que c’est vraiment autre chose. Mais c’est toujours moi ! Il y a un dixième de mes fans assez monomaniaques avec le rock et qui pensent que tout le reste c’est nul. Je n’y peux rien, c’est leur façon de penser. Mais il y a aussi plein de gens qui ont été surpris et qui, à force d’écouter l’album, sont vraiment rentrés dedans et apprécient énormément.

– Il y a un mélange de pop, d’électro, de R&B…

Izia C’est une musique qui vient du cœur. J’en ai marre qu’on mette des labels, qu’on classifie la musique. Pour moi, il n’y a que deux sortes de musique, celle qui touche et celle qui ne touche pas. Ça ne veut pas dire que c’est bon ou mauvais. C’est juste que chacun a sa propre sensibilité. Je peux être extrêmement émue par Cabrel comme par Katy Perry. On ne sait pas pourquoi 
certaines musiques nous émeuvent plus que d’autres. C’est ce qui fait la beauté des choses.

(1) C’était  au W le mercredi 29 avril.


Album la Vague Barclay Music.

Juliette Gréco « Le public a fait de ma vie un rêve éveillé »


JulietteGrécophotoBOurges2015Juliette Gréco était au Printemps de Bourges fin avril où elle a donné un concert exceptionnel qui a marqué l’ouverture du festival. Voici l’entretien qu’elle m’a accordé à cette occasion.
 
C’est une légende de la chanson que le festival va célébrer ce soir. À 88 ans, Juliette Gréco adresse un « Merci ! »  à 
son public à l’occasion de son dernier tour de chant. « Je veux partir debout avant qu’il soit trop tard », nous dit-elle.

Lorsqu’on vous voit sur scène, on est immédiatement fasciné par votre présence, vos mots et votre gestuelle. D’où vient-il que vous parvenez à ce point à emporter les gens dans votre univers ?

Juliette Gréco Je ne sais pas. Je sais que j’ai de l’amour pour eux et que je voudrais qu’ils m’aiment. C’est une ­demande. Pour nous tous, c’est pareil, même si cela se matérialise d’une autre manière. Nous sommes à la recherche de l’autre. En tout cas pour moi, c’est cela. Je veux la rencontre.

Il y a aussi votre manière de théâtraliser 
les choses qui ajoute au mystère, à l’imaginaire…

Juliette Gréco Je suis comme ça. Je vis ce que je dis intensément. Il faut servir les textes du mieux qu’on peut. Interprète, c’est un métier formidable et les auteurs parfois sont surpris quand ils redécouvrent leur texte. Je me souviens que dans une émission de radio de Jean Tardieu, le Ton poétique, j’avais lu un texte de Michel Leiris qui s’appelait les Miroirs. J’avais 19 ans, j’étais une toute petite chose et Michel Leiris me dit « j’ai écrit ça, moi ? », j’ai répondu « oui monsieur, c’est ce que j’ai lu ». J’aime aller derrière les mots parce qu’il y a autre chose encore. Je ne vais pas à l’évidence. J’aime bien fouiller derrière les mots pour voir.

Les auteurs, il y en a eu de nombreux, de Sartre à Merleau-Ponty, Brel, Vian, Brassens, Ferré, Ferrat. Vous avez eu l’instinct et ­l’intelligence de savoir les choisir !

Juliette Gréco Je suis allée vers ce que j’aimais, ce qui me semblait beau, ce qui me semblait utile. Je n’ai fait que ce que j’aimais et j’ai eu la chance d’avoir ­vivants ces gens-là qui sont absolument admirables, imbattables et qu’on regrette aujourd’hui amèrement.

Les auteurs d’aujourd’hui, ils s’appellent comment ?

Juliette Gréco Olivia Ruiz, Abd Al Malik, ils s’appellent ­Benjamin Biolay, Miossec. J’ai eu la chance de rencontrer Miossec au moment où il n’était pas encore reconnu pour ce qu’il est et on s’est entendu comme larrons en foire. C’est un homme de chair, un homme de sang, un homme de révolte, un homme de poésie, un homme magnifique.

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Jean-Paul Sartre, quand il vous a encouragée à chanter au Bœuf sur le toit, il vous a fait un merveilleux cadeau et il a aussi changé votre vie, non ?

Juliette Gréco Il l’a changée complètement ! Je voulais être comédienne, tragédienne, faire du théâtre. Je ne voulais pas chanter du tout. Je chantonnais dans les endroits les plus exotiques, dans ma salle de bains, dans la rue, comme tout le monde. Mais je n’aurais jamais pensé que je pouvais faire passer le théâtre dans la chanson.

À l’époque de Saint-Germain-des-Prés, il y avait toute une insouciance et une manière heureuse de vivre qui n’existe plus aujourd’hui, comme si quelque chose s’était brisé. À quoi attribuez-vous cela ?

Juliette Gréco Il n’y a pas de solidarité. À l’époque, il n’y avait absolument pas le sens de la rivalité. C’était une époque bénie. C’est l’argent qui l’a emporté. On nous a regardés comme des produits. Quand j’ai commencé, je n’étais pas un produit, je suis devenue un produit ! Brel est devenu un produit ! On n’avait pas le sens de cela. On s’aimait, on s’admirait les uns les autres. On avait envie d’être, de travailler ­ensemble. Il y avait une solidarité très pure, pas pour ceux qui nous vendaient, mais entre nous.

L’industrie du disque a tout formaté ?

Juliette Gréco L’argent, le profit. C’est devenu les ­artistes Kleenex, des artistes « citron pressé », et on jette. C’est devenu très cruel.

Comment expliquez-vous, dans cette ­société de plus en plus difficile à vivre, que la notion de solidarité soit autant en souffrance ?

Juliette Gréco Je pense que ça tient au fait que le monde est en feu, en guerre. On se méfie, on a peur de l’autre. Ça tient à ce que tout d’un coup on se retrouve avec une guerre qui dépend de votre téléphone portable, d’Internet. J’ai toujours pensé qu’Internet pouvait être dangereux, mais je ne pensais pas politiquement. Je pensais que c’était dangereux parce qu’on pouvait intervenir dans votre vie privée, parce qu’il pouvait y avoir des réseaux de prostitution. Et, tout à coup, on s’aperçoit que c’est une arme politique. Cela s’appelle « cyberattaque ». C’est une arme qui peut tuer ! On entre dans une autre dimension. J’ai l’impression qu’on vit une époque de transition où l’on est en train de détruire un monde. Il y a les guerres où on se tire dessus, on est en guerre de religion, on recommence à ­couper la tête des gens. On régresse totalement.

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Si on se prête au jeu des souvenirs, quelle est la période de votre vie que vous avez le plus aimée ?

Juliette Gréco Je pense que comme pour tout le monde c’est la jeunesse où la vie s’ouvre devant vous. Ce moment où, adolescente, vous avez la possibilité de rencontrer les gens qui font de vous ce que vous allez être.

Vous dites « j’ai toujours douté. C’est le moteur de ma vie ». Pourtant vous paraissez tellement forte !

Juliette Gréco Je suis totalement vulnérable. J’ai cette force de me présenter sur scène parce que j’ai une confiance absolue dans mes auteurs-compositeurs. Je sais que je suis une bonne interprète parce qu’on me l’a dit. Mais j’ai mis du temps à accepter. Je suis la servante de mes seigneurs ! (Rires.)

À 88 ans, vous avez décidé non pas de faire vos adieux à la scène, mais de tirer votre révérence en disant « Merci ! » à votre public qui vous a tant aimée. On imagine qu’une telle décision n’a pas dû être facile à prendre.

Juliette Gréco C’est très douloureux ! C’est épouvantable, surtout quand on n’a pas l’intention de faire durer la chose pensant des années. C’est ce qu’a fait par exemple Charles Trenet. C’était toujours la dernière scène et cela a duré dix ans. On était bien content d’ailleurs de continuer à le voir. Mais c’est un homme. On ne pardonne pas à une femme de vieillir. Je veux partir debout. Je ne veux pas faire pitié. On s’accroche parce que c’est une drogue très puissante, la scène. Je ne veux pas partir trop tard. Il faut partir avant qu’il soit trop tard.

Mais vous êtes très en forme !

Juliette Gréco L’âge, je m’en fous. Je n’ai pas l’impression d’être vieille. Je ne pense pas vieux, je pense demain ! Je n’ai jamais pensé hier, pourtant j’ai de quoi ! (Rires.) Mais ce n’est pas une raison. Il faut être courtois, il faut regarder les choses en face. Ce n’est pas du tout facile. Cela me fait des nuits blêmes. Ce « Merci ! » il s’adresse à mon public qui m’a tout donné, qui a fait de ma vie une sorte de rêve éveillé. Il m’a donné tous les bonheurs du monde. Je veux lui dire « merci ».

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Considérez-vous avoir réussi à être une femme libre ?

Juliette Gréco Absolument. Et j’ai réussi à être intègre. L’argent sur la table, on m’en a donné pour chanter certaines choses, ils sont repartis avec leur argent dans leur poche. Je n’ai jamais réussi à trouver quelqu’un d’assez riche pour me faire renoncer à ma liberté de penser. Jamais.

C’était le 24 avril au Palais d’Auron, 20 heures.

les dates de sa dernière tournée 

La chanteuse va entamer une tournée d’un an qui passera de début mai 
à fin juillet par l’Allemagne, le Canada, 
l’Italie et la Belgique. En France, 
elle se produira dans plusieurs villes 
de province du 15 octobre 2015 
au 2 avril 2016. Elle sera à Paris 
au Théâtre du Châtelet (7 décembre), 
à La Cigale (18 décembre), 
au Théâtre des Champs-Élysées (19 décembre), au Théâtre de la Ville (7 février) et chantera au cours 
d’un « week-end au Louvre » 
les 5, 6 et 7 février.